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Du bon usage de la cravache à la lutte
Actualité - 02.04.2025

Cravache : quels retours du jour 1 ?

Mardi 1er avril a vu la mise en application de la nouvelle réglementation sur l'utilisation de la cravache au trot. Comment s'est passée cette journée de transition, véritable entrée dans un nouveau monde où le coup de cravache est interdit pour laisser la place au signal - c'est-à-dire à un ensemble de mouvements réglementés de ladite cravache ? Nous vous en proposons une revue documentée.

Premier constat, le sujet a largement dépassé les limites habituelles de l'actualité hippique. Nombre de médias généralistes se sont emparés de l'événement (lire plus loin). Voici bien la preuve que ce sujet, étroitement connecté à la bientraitance animale, est un marqueur d'intérêt grand-public. Il a en quelque sorte offert une fenêtre de visibilité vertueuse sur les courses ce mardi 1er avril. Une image proactive et positive rare sous cette forme et à rebours des habituels traitements des courses sous les angles sensationnels (dopage, maltraitance, jeux). Deuxième constat, ce jour 1 n'a pas donné lieu à une avalanche de sanctions. Huit liées aux infractions sur la réglementation de la cravache ont été enregistrées sur les deux réunions de Lyon-Parilly et Vincennes. Les règles ont été appliquées mais dans une logique aussi de pédagogie, avec plusieurs rappels verbaux qui n'ont pas donné lieu à des sanctions. Nous sommes bien dans une sorte de phase transitionnelle.

Bilan du jour 1 en chiffres
Deux réunions étaient à l'affiche mardi 1er avril, Lyon-Parilly et Vincennes.
Lors de réunion lyonnaise, six professionnels (dans cinq courses différentes) ont été sanctionnés au regard de la nouvelle réglementation sur le bon usage de la cravache.
Lors de la réunion parisienne, un professionnel et un apprenti lad-jockey ont été sanctionnés.
Bilan du mardi 1er avril :
◆ 8 pilotes sanctionnés
◆ 14 coups de cravache réprimandés en cumul
◆ 24 jours de mise à pied cumulés

Le respect de la règle se fait donc en douceur et ce, d'autant mieux que la communication préalable des nouvelles règles en amont a été réalisée avec succès. Voilà un des enseignements que tire Pascal Giovannangeli, en charge de la réglementation des courses à la SETF, lorsqu'il nous confie sur les décisions prises par les commissaires mardi : "Cela s’est bien passé dans l’ensemble. Les professionnels comme les commissaires ont fait preuve de sérieux et de respect des nouvelles règles, sans difficulté de compréhension. Les jockeys sanctionnés sont ceux qui ont porté des coups de cravache. La communication de la SETF à travers ses différents canaux et sur le terrains via les relais des fédérations et des élus régionaux a très bien joué son rôle."
Du côté du président du Syndicat des Entraîneurs, Drivers et Jockeys de Trot (SEDJ), Stéphane Meunier, il faut voir le comportement à plus grande échelle pour se faire une première idée sur les conséquences de la nouvelle réglementation : "Ce jour 1, dans des réunions Premium, s'est bien passé. Mon retour est le même pour la séance de qualifications organisée ce mercredi à Caen. J'attends maintenant le premier week-end, avec des courses sur des hippodromes de toutes catégories, avec des participants de tous profils, et notamment des apprentis qui doivent peut-être encore bien assimiler les nouvelles règles, pour me faire vraiment une opinion."

La presse s'en empare

C'est un sujet dont s'est emparé la presse généraliste. Le Parisien du 30 mars dans ses pages hippiques présente ainsi les tenants et les aboutissants de cette interdiction des coups de cravache au trot sous la plume de Sophie Clément qui la qualifie "d’évolution marquante qui souligne l’engagement de la filière des courses en matière de bientraitance animale" et rappelle d’emblée qu’elle s’inscrit dans le cadre de la loi votée l’an dernier par l’UET dont est membre la SETF. Il est expliqué que cette décision découle aussi de la création en 2014 d’une commission du bien-être animal au sein de la société-mère. Plus largement, cette évolution est présentée comme une prise de conscience collective. "Notre engagement pour la bientraitance des chevaux de course est une ambition réelle et sincère et non un opportunisme de façade", témoigne Pierre Préaud, le Secrétaire Général de la FNCH. Dans ce décryptage qui rappelle que ce sont les jockeys et drivers qui sont sanctionnés, la parole est donnée aux parieurs. Parmi ceux-ci, les avis divergent, entre ceux qui estiment que cela ne fera pas de mal à l’image des courses et ceux qui craignent que les chevaux qu’ils ont joués ne puissent complètement défendre leurs chances faute d’être suffisamment sollicités.
Interrogé sur cette nouvelle réglementation au trot, le Président de l’Association des jockeys au galop, discipline où les coups de cravache sont toujours autorisés en étant très réglementés, Bertrand Lestrade répond : "C’est une bonne chose car c’est une décision qui est en adéquation avec notre époque". Et de souligner que cette harmonisation au niveau européen sera plus compliquée à obtenir au galop, "puisque chaque pays possède sa propre réglementation". Avant d’ajouter : "Nous finirons par y venir".

Bien-être animal et image de marque
Dans l’édition de mardi du quotidien gratuit 20minutes, le journaliste Jérémy Laugier attaque son article "la fin des coups de cravache va-t-elle donner "une meilleure image des courses" ?" par l’accroche suivante : "Une nouvelle ère s’ouvre ce mardi dans les courses hippiques". Après avoir rappelé le processus qui a conduit à la mise en place de ce nouveau règlement, il souligne que, grâce à cette nouvelle règle, "la dimension du bien-être animal franchit du même coup un cap". Au nom de la SETF, Benoît Fabrega souligne que "cette décision est un enjeu majeur. Cela doit participer à donner une meilleure image des courses. (…) Cette décision a été prise en lien avec l’évolution de la société". Il est aussi rappelé les conclusions de l'enquête suédoise qui n’établit pas de corrélation entre un coup de cravache et une accélération du cheval.
RMC Sports, sensibilisé aux courses, a aussi relayé cette information en rappelant comment la cravache doit être utilisée dorénavant. Toujours pour la société-mère, Benoît Fabrega rappelle ainsi que la cravache doit devenir "essentiellement un outil de sécurité" et que cette évolution s’inscrit dans l’évolution de la société vis-à-vis du bien-être animal : "On sent bien qu’aujourd’hui l’image d’un jockey frappant un cheval peut être une image choquante pour un public non initié, ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques années. Pour nous, la conquête d’un nouveau public est un enjeu majeur".
Dans ses journaux de ce mercredi, France Inter et France Info ont diffusé un reportage réalisé à Grosbois dans lequel Pierre Vercruysse s'exprime ainsi : "Le changement primordial est qu'il y a un respect de l'animal. On a évolué, ils ont évolué. (...) C'est quelque chose de positif pour nous, surtout pour eux et pour l'ensemble de la société".

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