© D. R. Derrière la réussite de Nebraska de Ginier - six victoires à la suite ! - il y a Stéphane Alos, le créateur de la page Facebook Passion Cheval Trot.
1.- PASSION QUAND TU NOUS TIENS
À chacun sa madeleine de Proust. Celle de Stéphane Alos (55 ans) a la forme d’une pince, celle que ses parents utilisaient pour leurs tiercés. Si ses yeux d’enfants s’émerveillaient des gains potentiels, l’adolescent se prend de passion pour les émotions que procurent le sport hippique. "Le trot a pris le pas sur les autres disciplines, dit-il avant d’en expliquer les raisons. Les champions trotteurs me parlaient davantage car on peut les suivre dans le temps." Le terreau de sa passion va faire de lui un propriétaire dès le début de sa vie active.
2.- DÉPASSER UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Son début de carrière dans la grande distribution lui permet de commencer à investir avec son meilleur ami d’enfance. Ils achètent un yearling à la suite d’une petite annonce. "C’était un fils de Sancho Pança que j’adorais. On a fait affaire avec l’éleveur pour 65.000 francs de l’époque, se souvient-il très bien plus de trente ans après. Comme nous n’avions aucune connaissance dans le milieu, son éleveur nous a indiqués un entraîneur chez qui le placer." Si la qualification est prometteuse, les associés vont déchanter, car les résultats ne viendront jamais. "Que le cheval ne soit pas bon fait partie du jeu. Mais on a eu l’impression d’être menés en bateau." Si son ami renonce définitivement, Stéphane Alos persiste et change de stratégie.
3.- DIVISER LES RISQUES POUR PARTAGER LE PLAISIR
Voilà le crédo de Stéphane Alos ! Si le groupe Passion Cheval Trot qu’il a créé avec sa page Facebook tire son origine de sa volonté de partager sa passion, il la voit comme une plateforme de services à disposition des membres de la filière : "Je veux modestement apporter ma pierre à l’édifice". C’est aussi par ce biais qu’il propose des parts sur des foals ou yearlings qu’il achète. "Mon expérience m’a montré qu’on avait plus de chances de réussir en achetant plusieurs chevaux plutôt qu’un seul. Mais il me fallait des associés auxquels je propose de prendre des parts. Aujourd’hui, ils sont au nombre de 26. Mais je ne suis pas courtier. Il n’y a pas de schéma financier derrière tout ça, c’est juste le partage de la passion", insiste celui qui travaille à Rungis.
4.- TOUJOURS PARTIR D’UNE PAGE BLANCHE
"Je n’achète que des foals ou des yearlings car je veux partir d’une page blanche." C’est l’un de ses principes d’achet. Nebraska de Ginier, invaincu cette année en six courses, en est un exemple. "Sur la page du groupe, l’un de ses éleveurs avait mis une annonce à laquelle je me suis intéressé car c’était un fils de Golden Bridge. Or, j’aimais beaucoup Largo de Castelle, un autre de ses fils. Je suis allé voir et, comme je fais toujours, j’ai demandé une contre-visite avec un professionnel, Christophe Clin dans le cas présent, qui a validé l’achat."
5.- NEBRASKA DE GINIER OU L’AUTRE DIMENSION
"Avant "Nebraska", je ne peux pas dire que j’ai eu énormément de réussite comme propriétaire. Est-ce que je suis têtu ou bête ? Je ne sais pas mais j’ai voulu persévérer." Stéphane Alos avec ses quatre associés est récompensé par la réussite du pensionnaire d’Alexandre Buisson. Pourtant, les débuts de Nebraska de Ginier ne prédisaient pas la suite. "Il faisait un bon travail, puis les trois ou quatre suivants étaient mauvais. Il aurait même dû courir à réclamer s’il n’avait pas été malade. Et puis, il s’est transformé, décrit-il admiratif, au point qu’aujourd’hui, on ne connaît pas ses limites. Il me fait découvrir une dimension d’émotions que je ne connaissais pas. C’est une récompense de toutes ces années d’investissements, en temps et financiers."
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