Étienne Delaunay : "Rester le plus constant possible"
La multiplication des réunions pendant l’été est une période propice pour les apprentis et lads-jockeys afin de multiplier les opportunités de driver et/ou monter. Quand certains en profitent pour faire leurs premières armes au sein des pelotons et connaître, pourquoi pas, les émois des premières victoires, d'autres vont vouloir conforter leur statut dans la hiérarchie et en profiter pour passer dans les rangs des professionnels. L'été est la saison des apprentis et lads-jockeys. C'est pourquoi 24h au trot a souhaité leur consacrer une série en allant à la rencontre de cinq d'entre eux pour mieux les découvrir et connaître leurs aspirations. Après Martin Goetz, notre deuxième volet est consacré à Étienne Delaunay.
24h au trot.- Est-ce que le premier semestre a répondu à vos attentes ?
Étienne Delaunay.- Complètement ! J’avais pour objectif de passer pro. Comme il n’en reste plus qu’une, l’objectif devrait être atteint si tout se passe bien. Du coup, le premier semestre a été bon. Passé pro cette année signifierait de battre mon record de victoires en une année qui date de mon passage au sein de l’écurie Terry quand j’en avais gagné 15 en 2023. Je n’y pense pas non plus tous les jours, mais il est normal ou naturel de se fixer des objectifs.
Étienne Delaunay en repères
◆ Âge : 29 ans
◆ Statut : lad-jockey
◆ Employeur : Marc Sassier
◆ Débuts : 28 mars 2021 à Durtal avec Diplomate (dai)
◆ Première victoire : 12 décembre 2021 à Laval avec Helia du Garabin
◆ Nombre de courses : 592 (592 attelé) (*)
◆ Nombre de victoires : 49 (49 attelé) (*)
◆ Classement apprentis : 2ème attelé (*)
(*) au 30/07/26
Comment considérez-vous la période estivale ?
Cette période est d’autant plus importante que l’écurie de Marc Sassier, chez qui je travaille depuis décembre 2024, a beaucoup de partants. On en a tous les jours, un peu partout. On n’hésite pas à faire beaucoup de kilomètres. L’écurie a grandi et évolué. Du coup, Marc nous fait pas mal confiance y compris en professionnels. J’ai donc plus couru que les années précédentes, mais cela va de pair avec l’évolution de l’écurie, qui compte de plus en plus de chevaux.
Est-ce que vous regardez avec attention les différents classements des apprentis ?
Je ne les regarde pas de trop parce que j’avais eu l’expérience à l’écurie Terry où, avec 15 victoires, je n’avais terminé que neuvième. Je savais donc qu’avec une victoire de plus, je ne pouvais pas viser bien haut dans le classement. Mais, quand je regarde de temps en temps le classement attelé, je vois que ça ne va pas non plus très vite derrière. Peut-être qu’avec 16 gagnants, j’arriverai à être troisième, car une fois que je serai passé professionnel, je ne pourrai plus améliorer mon score. C’est pourquoi, à la base, je m’étais dit que ce n’était pas jouable.
Dans quels domaines jugez-vous que vous devez progresser ?
Un peu dans tous les domaines, il y a toujours à progresser. Il va me falloir m’affirmer en professionnels. Cela se fera gentiment. En courant régulièrement face à eux, j’ai déjà vu une évolution, notamment au niveau de la confiance en soi. Au début, quand tu cours contre des catchs-drivers, tu es un peu plus timide. Des fois, ce n’est quand même pas trop le même sport que les courses d’apprentis. Quand tu cours en pros à Paris, c’est encore un autre sport. On peut même faire la différence entre Vincennes et Enghien. À Vincennes, ce n’est plus le même métier. Mais c’est intéressant. Il faut être sûr de soi et essayer d’avoir le même comportement qu’en région. C’est quand même plus facile à dire qu’à faire.
Avez-vous un modèle dans le métier et pourquoi lui ou elle ?
Je n’en ai pas un en particulier. Quand j’étais gamin, j’aimais beaucoup Jos Verbeeck et bien sûr Jean-Michel Bazire. Ensuite, j’ai travaillé presque deux ans chez Matthieu Abrivard qui est quelqu’un que j’aime bien aussi humainement
(N.D.L.R. : après avoir couru en amateurs jusqu’en septembre 2020, période durant laquelle il a gagné neuf courses, il a pris une licence d’apprenti lad-jockey au printemps suivant). Il court toujours ses chevaux pour les faire finir. C’est un peu l’optique aussi de Marc Sassier qui veut voir ses chevaux terminer en avançant. Quand les chevaux gagnent, on essaye aussi dans la mesure du possible qu’ils ne prennent pas trop dur en pensant à l’avenir.
En courant régulièrement face aux pros, j’ai déjà vu une évolution, notamment au niveau de la confiance en soi.
Quel(s) objectif(s) jusqu’à la fin de l’année ?
Si je passe professionnel, l’objectif premier de l’année sera atteint. Après, je vais essayer de garder la forme et de scorer le maximum cette année de façon à continuer de gagner des courses quand je n’aurai plus le statut d’apprenti. Une fois le passage professionnel acté, il faudra rester le plus constant possible et gagner des courses en province pour continuer d’être présent.
Interview tac au tac
→ Un rituel ou une superstition avant de driver-monter ?
Quand ça marche bien avec un cache-cou, j’essaye de garder le même.
→ Quelle chanson ou artiste écoutez-vous le plus sur la route des courses ?
Radio Nova dès que c’est possible.
→ Quel métier feriez-vous si vous n’étiez pas driver ?
J’ai une formation d’ostéopathe équin. C’est donc le métier que je ferai.
→ Qu’est-ce que les gens ne savent pas sur le métier de driver ?
C’est un métier exigeant. Il n’y a pas que les trois minutes de course. Surtout, c’est un travail d’équipe. Sans les gars du matin, il n’y a pas de course.
→ Votre talent caché que personne ne soupçonne ?
La capacité à dormir n’importe où et à n’importe quel moment, ce qui permet de récupérer.
→ Un sportif favori ?
Kylian Mbappé. Il répond présent dans les grands moments, ce qui est fort.
© Aprh