Martin Goetz : "Plus on court, mieux on réagit"
La multiplication des réunions pendant l’été est une période propice pour les apprentis et lads-jockeys afin de multiplier les opportunités de driver et/ou monter. Quand certains en profitent pour faire leurs premières armes au sein des pelotons et connaître, pourquoi pas, les émois des premières victoires, d'autres vont vouloir conforter leur statut dans la hiérarchie et en profiter pour passer dans les rangs des professionnels. L'été est la saison des apprentis et lads-jockeys. C'est pourquoi 24h au trot a souhaité leur consacrer une série en allant à la rencontre de cinq d'entre eux pour mieux les découvrir et connaître leurs aspirations. Le premier volet est consacré à Martin Goetz.
24h au trot.- Est-ce que le premier semestre a répondu à vos attentes ?
Martin Goetz.- Oui. Je ne m’étais pas fixé vraiment d’objectifs et j’ai pris les courses comme elles venaient même si j’avais des ambitions, à commencer par passer professionnel. Mais je ne me suis pas dit qu’il fallait que cela arrive à telle ou telle période de la saison. Avec 28 victoires, je suis satisfait. J’aimerais bien maintenir un taux de réussite à la gagne de 20 %, même si on me dit de ne pas faire top attention à cela. Mais, quand je vais aux courses, c’est pour gagner.
Martin Goetz en repères
◆ Âge : 18 ans
◆ Statut : lad-jockey
◆ Employeur : Vincent Renault
◆ Débuts : 17 septembre 2023 à Villedieu-les-Poêles avec Fuego de Ligny (8ème)
◆ Première victoire : 13 juillet 2024 à Francheville-la-Barre avec Lisbeth du Trieux
◆ Nombre de courses : 289 (289 attelé) (*)
◆ Nombre de victoires : 48 (48 attelé) (*)
◆ Classement apprentis : 1er attelé (*)
(*) au 28/07/26
Mon début d’année quand j’étais chez Alexis Grimault à Grosbois s’est plutôt bien passé. Depuis que j’ai rejoint l’écurie de Vincent Renault, je drive beaucoup plus. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu changer.
Comment considérez-vous la période estivale ?
C’est une période importante. J’ai fait des week-ends durant lesquels j’avais dix partants. Ça ne m'était jamais arrivé. Un coup, j'ai même eu six drives au cours d’une même réunion. C'est un autre rythme. Au début, quand on est apprenti, on n’a souvent qu’une course à disputer par réunion et, quand on en a deux, on est heureux. Là, avec cinq ou six partants, ça enchaîne. C'est grisant. Moi j’adore ! On se met dans la peau d'un pilote et on voit comment c'est. On prend plus d’expérience. Souvent, il faut un petit temps d’adaptation à la piste pour avoir ses repères. Quand vous menez plusieurs fois au cours de la même réunion, vous êtes de plus en plus à l’aise.
Est-ce que vous regardez avec attention les différents classements des apprentis ?
Pas forcément. Je sais bien sûr que je suis en tête du classement à l’attelé. Mais je regarde plus celui du Sulky d’Or. Cela me permet de me repérer. L’idéal serait d’intégrer le top 20 (N.D.L.R. : il occupe la 36ème place). Quant au titre de meilleur apprenti, cela me ferait plaisir de le décrocher mais, si je suis battu, ce ne serait pas la fin du monde. Une fois que je serai passé professionnel, je ne pourrai plus améliorer mon total. J’aurai fait tout mon possible mais, si je dois être battu, je ne serai pas abattu non plus. Le premier objectif est de passer professionnel.
Dans quels domaines jugez-vous que vous devez progresser ?
On peut toujours se perfectionner et dans tous les domaines. Je pense que je peux progresser en étant plus froid dans un parcours. Il m’arrive des fois d’être un peu trop impulsif. Il faut que j’arrive à plus réfléchir avant de prendre une décision. Mais c’est toute la difficulté d’analyser la course à l’instant pour prendre la bonne décision. Plus on court, mieux on réagit. Je débriefe systématiquement mes courses avec mon père. C’est très important. C’est comme cela que l’on progresse. Je sais que mon père va être cash et ne va pas me cacher les choses. C’est comme cela que l’on progresse le plus selon moi.
Je débriefe systématiquement mes courses. C’est comme cela que l’on progresse.
Avez-vous un modèle dans le métier et pourquoi lui ou elle ?
Jean-Michel Bazire comme tout le monde ! En tant qu’entraîneur Philippe Allaire. Jean-Michel Bazire était trop fort à sa plus belle époque. C’était un truc de fou ! Il était au-dessus des autres. Il inventait des choses que personne ne faisait. C’était beau à voir.
Quel(s) objectif(s) jusqu’à la fin de l’année ?
J’aimerais gagner cinquante courses cette saison. C’est peut-être un peu trop ambitieux mais, au moins, j’ai un objectif. Quand je ne serai plus apprenti, ce sera plus compliqué. Mais cela ne m’inquiète pas plus que cela, en tout cas pour les chevaux que Vincent me fait driver. Depuis que je suis chez lui, toutes les courses que j’ai gagnées pour lui l’ont été face aux professionnels. Pour l’extérieur, il faudra voir. Ce sera sûrement plus compliqué.
Interview du tac au tac
→ Un rituel ou une superstition avant de driver ?
Aucun.
→ Quelle chanson ou artiste écoutez-vous le plus sur la route des courses ?
De la house.
→ Quel métier feriez-vous si vous n’étiez pas driver ?
Footballeur.
→ Qu’est-ce que les gens ne savent pas sur le métier de driver ?
Qu’il faut travailler dur.
→ Votre talent caché que personne ne soupçonne ?
La cuisine.
→ Un sportif favori ?
Max Verstappen.
© ScoopDygaMartin Goetz avec ses parents