... © A. Barrio/Groupe Pigeon
Actualité - 14.07.2026

La piste de Vincennes s'offre un profond lifting estival

Lancé au lendemain de la Journée des Champions, le chantier de réfection de la piste de Vincennes bat son plein depuis. Grégoire Lefebvre, responsable des hippodromes parisiens, revient sur l'avancée des travaux confiés à le Groupe Pigeon, sur le casse-tête du mâchefer et sur l'enjeu de calendrier avant le meeting estival. Interview.

24h au Trot.- Les travaux ont-ils bien débuté dès le lendemain de la Journée des Champions du 21 juin ?
Grégoire Lefebvre.- Tout à fait, on a commencé dès le lendemain avec le Groupe Pigeon sur un premier jour de chantier. La première phase s'est plutôt bien passée : on a fini le réglage de la piste, c'est-à-dire trouver une homogénéité d'épaisseur à peu près partout. C'est loin d'être simple, mais c'est une opération nécessaire pour qu'on puisse retrouver un comportement homogène sur la totalité de la piste, notamment sur la question de la rétention d'eau et du drainage. Ça n'avait pas été fait depuis très longtemps, donc c'était un vrai réglage - et il concerne l'intégralité des deux pistes, grande et petite. Ces derniers jours, on est sur l'affinage de la solution de décompactage et on commence le décompactage sur la totalité de la piste cette semaine avec le nouveau protocole qui a été défini par les équipes de l'hippodrome et l'entreprise et validé par toutes les parties prenantes.
Selon les opérations et les engins mobilisés, entre 15 et 35 personnes travaillent sur le chantier.

Sur l'opération de nivellement, vous évoquez un vrai défi : séparer le bon du mauvais mâchefer. De quoi s'agit-il exactement ?
En fait se sont accumulées des strates de mâchefer depuis les gros travaux de réfection de 2011. Or on se rend compte que le mâchefer de 2011 n'était pas de même qualité que celui qui nous est fourni actuellement. C'est une réalité : le mâchefer actuel est de moindre qualité, et tout le monde s'en aperçoit, que ce soit nous ou les socio-professionnels qui utilisent la piste. On a un produit qui se dégrade et s'effrite beaucoup plus rapidement, et qui crée ce qu'on appelle de la particule fine, ce qui fait que la piste a un comportement plus difficile à prédire. Cela crée des pistes très dures dès lors qu'elles sont gorgées d'eau et que le matériau se compacte. Vu qu'on a du mal à retrouver un mâchefer de bonne qualité, et qu'en plus c'est un matériau qui se fait de plus en plus rare, on est partis dans l'idée de réutiliser au maximum le mâchefer qu'on considère comme étant de qualité. On a donc fait des sondages partout sur la piste, en amont des travaux, pour définir les couches et sous-couches qu'on pouvait récupérer. Le mauvais mâchefer, lui, a été extrait et sorti.

Comment êtes-vous parvenus à séparer précisément le bon et le mauvais mâchefer ? Est-ce un travail au centimètre près ?
Il y a eu tout un relevé fait par des géomètres et, grâce aux nouvelles technologies GPS, on a pu, avec la raboteuse, aller grignoter les endroits faits de mauvais mâchefer, mettre à nu les strates de bon mâchefer, les récupérer pour remblayer les endroits où on en manquait, et laisser en place le bon mâchefer avant de le décompacter là où il n'y avait pas besoin d'en rajouter. C'est un travail très minutieux sur une surface très importante. Alors, on peut dire qu'on est presque au centimètre. Ce serait vous mentir de dire qu'on y est totalement, parce que, vu la surface et la marge d'erreur qu'on a avec le GPS - même si elle devient de plus en plus faible -, on ne peut pas totalement dire qu'on est à la perfection. Mais on peut considérer qu'on s'en approche.

Comment qualifieriez-vous ce chantier ?
Sous des abords basiques, c'est un chantier qui s'avère assez technique, réalisé par le Groupe Pigeon, qui fait aussi du terrain sportif. Et ça, c'est plutôt rassurant, parce que je considère vraiment qu'on est sur un vrai terrain sportif dédié à la haute performance, avec ses caractéristiques, avec son entretien exigeant. À l'instar d'autres sports, on est sur une surface très importante d'un terrain sportif qui mérite toute notre attention. C'était donc plutôt rassurant d'avoir une telle entreprise, qui a répondu à l'appel et remporté le marché.


© A. Barrio/Groupe Pigeon
Les différentes couches de mâchefer et pouzzolane
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C'est un chantier très particulier pour tout le monde, car l'hippodrome et la piste le sont eux-mêmes. Le personnel de l'entreprise n'aura pas beaucoup d'occasions de se frotter à ce type de chantier ailleurs. Mais chaque chantier est singulier. Pour l'instant, ils sont plutôt très efficaces et confiants dans le résultat final. Or, c'est tout ce qu'on leur demande.

UN CHANTIER CHIFFRÉ

• 15.000 m³ de mâchefer sortis de la piste de Vincennes.
• 4.000 m³ acheminés à Grosbois, pour l'aménagement des pistes et du site sur la durée.
• 11.000 m³ récupérés par l'entreprise Pigeon, qui s'est engagée à les réutiliser dans le cadre de ses futurs chantiers - collecte prévue jusqu'en septembre 2027.
• Stockage actuel : au niveau du départ des 3.000 m³, à Vincennes.
• Économie réalisée grâce à cette valorisation : de l'ordre de 300.000 €, le retraitement d'un déchet coûtant cher.
• 15 à 35 personnes mobilisées sur le chantier selon les opérations et les engins engagés.
• 2 décompacteuses actuellement à l'œuvre sur la piste.
• Prochaine étape : le décompactage du matériau sur 10 à 12 cm, au plus proche de la pouzzolane, sous-couche drainante en place depuis 2011 au moins.

Le meeting estival de Vincennes approche à grands pas. Y a-t-il un enjeu de timing ?
Comme cela a été dit dans un article publié dans ParisTurf, dans lequel sont intervenus Stéphane Provoost, président de la Commission des travaux, et Thierry Duvaldestin, il n'est pas exclu qu'il y ait quelques jours de dépassement. C'est une option qu'on a toujours mise sur la table : un chantier n'est jamais sûr à 100 % dans ses délais, il fallait donc prévoir que ça puisse glisser. On se donne jusqu'à la fin de la semaine pour statuer, mais l'hypothèse d'un léger glissement n'est pas à exclure. Si on a besoin de quelques jours en plus - entre trois et cinq -, cela impacterait possiblement deux réunions, celles du 14 et du 19 août. Mais, encore une fois, rien n'est acté à ce jour : il faut se donner le temps des prochains jours de chantier pour affiner cela.

Un chantier n'est jamais sûr à 100 % dans ses délais
© A. Barrio/Groupe Pigeon
© A. Barrio/Groupe Pigeon
Les engins de chantier ont remplacé les trotteurs

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