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Actualité - 30.06.2026

Budget 2026 du PMU : 725 M€ pour les courses

Le Conseil d’Administration du PMU, ce mardi, était scruté avec une attention toute particulière. Reculé pour donner le temps à l’équipe nouvellement installée de construire un budget 2026 sincère et réaliste, faisant aussi "du consensus" avec les sociétés mères une condition première, un an après les désaccords, ce budget projette un résultat de 725 millions d’euros. Un résultat reversé à la filière hippique en 2026 largement en recul sur la contribution de 2025, à hauteur de 802 millions d’euros. On parle dans ces conditions d’un "budget d’effort" qui gère d’abord le présent, sans s’inscrire dans le plan de développement pluri-annuel de l’opérateur (PMU 2030).

Dans des contextes compliqués et particulièrement défavorables, tant structurel (le décrochage des paris hippiques) que conjoncturel (la Coupe du Monde de Football, la succession de canicules estivales), le PMU vient de dévoiler son budget 2026. Les prévisions de reversement de l’opérateur de jeu à la filière hippique s’élève à 725 millions d’euros. Il était de 802 millions d’euros l’an dernier après avoir été annoncé, dans les prévisions initiales à 840 millions d’euros. La chute est importante, "en rupture" même commente Éric Woerth, président du Conseil d’administration du PMU. Ce budget a néanmoins le mérite de mettre à plat toutes les problématiques du moment et intègre bien la feuille de route 2026 dévoilée il y a quelques semaines, en avril lors de l’Assemblée Générale du Groupement d’Intérêt Economique (lire l’encadré plus loin). Lors de leur point presse, Eric Woerth et Cyrille Giraudat, Directeur Général, éclairent ce budget et ses conséquences.

Un Budget d’effort validé à l’unanimité du CA
Le processus a été long. Et ce temps a été nécessaire pour présenter un budget adoptable. "Nous avons travaillé pour essayer de faire en sorte d'abord de dire la réalité des choses, de ne pas enjoliver les chiffres et d'essayer d'obtenir un consensus sur une idée réaliste qui a subi un certain nombre de modifications mais relativement peu depuis le début de la construction budgétaire" développe Éric Woerth. "On a un budget qui est proche de la réalité telle qu'on peut la voir maintenant au 30 juin." Voilà pour la sincérité.
Et ce travail a été fait en collaboration avec les sociétés mères, ce qu’Eric Woerth souligne par ces mots : "On a obtenu un avis unanime des sociétés sur ce qui est un budget d'effort." Il précise aussi : "Les discussions, il y en a eu beaucoup en amont de ce CA. Quand on fait voter un budget au mois de juin, ça veut dire qu'on a beaucoup discuté. En tout cas, il n'y a jamais eu, aux dires des sociétés mères, une discussion budgétaire aussi intense que celle qu'on a vécue aujourd'hui."

La feuille de route 2026

Si le budget 2026 dans sa globalité est donc enfin voté, PMU a travaillé depuis le début de l’année avec des budgets trimestriels qui n’ont pas entravé le respect de la feuille de route présentée lors de l’Assemblée Générale d’avril dernier. Cyrille Giraudat, Directeur Général de PMU, a ainsi rappelé les cinq axes de travail :
1️⃣. Développement d’une nouvelle offre avant la fin de l’année (nouveau Pick 5)
2️⃣. Reconquête du digital via l’application PMU Play ("dont les premier résultats sont très positifs en termes de cross-selling")
3️⃣. Fortes campagnes de communication
4️⃣. Conforter le réseau de distribution "en accompagnant les partenaire les plus engagés"
5️⃣. Développer l’international en renforçant des accords ou en nouant de nouveaux.

Le constat d’un décrochage structurel et d’un environnement défavorable
Le processus a été long aussi car le recul du résultat du PMU en 2026 est exceptionnellement important, ce qui fait dire à Eric Woerth : "On est dans un moment où on passe d'un résultat de 802 millions en 2025 à beaucoup moins en 2026. Donc il y a une rupture." Le président parle aussi de "chute du budget (…) Cela crée d'abord une crainte pour savoir comment s'adapter. À un moment donné, il faut s'adapter à la nouvelle température qui n’est pas une canicule mais plutôt un rafraîchissement extrêmement fort".
Et cette chute trouve ses raisons dans plusieurs causes. "Il y a un décrochage structurel des enjeux typiques (…) et puis des coûts dus notamment à la sur-réglementation aujourd'hui autour du secteur. Je ne sais pas si cela va se calmer mais, en tout cas, la réglementation liée à la régulation des jeux et paris est de plus en plus coûteuse." Dans cette sur-réglementation, Eric Woerth pointe notamment les limites imposées à la circulation de la monnaie fiduciaire (pièces et billets).

Un budget 2026 dissocié du pacte PMU 2030
Quel impact ce budget aura-t-il sur les décisions stratégiques incluses dans le Pacte PMU 2030 ? Les mesures d’économie qu’il contient vont-elles se décliner dans les projets à moyen et long terme de l’opérateur de paris ? Non selon les dirigeants du PMU. Eric Woerth précise que le budget 2026 est dissocié du Pacte PMU : "On a séparé le pacte PMU 2030. Dans ce conseil d'administration, nous n'avons pas voté le budget plus un projet 2030. On l'a remis à plus tard parce qu'il n'y a pas de consensus aujourd'hui là-dessus (sur le projet 2030)." Le président du PMU développe sur ce sujet : "Le pacte 2030 est en fait un pacte Institution 2030. Ce n’est pas que du PMU dont on parle mais de toute la chaîne des courses dans laquelle le PMU va chercher les paris, renvoie aux sociétés mères la contribution qui leur permet de financer les courses. Toute cette chaîne (sociétés mères comprises) doit être d'accord. On a indiqué au conseil d'administration qu'on prolongerait la discussion sur le pacte 2030, D'abord, bien entendu avec l'État, mais encore faut-il qu'on fasse des propositions très précises à l'État qu’on a rencontré et à qui on a dit pas mal de choses."

Maîtrise des charges et investissement
2026 doit être l'année de la relance de l'activité du PMU, une sorte de creux de la vague. Eric Woerth développe ici : "On fait tout pour faire de ce point-là (2026) le point bas et donc entamer un processus de restructuration et de reconstruction, notamment par la maîtrise des charges des uns et des autres, mais aussi et surtout par un programme d'investissement supplémentaire par rapport ce à quoi on a assisté pendant plusieurs années." Les analyses des marchés complexes des paris hippiques et jeux en ligne seront des leviers importants dans cette restructuration. Avec un credo dans la bouche d'Eric Woerth : "Le redressement n'est pas une option. Il faut se redresser. Et il faut évidemment croire aux paris hippique sinon on serait pas le PMU. On y croit dur comme fer. (...) Il n'y a pas de fatalité à ce qu'il y ait une baisse des paris hippiques chroniquement sur une longue période."

725 M€, mieux que 719 M€ grâce aux leviers d'optimisation
Des projections pour 2026 évoquaient 719 M€ au bénéfice de la filière hippique. Cyrille Giraudat parle de son côté de "leviers d'optimisation sur un certain nombre de charges opérationnelles" pour expliquer l'ajout de 6 M€ aux prévisions précédentes. Parmi ces leviers, citons "des nouvelles bornes de prise de paris qui s'avèrent beaucoup moins coûteuses en terme de maintenance".

Question d’actualité : la canicule

"Comme on pouvait le craindre, la canicule a eu des effets néfastes sur les enjeux la semaine dernière et le manque à gagner se situera "entre 25 et 30 millions d’euros d’enjeux" a précisé Cyrille Giraudat. Néanmoins, il a voulu souligner les efforts réalisés par tous les acteurs pour gérer la situation et limiter la casse. "Au PMU, les équipes ont fait preuve d’agilité et ont su se mobiliser car déplacer un Quinté de La Teste à Laval, par exemple, peut paraître simple mais cela a de nombreuses conséquences organisationnelles que nous avons su surmonter collectivement."
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