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Inégalité des sexes

A l’image de la société civile, nos trotteurs ne sont pas logés à la même enseigne, en fonction de leur sexe. Le propos n’est pas d’évoquer, ici et une nouvelle fois, l’exclusion des hongres dans toutes nos épreuves de Groupe I, mais de mettre le doigt sur la distorsion de concurrence existant depuis une vingtaine d’années entre nos meilleurs mâles et nos championnes.

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Pour la lauréate du GP d'Amérique 2019, Bélina Josselyn, les dividendes au haras sont repoussés à plus tard, contrairement à son compagnon d'écurie, Davidson du Pont, 4e de cette édition, derrière Looking Superb et Readly Express. Photo APRH

Avec la systématisation de l’insémination artificielle mais encore le développement de la syndication, il n’existe pas un gagnant de Groupe I à l’âge de 3 ans ou de 4 ans qui ne rentre au haras dès ses premiers titres de gloire conquis. La possibilité de mener deux carrières de front, celle de compétiteur et de reproducteur, représente une formidable opportunité financière pour leurs propriétaires, ayant des allures de jackpot.
C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui toutes les syndications se font exclusivement sur l’opportunité de disposer d’une saillie, à vie, du cheval jusqu’à la fin de ses jours, étant totalement déconnectées de ses gains obtenus en compétition. Ainsi, le(s) propriétaire(s) de nos meilleurs jeunes espoirs conserve(nt)-t-il(s) intégralement la main sur son (leur) « portefeuille » sportif, tout en bénéficiant de rentrées d’argent et en avance sur les parts vendues.
Pour rappel et constater combien les temps ont changé, Ourasi avait été syndiqué en 1987, à 7 ans, sur la base de 500 000 Francs, chaque part (1/50e) permettant aux associés d’être intéressés sur les gains et donnant droit à une saillie par an, dès qu’il ferait son entrée au haras (1990).
En dissociant la partie carrière de courses et le côté génétique, on aurait pu penser que les parts d’étalons mises sur le marché auraient été plus accessibles, d’autant que les syndications ont été parallèlement diluées en 80, voire 100 parts. Il n’en a rien été, pourtant, ce secteur d’activité étant l’objet d’une véritable spéculation, avec notamment l’arrivée d’opérateurs totalement extérieurs au milieu du trot, considérant une part d’étalon comme un pur placement financier.
Depuis deux décennies, la demande a été ainsi tellement forte qu’elle a contribué à une véritable inflation sur les prix des parts et en conséquence des prix de saillies, ces derniers étant corrélés au montant de chaque action. Entre les 38 000 euros proposés lors de la syndication de Ready Cash en 2008 et les 80 000 euros demandés pour Face Time Bourbon à l’automne dernier, soit une décennie plus tard, on peut mesurer le chemin parcouru.
Mais les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel, d’autant que cette bulle spéculative ne correspond plus du tout à la situation générale de l’industrie du trot et à ses difficultés actuelles. Par ailleurs, afin d’attirer de nouveaux propriétaires, ne serait-il pas judicieux de revenir à des syndications intégrant un intéressement sur la carrière de courses de ces bons chevaux, comme c’était le cas à l’origine ? Offrir l’opportunité à de nouveaux investisseurs de vivre des joies et émotions sportives, c’est tout de même bien plus grisant qu’un simple placement, fusse-t-il rentable !
Pour revenir à notre propos initial, il vaut donc mieux être né mâle, en comparaison à une pouliche/jument, se voyant exclue de compétition à partir du moment où elle a été saillie, ou devant attendre 150 jours après avoir mis au monde un produit, pour reprendre éventuellement le chemin des hippodromes.
En résumé, un bon jeune mâle a tous les droits. Une bonne jeune pouliche doit choisir. Vous avez-dit égalité des sexes ? On en est loin, y compris dans notre monde équin !

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