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Le champ des possibles

Jusqu’au bout du bout ! La saison 2019 au trot aura bien été décidément une année à part jusqu’à son ultime dénouement sportif.

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(© APRH)

Lancé dans un dernier sprint après déjà tant de temps passé sur les pistes - jamais un pilote n’avait autant couru en une année, avec 1839 montes - et sur les routes, Eric Raffin est passé par tous les états lors de la dernière réunion de l’année. Après avoir transformé le pénalty qui se présentait à lui en selle sur Egao Jenilou, il s’est retrouvé ensuite dans l’état d’esprit d’un buteur qui voit son tir passé tout près du poteau avec Goforme de Houelle alors qu’il ne reste plus que quelques minutes de jeu. En rentrant aux vestiaires, le temps de se changer, à quoi a bien pu penser le Vendéen avant de repartir ? Que ces minutes ont dû être longues et courtes à la fois. Toute l’issue d’une saison se jouait alors. Cruel quand on a déjà réussi l’objectif majeur de son année, peut-être même d’une carrière, à savoir devenir le successeur de celui qui a gagné à vingt reprises le Sulky d’Or.
Dans ces ultimes moments, Eric Raffin a réussi à ne pas se faire déborder par un maelström de sentiments auquel il était pourtant difficile voire impossible d’échapper, à rester positif, à se remobiliser, à ne pas se laisser dévorer par les émotions. Il ne pouvait pas avoir fait tout ça pour échouer de si peu. La maîtrise de l’art du rebond est une nécessité en même temps qu’une seconde nature chez les sportifs. N’est-ce pas Jean-Michel Bazire ? C’est pourquoi le nom de First de Beauvalet, le 990ème cheval auquel Eric Raffin a été associé en 2019, restera lié à ces derniers instants de l’année et sera pour toujours celui qui lui a permis d’égaler le record de JMB. Comme un clin d’œil du destin, c’est avec un cheval entraîné par Jonathan Groizeau en Vendée que le gamin de Challans est parvenu à réaliser l’un des plus grands exploits de son sport. On imagine la fierté et les larmes dans le regard de son père, Jean, dont on revoit l’image voilà plusieurs années sur les hippodromes du Grand Ouest, notamment lors des meetings estivaux des Sables d’Olonne et de Pornichet, entourés de ses deux fils Olivier et Eric. Pouvait-on finalement rêver meilleur épilogue d’un feuilleton qui nous aura tenu en haleine tout au long de l’année ? Après tout, on ne déboulonne pas comme ça d’un coup la statue du commandeur.
2019 est mort, vive 2020 ! Mais déjà se pose une question : et maintenant ? Eric Raffin a donné une voie à suivre. On imagine volontiers que cela ne peut pas laisser indifférent certains de ses collègues, au moins dans la course au Sulky d’Or. Forcément, en ces premiers jours de janvier, cela doit bien en titiller quelques-uns. Ce titre aura aussi eu cette vertu de décomplexer et d’ouvrir le champ des possibles, à condition bien sûr d’un investissement physique et moral douze mois durant. Maintenant, lequel d’entre eux peut se coller, va se coller à cette tâche, avec toute l’abnégation nécessaire pour faire de 2020 une saison unique ? C’est l’une des interrogations à l’aube de cette nouvelle saison car, après l’année que l’on vient de vivre, on ne peut pas imaginer un Sulky d’Or par défaut, si tant est que cela puisse réellement exister.
2019 restera aussi un grand millésime pour Alexandre Abrivard, sacré pour la deuxième fois Etrier d’Or en l’espace de trois ans. Quand bien même il est loin du record de victoires dans la spécialité établi un an plus tôt par Yoann Lebourgeois (94), son total de 75 victoires dit beaucoup de sa domination au cours d’une saison où le seul, et incontournable, Eric Raffin, aura réussi à ne pas être trop distancé. En même temps qu’il s’affirme comme le jockey numéro un, ce dont témoignent ses trois victoires de Groupe I en 2019, Alexandre Abrivard devient un driver de plus en plus performant et de plus en plus recherché qui termine l’année pour la première fois au-delà des 100 victoires. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle d’Eric Raffin…

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