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Éric Bonvallet
En bref - 12.02.2026

"Les Familles du Trotteur Français" par Éric Bonvallet

Historien de formation, Éric Bonvallet est aussi journaliste hippique, ayant longtemps collaboré aux revues spécialisées Trot Informations et Courses et Élevage, ainsi qu’aux quotidiens, ParisTurf et Week-End. Féru de trot, il publie, en ce début d’année, aux Editions Convergences, le premier volume d’un ouvrage au long cours, "Les Familles du Trotteur Français", passionnant voyage aux origines de notre race trotteuse et du progressif assemblage qui en a fait ce qu’elle est aujourd’hui. L’angle privilégié par l’auteur est celui des familles maternelles - dont le nombre tourne autour de trois cents - et la façon dont elles se sont, peu à peu, structurées, pour assurer le lien entre passé et présent, pour nous emmener des juments fondatrices, jusqu’aux champions contemporains. On apprend beaucoup à la lecture de ce livre - y compris sur les familles les plus performantes, les plus vivantes de notre stud-book - et, ce faisant, on partage une aventure, celle des hommes et des chevaux qui, depuis la fin du dix-huitième siècle, ont, tour à tour, œuvré à l’établissement du trotteur français, dans son unité, mais aussi dans toute la diversité qui le constitue.

24h au trot.- Éric Bonvallet, pourquoi cet ouvrage et pourquoi maintenant ?
Éric Bonvallet.- Je m’intéresse, à la fois, à l’histoire et aux courses. Originaire du Centre-Est, j’ai consacré, dans ma jeunesse, mon mémoire de Maîtrise d’Histoire aux courses à Lyon, dans une perspective sociologique et historique. À l’époque, mon directeur de recherches m’avait incité à poursuivre mon travail, qu’il avait trouvé intéressant et original, et à aller jusqu’à en faire une Thèse de Doctorat. Mais mes activités professionnelles ont, alors, pris le dessus et j’en suis resté là. Pour autant, le goût de l’étude et de la recherche ne m’a pas quitté et le projet du présent livre a mûri lentement, nourri par ma passion pour les chevaux et les courses, héritée de mon père. Depuis quelques années, j’ai davantage de temps et j’ai pu mener à bien mon entreprise, que parachèvera un second volume, à paraître dans le courant de cette année.

Le sujet des familles du trotteur français s’est imposé naturellement à moi, sous l’angle des familles maternelles, car, dans le côté maternel apparaît spécialement important. Et puis c’est ainsi que l’on relie le passé au présent, le temps des origines à celui d’aujourd’hui, avec pour trait d’union les champions tour à tour révélés par les différentes lignées. Plus d’un siècle a passé depuis l’étude référence de Louis Cauchois sur les familles maternelles des trotteurs, sans oublier les deux opus de Jean-Jacques Meignan sur les lignées classiques du trotteurs français, entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Ma contribution s’inscrit en prolongement et actualise les données.

Le trotteur français est le fruit d’un laboratoire d’expériences.

Elle fait mieux que cela, en ce sens qu’au-delà des chevaux, elle se focalise sur les hommes qui les ont faits…
E. B.- Oui, en effet. Les "Familles du Trotteur Français", ce sont des familles de chevaux, bien sûr, mais ce sont, également, les hommes et les femmes qui les ont initiées, développées, cultivées. Le titre est comme à double sens. Il y a l’aspect strictement hippique, au travers des concours de modèle, d’abord, puis du verdict, imparable, de la compétition. Mais il y a aussi le critère humain, la volonté d’éleveurs visionnaires, d’entrepreneurs éclairés, sans lesquels le trotteur actuel ne serait pas. L’objet de mon analyse est également là, tout comme il se réfère au terroir, au terreau de la race, cheval du Merlerault, de la Plaine d’Alençon, de la Manche et du Calvados, sans compter les apports extérieurs. Parallèlement, au fil du temps, les choix politiques, économiques, voire militaires, influèrent jusque sur la génétique et le trotteur français est le résultat de ce patchwork.

Dans la foulée, où nous emmènera votre second volume ?
E. B.- J’y détaillerai d’autres familles maternelles, trouvant, notamment, leur origine dans des régions extérieures à la Normandie, telle la Vendée, qui n’est pas en reste. Le sang russe sera, pareillement, évoqué, à l’instar de son homologue américain, au rôle, évidemment, important, et des souches issues de pur-sang, au concours non moins décisif. Le trotteur français est, ni plus ni moins, le fruit d’un laboratoire d’expériences.

Éric Bonvallet - "Les Familles du Trotteur Français", 1er volume, Éditions Convergences, Sainte-Gauburge-Sainte Colombe (61) - 35 €.
L'auteur sera présent, ce vendredi 13 février, au Salon du Trot de Saint-Lô (50), où il dédicacera son livre.

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