Justin Maillard : "Gagner au monté et à l’attelé"
La multiplication des réunions pendant l’été est une période propice pour les apprentis et lads-jockeys afin de multiplier les opportunités de driver et/ou monter. Quand certains en profitent pour faire leurs premières armes au sein des pelotons et connaître, pourquoi pas, les émois des premières victoires, d'autres vont vouloir conforter leur statut dans la hiérarchie et en profiter pour passer dans les rangs des professionnels. L'été est la saison des apprentis et lads-jockeys. C'est pourquoi 24h au trot a souhaité leur consacrer une série en allant à la rencontre de cinq d'entre eux pour mieux les découvrir et connaître leurs aspirations. Après Martin Goetz, Étienne Delaunay, Jean Ferron et Cléa Roger, notre cinquième et dernier volet est consacré à Justin Maillard.
24h au trot.- Est-ce que le premier semestre a répondu à vos attentes ?
Justin Maillard.- Cet hiver, j’ai pris des places avant de gagner à deux reprises durant la dernière quinzaine du meeting de Vincennes. Je suis arrivé à la fin du mois de mars chez Grégory Thorel et cela fait deux mois que ça se passe bien. Les résultats sont même un peu supérieurs à ce à quoi je m’attendais en termes de victoires à cette période de l’année.
Justin Maillard en repères
◆ Âge : 19 ans
◆ Statut : lad-jockey
◆ Employeur : Grégory Thorel
◆ Débuts : 2 avril 2023 à La Guerche-de-Bretagne avec Exploit Gédé (3ème)
◆ Première victoire : 8 octobre 2023 à Châlons-en-Champagne avec Hey You
◆ Nombre de courses : 445 (357 monté / 88 attelé) (*)
◆ Nombre de victoires : 31 (21 monté / 10 attelé) (*)
◆ Classements apprentis : 3ème combiné / 6ème monté (*)
(*) au 01/08/26
Je ne m’étais fixé d’objectifs précis, mais je voulais être régulier, ce qui est le cas.
Comment considérez-vous la période estivale ?
C’est la période où l’on court le plus, où l’on fait donc beaucoup de kilomètres pour aller sur les hippodromes. Cette année, je voulais pouvoir courir plus que les années précédentes pour l’extérieur. C’est pourquoi je suis entré au service de Grégory Thorel qui me laisse courir quand je veux. Je souhaitais en effet donner une nouvelle impulsion à ma carrière. Au niveau logistique, c’est un peu plus compliqué, mais j’ai la chance de pouvoir compter souvent sur des chauffeurs, ce qui permet de me reposer lors des déplacements. Et puis, quand on a des résultats, on ressent moins la fatigue. C’est forcément une motivation.
Est-ce que vous regardez avec attention les différents classements des apprentis ?
Je m’y suis intéressé quand j’ai appris que j’étais à la troisième place du classement du combiné. Je regarde d’ailleurs essentiellement ce classement parce que j’aimerais bien le gagner. Comme je veux gagner à la fois au monté et à l’attelé, c’est le classement auquel j’accorde le plus d’importance. Je suis beaucoup plus appelé pour monter, mais je trouve que j’ai passé un cap cette année à l’attelé. Je me sens de plus en plus à l’aise dans le sulky et je trouve que j’ai de plus en plus le sens de la course.
Je me sens de plus en plus à l’aise dans le sulky et je trouve que j’ai de plus en plus le sens de la course.
Dans quels domaines jugez-vous que vous devez progresser ?
Il y a plusieurs domaines dans lesquels je dois progresser. Mais je dirai qu’il faut que je progresse dans ma capacité à monter et à driver tout type de chevaux : des chevaux compliqués, des chevaux braves, des poulains, des "vieux". C’est aussi ce que permet l’été quand on est plus sollicité. Au niveau tactique, j’arrive à peu près à savoir avec quel cheval je peux être offensif et avec quel cheval il faut l’être moins. Mas, en règle générale, je préfère courir caché.
Avez-vous un modèle dans le métier et pourquoi lui ou elle ?
J’adore Alexis Collette. Apprenti, il ne faisait pas forcément partie des tout meilleurs mais, grâce à son talent et à son travail surtout, il a réussi à progresser d’année en année. C’est cela qui me plaît chez lui et en fait un bon exemple à mes yeux. Il a aussi ce profil de jockey et driver auquel je suis sensible. Je trouve qu’il sait tout faire.
Quel(s) objectif(s) jusqu’à la fin de l’année ?
Je veux continuer sur la dynamique qui est la mienne ces dernières semaines. Je n’ai pas d’objectif précis quant au nombre de victoires. Mais je ne voudrais pas reconnaître ce qui m’est arrivé l’an dernier. J’avais enchaîné les victoires juste avant l’été, puis je n’ai plus gagné jusqu’à la fin de l’année. J’aimerais bien que cela ne se reproduise pas. Si je finis l’année autour d’une vingtaine de victoires, je serai content. Je pense que c’est jouable si je continue à ce rythme. Je cherche à être le plus régulier possible, pas seulement au niveau des victoires mais aussi au niveau des places.
Si je finis l’année autour d’une vingtaine de victoires, je serai content.
Interview tac au tac
→ Un rituel ou une superstition avant de driver-monter ?
Les lunettes avec lesquelles je viens de gagner.
→ Quelle chanson ou artiste écoutez-vous le plus sur la route des courses ?
J’ai une playlist dans laquelle Christophe Maé occupe une bonne place.
→ Quel métier feriez-vous si vous n’étiez pas driver ?
Paysagiste.
→ Qu’est-ce que les gens ne savent pas sur le métier de jockey-driver ?
Tout le travail du matin.
→ Votre talent caché que personne ne soupçonne ?
J’étais assez fort en natation quand j’étais jeune. J’en ai fait longtemps à assez bon niveau en club.
→ Un sportif favori ?
Kylian Mbappé.
© AprhVictoire à Vincennes avec Malium