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Attrape… gogos

La campagne de publicité actuelle sur la privatisation de la Française des Jeux -qui s’achèvera mardi prochain – a de quoi vous faire sortir de vos gonds, à chaque diffusion de ses clips audios, notamment sur France Inter.

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Que la première radio de France fasse la promotion d’une telle opération de séduction montre tout d’abord combien certaines entreprises -dont ces deux-là- bénéficient de privilèges, à partir du moment où elles ressortent du domaine public. Y compris pour charmer le client en lui demandant non seulement de jouer sur ses produits mais d’investir sur son fonds de commerce !
Voilà qui ressemble, déjà, à de la concurrence pour le moins déloyale, par rapport aux acteurs historiques du secteur des jeux d’argent et de hasard (en particulier ceux des courses hippiques et des casinos) mais aussi vis-à-vis des « jeunes » et nouveaux opérateurs arrivés sur ce marché en 2010. Pour rappel, la FDJ bénéficie par ailleurs d’un monopole sur les jeux de loterie et les paris sportifs dans les points de ventes, preuve que tout le monde ne boxe pas dans la même catégorie et ne bénéficie pas des mêmes privilèges.
Dans ce contexte, la FDJ a eu beau jeu (!) de mettre en avant sa position de leader national et sa croissance solide et régulière (+5% en moyenne) sur ces 25 dernières années pour oser ce slogan « entrez dans l’histoire, entrez dans le capital ». En revanche, sur les cinq bonnes raisons de souscrire dans les actions mises en vente (la FDJ et l’Etat espèrent vendre au moins 20% de leur capital), certaines d’entre elles paraissent fallacieuses ou particulièrement tirées par les cheveux.
En avançant l’argument d’une activité « peu sensible à la conjoncture économique », la FDJ se démarque en effet de l’analyse des autres opérateurs (PMU et casinos en premier), ayant toujours expliqué que leur business était particulièrement sensible au portefeuille et au moral des Français. En soulignant ses vertus « d’entreprise éthique et proche de vous », grâce à sa politique de jeu responsable et « son modèle redistributif et solidaire », la FDJ se moque cette fois carrément du « peuple ». Elle oublie de parler de ses prélèvements abusifs (35% en moyenne) réalisés sur le dos de ses clients (à comparer aux 25% observés sur les paris hippiques) mais encore de sa politique exponentielle en termes d’offres de paris, que ce soit pour ses jeux de grattage, de loto, ou de paris sportifs. La tentation permanente à laquelle sont soumis les parieurs, avec campagnes de publicité à très gros budget à la clé, n’a rien de responsable à nos yeux. A ce propos, pour convaincre le chaland, la FDJ met en avant pour le « développement futur » sa volonté d’accélérer « la progression des paris sportifs », montrant bien là son ambition de toujours plus d’offre. Ce qui n’a rien de responsable.
Enfin, la FDJ laisse miroiter le « partage des fruits de la croissance », avec pour objectif « une distribution d’au moins 80% du résultat net du Groupe, à compter de 2020 ». Reste alors à se poser la seule et vraie bonne question qui vaille: quel peut être le montant de ce résultat net ? A partir du moment où 3,5 milliards reviendront toujours à l’Etat, pour devenir un meilleur placement que celui d’un bon père de famille, ce Résultat ne pourra être obtenu que sur le dos de ses clients, en jouant sur un taux de retour à la baisse. En résumé, en investissant dans des actions de la FDJ, on se tirera très probablement une balle dans le pied. On vous reprendra d’une main ce que vous aurez donné de l’autre !

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