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Tous responsables

La situation dans laquelle se retrouve l’Institution des Courses est la conséquence d’une faillite collective qui ne date pas d’hier. Nous sommes tous responsables d’en être arrivés là, dirigeants, socio-professionnels, salariés du secteur, observateurs privilégiés... Excepté les turfistes qui n’ont rien demandé à personne et étaient réduits à prêcher dans le désert, nos maux actuels sont liés à une Gouvernance de nos instances où personne n’a jamais vraiment assumé ses responsabilités, en se défaussant à chaque fois sur « l’autre ».

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Le PMU et son chiffre d’affaires hippique sombrent depuis six ans ? C’était prévisible dans la mesure où depuis le début des années 2000, on ne s’est pas préoccupé (ou bien mal) de renouveler la clientèle, le principal levier utilisé étant celui de l’augmentation de l’offre, et donc du recyclage. Mais tant que les chiffres étaient bons, grâce à ce levier artificiel, et permettaient d’augmenter les allocations, personne ne s’en est ému. La fréquentation des hippodromes n’a cessé de baisser depuis deux décennies ? On s’est dit que c’était inexorable, laissant chaque Président de Société de courses s’époumoner du mieux qu’il pouvait, selon ses moyens (financiers), ses envies et ses compétences. Le Galop et le Trot ? Ils ont poursuivi leurs luttes d’égos en continuant de tout faire pour conserver leurs pré-carrés, la notion de synergie n’étant qu’un vœu pieux, à de rares exceptions près.
Qui pilote vraiment le paquebot des courses ? Bien malin qui peut répondre à la question !
Le PMU ? Non, puisqu’il est un Groupement d’Intérêt Economique dépendant des Sociétés Mères, chargées de nommer ses dirigeants. Les Présidents Bélinguier, Germond, Hürstel et aujourd’hui le tandem Méheut/Linette ont été choisis par leurs soins, ayant ensuite carte blanche, quitte à suivre des options stratégiques carrément opposées, comme c’est le cas à l’heure actuelle.
Les dirigeants de France Galop et de LeTROT, sachant que leur cadres exécutifs sont censés appliquer les « ordres » de leur Conseil d’Administration et Comité respectifs, composés à la fois de moitié de socio-professionnels et pour autre moitié de cooptés ? Les premiers commandent au quotidien, en tentant de respecter des feuilles de route pas toujours bien claires et de ménager les uns comme les autres.
Les ministères de tutelle ? Il y a longtemps qu’ils ont jeté l’éponge, se contentant de procéder à quelques arbitrages et en veillant (à peine) à maintenir un équilibre de plus en plus fragile entre des secteurs pourvoyeurs d’impôts indirects, en faveur de la… Française des Jeux.
Dans un tel contexte, il est logique que le bateau prenne l’eau, ces luttes de position ayant pour principal effet de perdre du terrain sur nos concurrents du secteur des loisirs, faute d’ambitions, de stratégie commune, de capacités à travailler vraiment pour l’intérêt collectif.
Le TROT se doit de resserrer ses rangs. Le Galop d’en faire autant. Nos deux Sociétés Mères de mettre en commun des fonctions transverses, et ce en harmonie avec le PMU mais également avec les autres opérateurs de paris hippiques. Sans ces unions de fond et non seulement de forme, nous serons condamnés, non pas à mourir, mais à vivre une longue et cruelle récession. Cette année électorale de 2019 doit être l’objet d’une profonde prise de conscience de cette urgence.
En attendant, le Prix de Paris nous offre, ce dimanche, le 3e volet de ses Grands Prix, cette fois sur longue distance. Les deux premiers du Prix d’Amérique (Bélina Josselyn et Looking Superb) sont de la fête, avec quatre autres éléments. Du Prix de France, on ne retrouve qu’Uza Josselyn (2e) et les deux premiers cités, disqualifiés ce jour-là. Soit seulement six chevaux du Prix d’Amérique dans ce marathon final. Il est temps que le meeting d’hiver se termine !

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