Les acteurs du trot en 2025 : des indicateurs contrastés
La récente diffusion du bilan d'activité 2025 de la Société d'Encouragement à l'Elevage du Trotteur Français (SETF) dresse une radioscopie actualisée de la filière du trot. Riche et abordant de nombreuses thématiques, le document (à retrouver par ce lien) instruit sur les évolutions en cours. Après avoir abordé les dimensions économico-financières dans notre précédente édition, voici la question des acteurs du trot. Là, comme dans nombre de domaines, des tendances sont à la baisse, en dépit d'une année 2025 globalement résistante. Et puis, il existe une exception notable avec le volet élevage. Indicateurs contrastés donc.
Globalement, le première impression est celle du statu quo entre 2024 et 2025. Avec 13.476 ressortissants totaux (comprendre membres) de la SETF l'an dernier, le volume des actifs du trot est même supérieur à celui de 2024, chiffré à 13.244. Cet indicateur se maintient à un niveau élevé après un pic en 2023 à 15.690. On notera que le nombre de membres était plutôt de l'ordre de 12.000 autour des années 2010 (11.370 en 2007 ; 11.460 en 2010 ; 12.180 en 2015) et avait même chuté à moins de 10.000 lors des deux années post-Covid, en 2021 et 2022. Il reste que ce niveau haut est porté essentiellement par les éleveurs (5.618 en 2025) et les propriétaires (5.314) alors que d'autres catégories significatives de membres sont en repli.
Des acteurs humains de moins en moins nombreux
Si les membres de la SETF composent un effectif très élevé, il en est différemment de l'approche par famille professionnelle, nécessitant une licence.
Entraîneur public : un statut qui peine
Le nombre de professionnels du trot en matière d'entraînement (sous quatre formes : entraîneur public, autorisation d'entraîner, permis d'entraîner et entraîneur particulier) se réduit. Il est de 1.413 en 2025 versus 1.421 en 2024. Il n'a fait que baisser depuis vingt ans de manière quasi-linéaire. La baisse est sévère depuis 2005 (où les titulaires de licences se chiffraient à 1.859). La singularité de 2025 porte sur les évolutions antagonistes entre la licence d'entraîneur public, dont le nombre est en baisse (768 contre 786 en 2024), et les autres licences, individuellement en augmentation numérique. Les "permis d'entraîner" gonflent légèrement en douze mois de 342 à 345 alors que les "autorisations d'entraîner" progressent de 248 à 252 et les "entraîneurs particuliers" de 45 à 48. L'ensemble de ces données est reproduit dans le visuel "Evolution des effectifs".
De moins en moins de pilotes
L''orientation baissière en nombre est aussi à l'oeuvre chez les pilotes, tous statuts confondus. Avec 2.346 licences délivrées en 2025, on est au plus bas niveau de notre époque. Par comparaison, ce volume était :
■ 2024 : 2.374 ■ 2023 : 2.351 ■ 2022 : 2.382
■ 2021 : 2.567 ■ 2020 : 2.659 ■ 2019 : 2.805
■ 2015 : 3.055 ■ 2010 : 3.155 ■ 2005 : 3.322
Dans le détail, on notera que les apprentis (77 en 2025) sont à un niveau supérieur à 2019 (70) et représentent tout à la fois une singularité et une raison de "positiver".
Répartition des licences de pilotes en 2025 :
◆ Jockeys/drivers : 1.221 (52,05 % de l'ensemble) vs 1.244 en 2024 (46,23 %)
◆ Apprentis : 77 (3,28 %) vs 84 (3,12 %)
◆ Lads-jokeys : 417 (17,77 %) vs 406 (15,09 %)
◆ Amateurs : 631 (26,90 %) vs 640 (23,78 %)
La majorité des membres du trot concentrée dans trois fédérations mais...
Le schéma de répartition par région des membres de la SETF respecte les équilibres habituels avec trois régions (suivant l'acception de la découpe territoriale proposée par les fédérations régionales) concentrant la majorité des membres. La Basse-Normandie est la région qui réunit le plus de ressortissants de la SETF (à hauteur de 26 %) devant l'Anjou-Maine (17,4 %) et l'Île-de-France et la Haute-Normandie (13,6 %). Pourtant, l'évolution à l'oeuvre ces dernières années est la baisse en audience de ces trois régions leaders (voir le graphique).
© SETF
© SETFDes effectifs équins qui se maintiennent
16.296 trotteurs ont été déclarés à l'entraînement en 2025. C'est le même volume qu'en 2024 qui avait vu 16.346 éléments déclarés. Le nombre moyen par unité d'entraînement est lui aussi similaire compte tenu des données voisines sur les deux années : 11,53 en 2025 contre 11,50 en 2024.
Plus de partants différents en 2025 avec l'appoint des étrangers
17.471 chevaux différents ont figuré sur les programmes l'an dernier. C'est sensiblement plus qu'en 2024 (16.186). La différence est à chercher pour bonne part du côté des trotteurs étrangers qui ont fourni un nombre cumulé de 2.429 partants en 2025, supérieur à 2024 (2.289). Pour la première fois depuis 2021, les trotteurs étrangers ont représenté plus de 30 % des pelotons des courses qui leur sont ouvertes.
Part (en %) des trotteurs étrangers / trotteurs français dans les courses européennes et internationales
◆ 2021 : 20,25 % ◆ 2022 : 23,15 % ◆ 2023 : 24,91 %
◆ 2024 : 26,61 % ◆ 2025 : 30,08 %
Baisse du nombre de qualifiés
On comptabilise 4.492 qualifiés en 2025. C'est moins qu'en 2024 (4.628). Plus qu'une baisse, c'est un retour aux standards des années précédentes avec 4.483 qualifiés en 2023 et 4.529 en 2022.
Un rebond en matière d'élevage
S'il est un domaine où les indicateurs se sont orientés à la hausse en 2025, ce sont ceux de l'élevage. Voilà le secteur qui fait contraste avec le reste des données.
Le nombre de naissance 2025 (la génération des "P") repasse au-dessus de la barre des 9.000 après deux années à un niveau inférieur. Simultanément, le nombre de juments saillies au printemps signe une inflexion (minime mais néanmoins réelle) en repartant à la hausse (12.358 juments saillies contre 12.344 en 2024). Ce cas de figure ne s'était plus produit depuis... 2010.
Nombre annuel de naissances / nombre de juments saillies
■ 2015 : 11.148 / 15.630 ■ 2016 : 10.757 / 15.410
■ 2017 : 10.731 / 14.966 ■ 2018 : 10.122 / 14.766
■ 2019 : 10.177 / 14.163 ■ 2020 : 9.889 / 13.274
■ 2021 : 9.316 / 13.229 ■ 2022 : 9.178 / 12.747
■ 2023 : 8.934 / 12.430 ■ 2024 : 8.507 / 12.334
■ 2025 (non définitif) : 9.034 / 12.358
Les contrôles de médication : une hausse expliquée
Avec 59 cas positifs en 2025, le bilan des contrôles anti-dopage est largement en hausse. En 2023 et 2024, cet indicateur s'était fixé à 36. Dans les faits, le différentiel provient pour l'essentiel d'une contamination alimentaire identifiée et documentée, ayant provoqué des contrôles positifs à la morphine et l’oripavine.