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Traders, le trait d’union entre les sangs Français et Américain

En ce dimanche historique pour le trot monté, où le record du Prix de Cornulier a volé en éclat (1’11’’3, soit à 50,5 km/h sur 2 700 mètres, départ volté !), Traders a justifié, une fois de plus, combien les croisements franco-américains ont amélioré notre race lors de ces trois dernières décennies, aussi bien à l’attelé que sous la selle. Et dire que le champion de Philippe Allaire n’est pas admis à faire la monte en France, pour l’instant, compte tenu de son passeport italien. Quelle incongruité !

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Traders, un superbe modèle doté d'une superbe expression (Photo SCOOPDYGA)

Quelles imbécilités a-t-on pu entendre, à la fin des années 80, quand les croisements franco-américains ont été de nouveau acceptés, pourtant seulement à dose homéopathique et ce, sur une durée limitée de six ans. « On allait détruire notre bonne vieille du race du Trotteur Français » (comme si on avait oublié qu’avant la seconde guerre mondiale, ces mariages se pratiquaient couramment et qu’après 1945, ils se poursuivirent… sous le chapeau). A écouter les oiseaux de mauvaise augure, la race TF allait perdre toute son âme, à savoir le modèle de nos chevaux, leur polyvalence aux deux disciplines et leur dureté.
Traders tord le cou, cette fois définitivement, à tous ces contempteurs et sur tous les tableaux. A savoir
1/ il est âgé de 6 ans et n’a jamais été aussi performant. Donc, il fait carrière.
2/ il est désormais titulaire du monde sur la distance de 2 700 mètres, au trot monté.
3/ il est l’un des rares à avoir battu Bold Eagle, à l’attelé, qui plus est à Vincennes et sur 2100 mètres, tout en ayant un an de moins (4 ans) que son glorieux aîné, avec un chrono béton à la clé (1’10’’1).
4/ il n’a pas gagné le Prix de Cornulier à la surprise, comme certains entraîneurs étrangers ont tenté de le faire, en les débutant directement dans cette épreuve, étant prêts de réaliser cet exploit (on pense surtout à Stefan Melander, mentor de Scarlet Knight 2e de l’édition 2005 gagnée par Jag de Bellouet). Traders a en effet remporté avec la manière ses deux premières sorties sous la selle, et ce au meilleur niveau (Prix A Lefevre, Prix E Henry), avant de décevoir dans le Prix du Calvados (4e) où il était en mode « préparation ».
5/ il s’agit d’un cheval de grand train, dur comme un roc, jamais aussi bon qu’en allant devant et en avalant la montée de Vincennes, le pied au plancher.
6/ c’est un très joli cheval, ayant du cadre et du modèle, avec une puissante arrière-main qui lui sert de moteur à propulsion
7/ il a beau avoir 44% de jeune sang américain dans les veines, c’est guère plus que Bold Eagle (42,2%) et un pourcentage moindre que Belina Josselyn (46,9%) à titre de comparaison. Or, Traders n’a pas été inscriptible au stud-book du TF, sa mère Graziella, pourtant née en France des amours de Giant Cat et de Working Mom, étant considérée comme Italienne.
En résumé, Traders est le champion polyvalent, certainement capable dans un proche avenir d’épingler également un Groupe I à l’attelé à son palmarès, ce dernier exploit remontant à Jag de Bellouet aussi performant au sulky que sous la selle, l’âge venu. Reste à tenter de comprendre d’où vient cette double aptitude, hormis le fait que Traders est façonné par un Philippe Allaire au sommet de son art, depuis qu’il est installé sur ses terres normandes, au haras de Bouttemont, où il a fait construire le centre d’entraînement dont il rêvait. Son talent attelé, il le doit certainement aux chefs de race américains Bonefish (inbreed 5x4), Speedy Crown (5x5) et Star’s Pride (cité à six reprises dans son pedigree en remontant sur six générations). Sa capacité à aller sous la selle, on peut la retrouver côté maternel, à travers Firstly, le père de Pussy Cat, elle-même mère de Giant Cat, le père de Graziella. Côté paternel, on peut l’expliquer également par la présence de Képi Vert (Chambon P/Kerjacques), l’auteur de Tékiflore, mère d’Indy de Vive, le père de Ready Cash. On notera encore dans le pedigree de Traders, un inbreed 5x4 sur Dent Blanche, fille de Seddouk, frère utérin de Kerjacques, cité ci-dessous.
Soit le meilleur des deux sangs des races Américaine et Française.

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