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Maure-de-Bretagne
Actualité - 14.05.2026

La fédération Ouest agit contre la concentration des réunions

La Fédération Régionale des courses de l’Ouest a lancé cette année une initiative visant à réduire le nombre des réunions PMH sur les dimanches et jours fériés lorsque la saison bat son plein, entre mai et septembre. L’idée est de s’attaquer à la concentration des réunions sur une même journée lors desquelles l’offre hippique française est débordante. Les conséquences sont alors contre productives pour tous : pour les socioprofessionnels qui ne peuvent de démultiplier un même jour et pour le public qui se voit contraint de faire un choix dans une proposition devenue concurrentielle. Comment s’est mise en place cette démarche régionale et quels premiers retours peut-on en faire ? Notre dossier.

Le scénario de la concentration des réunions à une même date, en premier chef lors des jours fériés et des dimanches, conduit quelquefois à voir certains hippodromes proches les uns des autres se cannibaliser. Le public est en effet amené à faire un choix entre deux sites devenus concurrents. La concentration des réunions à une même date est aussi contraignante pour les professionnels qui ne peuvent pas déplacer, le même jour, chevaux, pilotes et salariés d’écurie sur un nombre de sites trop important. Le déplacement de ces réunions se fait au bénéfice de jours "creux" et semble avoir bien des vertus à une époque où la filière cherche à (re)mobiliser le public, les vocations, le nombre de partants et les enjeux.

Interview

Président de la Fédération régionale des courses de l’Ouest, Patrick David fait partie de ceux qui sont à l’initiative de la démarche. Il nous en explique les raisons.

24h au Trot.- D’abord comment est née cette idée et comment l’avez-vous mise en oeuvre ?
Patrick David.- Dans l'Ouest, on est un peu comme toutes les fédérations. On a des professionnels qui nous disent qu’ils ont trop de courses concentrées sur les dimanches et jours fériés ce qui leur génère des problèmes de mobilité et de personnels. Leur souhait est d’avoir certaines de ces réunions déplacées sur d’autres jours de la semaine pour leur facilité le travail. On a regardé ce sujet de près au Conseil de la Fédération Ouest. On s’est dit que si on laissait le choix aux sociétés de courses, on aurait un résultat proche de zéro car chacun a toujours ses bonnes raisons de ne pas vouloir toucher à son calendrier. On a donc décidé en Conseil d’Administration d’imposer aux sociétés de courses qui disposent à leur calendrier de cinq dimanches ou jours fériés, en réunions PMH, entre le 1er mai et le 30 septembre, d’abandonner une des ces dates pour la déplacer sur un autre jour.

Cela représente combien de cas de figure au sein de la fédération Ouest ?
P.D.- Sept sociétés de courses entrent dans ce dispositif : Blain, La Roche-sur-Yon, Landivisiau, Maure-de-Bretagne, Niort, Nort-sur-Erdre et Saint-Jean-de-Monts. Il faut ajouter à cette liste Rostrenen qui n’avait pas d’obligation (car moins de cinq réunions les dimanches et jours fériés entre le 1er mai et le 30 septembre) mais a souscrit volontairement à la démarche. À la place de courir le dimanche et lundi de Pentecôte selon les habitudes, la société des courses de Rostrenen a décidé de courir les samedi et dimanche de Pentecôte. C’est important car on sait que le lundi de Pentecôte, il y a beaucoup de réunions dans les fédérations de l’Ouest et de l’Anjou-Maine.

Quel premier retour ?
P.D.- Il y a le tout récent cas de Maure-de-Bretagne. La société des courses a déplacé sa réunion de course du dimanche 10 mai, à la veille, le samedi 9. Le dimanche est resté très riche en réunions (12 au plan national) alors qu’on avait peu de réunions le samedi (5). Et cela s’est soldé par un beau succès (lire par ailleurs le témoignage du président de Maure-de-Bretagne, Jean-Jacques Barre). C’est très important car chaque président de société pense qu’il prend des risques en déplaçant une réunion à une date nouvelle. Nos recommandations au niveau de la Fédération pour accompagner le déplacement d’une date sont de muscler la communication sur les réseaux sociaux, de proposer une fête pour les enfants lors d’une réunion de samedi. Et de ce point de vue, Maure-de-Bretagne a vraiment réussi à faire tout cela. J’étais présent lors de cette réunion déplacée de Maure et j’ai trouvé un comité des courses enchanté d’avoir choisi cette date de samedi. Pour une première, cela a vraiment été une réussite.

Quels arguments plaident en faveur de cette démarche ?
P.D.- En lissant mieux les réunions sur les longs week-ends fériés de mai ou juin, cela permet d’avoir plus de partants en offrant plus de possibilités aux professionnels sur des jours différents. Pour le public, on augmente aussi les possibilités d’aller aux courses. Au final, l’idée est bénéfique pour tout le monde, les professionnels, les propriétaires, le public, les hippodromes qui peuvent générer plus de jeux par exemple. On est tellement dans des modèles stéréotypés qu’on pense qu’il faut que cela reste comme cela a toujours été. Sauf que les publics d’aujourd’hui n’ont pas connu forcément l’avant et ils sont prêts à avoir quelque chose de nouveau pour peu qu’ils y voient un intérêt. Ce peut être un levier pour toucher aussi de nouveaux publics. C’est aussi un moyen d’aider les socioprofessionnels sur une période où ils ne peuvent pas se démultiplier en concentrant les courses sur un même jour. Si cette initiative donne idée à d’autres fédérations de se "décongestionner des sacro-saints jours fériés", c'est tant mieux.

Dans ce scénario, le samedi deviendrait un jour de conquête pour certains hippodromes ?
P.D.- Effectivement. Il faut évidemment être conscient que cela demande un travail important de la part des sociétés de courses. Car, le samedi, les gens ont aussi d’autres activités. Ils vont au supermarché, ils emmènent les enfants au sport… Mais le samedi est aussi un jour où les gens ont plus de temps. À la Fédération, on suggère de proposer le samedi soir, en été, des soirées festives sur l’hippodrome. Un scénario pratiquement impossible le dimanche. Le samedi peut amener des idées de festivités nouvelles.
Il y a aussi des sociétés de courses qui peuvent opter pour le transfert de leur réunion vers un lundi, notamment pour des raisons liées aux commerçants et à un nombre important de leurs bénévoles qui ne travaille pas le lundi. Chacun est libre. Ce qui compte, c'est l'intérêt de tous et de la filière.

N.D.L.R. : en appui des prolongations possibles du samedi sur un hippodrome, on peut aussi évoquer l’absence des contraintes du dimanche matin. A contrario, le dimanche et ses fins de journée servent pour beaucoup et notamment aux familles à préparer le lundi et la semaine de travail (école).


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Patrick David

Deux retours du terrain


■ Jean-Jacques Barre - Président de l’Association des courses de Maure-de-Bretagne :
"Le bilan est très positif"

"Ce changement de date au samedi nous a été imposé par la fédération régionale. Je ne cache pas que j’étais remonté sur le fait que l’on déplace une réunion au trot d’un dimanche - qui était souvent le meilleur de l'année en termes d’affluence avec des animations - pour un samedi. Honnêtement, je n’y croyais pas. Mais l’alternante en communication que nous avons à la société a fait un travail énorme sur les réseaux sociaux avec une collègue. On ne peut plus passer à côté de ce type de communication. On a eu autour de 2.200 personnes sur l’hippodrome samedi dont 518 de moins de 18 ans. Aujourd’hui, ce sont les enfants qui emmènent leurs parents là où ils ont envie d’aller. Comme quoi, il ne faut pas avoir de certitudes. Il faut s’ouvrir à de nouveaux horizons. Lors de ces journées où il y a beaucoup de monde, ce sont beaucoup de néophytes. Donc, il faut beaucoup de guichets pour des joueurs à 2 €, mais on a quand même fait 35.000 € d’enjeux PMH. C’est quasiment identique au chiffre que nous avions fait l’année précédente le dimanche. L’idée est à creuser mais il faut se donner beaucoup de mal. On a proposé un spectacle équestre et de nombreux stands pour les enfants ainsi que des visites de l’hippodrome. Mais ce n’est pas grave de se donner beaucoup de mal quand vous obtenez un résultat. Les professionnels ont joué le jeu. On n’a pas dédoublé de courses mais elles étaient pleines au niveau des partants. Cela leur permet d’avoir une journée de courses de plus. Le bilan est très positif. Le produit courses a un bel avenir, mais c’est le jeu qui souffre énormément."


■ Christophe Babuchon - Président de l’Association des courses de Niort :
"Essayer de faire de cette nouveauté une force"

"C’est une décision du Conseil d’Administration de la Fédération Ouest que les sociétés ayant à partir de cinq réunions PMH entre mai et septembre devaient courir un samedi. Par le passé, on avait couru une fois un samedi sur une journée reportée en fin de saison. Cette expérience n’avait pas été très porteuse. Cette année, nous allons courir au galop (plat et obstacle) le samedi 20 juin, veille de la Fête de la Musique. On va essayer de faire de cette nouveauté une force. Si ça fonctionne, on pourrait même envisager d’en faire un rendez-vous les années suivantes. Sur le fond, je pense avant tout que les sociétés sont là pour organiser des courses pour les professionnels. Si la société de courses arrive à y trouver son compte, c’est bien mais, dans l’absolu, on est là pour organiser des courses pour les professionnels. Même si on se dit qu’il pourrait y avoir moins de retombées pour la société avec un public moindre, on fait partie d’une filière que l’on doit faire vivre. Les professionnels sont la priorité. Il ne faut pas être obtus. On ne peut pas se plaindre que la filière va mal si, quand on essaye de changer des choses, on est contre. La réunion devrait finir aux alentours de 19h30 et on enchaînera par un concert. On a orienté le prolongement de la réunion sur un apéro-concert. Je suis plutôt optimiste de nature mais il faudra faire un bilan à l’issue de la réunion. Si l’on fait un événement autour de cette réunion, on peut attirer du monde."
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Jean-Jacques Barre avec Eric Raffin

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