HQACTULundi 16 Mars 2020
BY PROVINCE COURSES

Guillaume MAUPAS

Le moment est dramatique et l'ampleur exceptionnelle et les présidents des sociétés-mères ont tenu à prendre leur responsabilité vis-à-vis de ce qu'il se passe.

Des temporalités différentes

Entre la partie entraînement, confrontée dès ce soir, à la disparition pure et simple de son principal marché d'activité - les pensions ne représentant qu'un marché complémentaire pour certains - et le volet élevage de la filière hippique, il y aura des impacts différents, avec une temporalité distincte. Si l'élevage peut continuer à fonctionner, il entre lui aussi en période de turbulence, surtout en ces trois mois cruciaux, de mars à mai. Mais les effets de la crise du Covid-19 pourront être vraiment mesurés l'an prochain avec les naissances en moins, la disparition de certains éleveurs terrassés par les difficultés. On peut facilement imaginer un effet "boule de neige". Et revenir sur le front des courses avec une baisse des effectifs consécutive à la perte de production pendant plusieurs années.

COVID-19 ET SUSPENSION DES COURSES

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La décision d'arrêter la partie la plus visible de la filière hippique - les courses par elles-mêmes - n'a pas dû être simple à prendre même si les pressions devenaient de plus en plus prégnantes. Sur ce point, le communiqué de presse précise : « Notre priorité absolue est la santé de tous les acteurs de la filière et le respect des directives de l’État. En suspendant toute compétition, nous voulons d’abord et avant tout les protéger de la pandémie actuelle. Par cette décision, la filière hippique française montre également sa solidarité et sa responsabilité vis-à-vis de la Nation toute entière. » Guillaume Maupas, directeur technique de LeTROT, nous a précisé de son côté : « C'est un sujet de santé publique et c'est une question de responsabilité civique en tant qu'acteur de la vie publique, de citoyen. Le moment est dramatique et l'ampleur exceptionnelle et les présidents des sociétés-mères ont tenu à prendre leur responsabilité vis-à-vis de ce qu'il se passe. Nous avons tout fait pour maintenir les courses jusqu'à ce lundi en imposant des mesures de huis clos renforcé, mais qui se révèlent inadaptées aujourd'hui vu l'évolution de la situation sanitaire. »

Un enchaînement de conséquences inconnu
L’effet domino du Coronavirus 2019 est un modèle du genre. Après la Chine, l’Europe est au cœur du cyclone, avec dans l’ordre chronologique l’Italie, l’Espagne et la France. Partout les courses ont été arrêtées comme la plupart des autres activités. Ce lundi, la Grande-Bretagne, le prochain espace de conquête désigné du virus, est entrée en mode huis clos pour les courses.
Les conséquences restent difficiles à appréhender. Certaines sont immédiates (les chiffres d'affaires des entreprises d'entraînement, la disparition des enjeux hippiques) mais d'autres ne seront constatées et mesurées que dans quelques mois, voire un ou deux ans. C'est ici la problématique de l'élevage (une jument non saillie = une naissance en moins dans un an). Entre le temps court et le temps long, la chaîne des causes-conséquences de se ramifier et déboucher sur des scénarios inattendus. Sur ce point, Guillaume Maupas parle de nécessaire adaptabilité : « C'est une situation totalement inédite. En se plaçant comme citoyen, on est tous conscients qu'il y a un grave problème et on doit tous s'adapter. On va essayer de mesurer les conséquences dans les jours qui vont venir car cela va impliquer une réorganisation totale. On rentre dans une période inconnue et il va falloir faire preuve d'adaptabilité, de réactivité et de solidarité. »

Organiser une remontée de données et d'informations
Faute d’avoir de réponses, il faut déjà énumérer et recenser les problématiques en jeu dans les prochaines semaines. Sur ce point, le communiqué de presse apporte un début de méthode : « Nous sommes pleinement conscients des conséquences économiques de l’annulation des courses. C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser une grande remontée d’informations depuis les entreprises de la filière jusqu’aux sociétés-mères. Pour cela, nous proposerons aux associations professionnelles de collecter tous les éléments utiles, métier par métier, et de nous les transmettre au cours des semaines à venir. Ce sera la première étape pour la sauvegarde de notre activité. »