Radioscopie de l'Europe du trot - volet 1
L’Union Européenne du Trot (UET) vient de publier son rapport annuel 2025. Le document est riche d’enseignements. Il délivre d’abord une série de données socioéconomiques qui permettent de dresser une radioscopie de l’Europe du Trot. Et permet aussi de constater une tendance baissière de nombreux indicateurs de la plupart des membres de l’UET, France y compris. Il donne enfin la possibilité de connaître les leaders dans les principales catégories, des courses et de l'élevage, des différents pays. Premier de nos deux volets consacrés à cette radiographie.
L’écosystème structuré par la filière du trot européen est à la peine. Les différentes tendances sont à la baisse. Que ce soit en volume d’enjeux collectés (-5,6 % sur 2025 ; -3,9 % sur les cinq dernières années), en taille du programme (-10,2 % du nombre de courses depuis 2021), en nombre de naissances (-13,1 % depuis 2021). Seule exception à ce tableau, le niveau des allocations distribuées n’a jamais été aussi élevé. Avec un total de 436.680.430 € en 2025, on est en hausse de 1,55 % sur 2024 et de 2,58 % sur 2023. Voilà des évolutions antagonistes qui pourraient préparer à l’échelle européenne des ajustements à venir.
La France, toujours leader écrasant
Quelles que soient les données étudiées, la France est le leader du trot en Europe. Que ce soit en nombre de courses (1/3 de l’ensemble), de trotteurs en activité (un peu plus de 1/3), du volume des allocations distribuées (60 % du total), de celui des enjeux sur les courses de trot (66 % du total) le trot hexagonal est le poids extra lourd européen. Rien de neuf ici sinon que cette part ne fait qu’augmenter au regard des autres acteurs de poids européens qui ont la plupart de leurs indicateurs en baisse. Quand les données se contractent en France, leur diminution est moindre que dans les autres grandes places du trot européen.
Données d’étude :
21 pays couverts par le rapport (à retrouver par
ce lien) :
■ Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Malte, Norvège, Pays-Bas, République tchèque, Serbie, Slovénie, Suède, Suisse
■ 45.802 trotteurs en Europe en 2025
■ 35.721 courses au trot en Europe en 2025
■ cumul des allocations en 2025 : 436.680.430 €
■ cumul des enjeux sur le trot en 2025 : 6.670.510.196 €
La question des paris hippiques
C’est une donnée éclairante que ce rapport produit en exclusivité : le montant des enjeux générés par le trot au sein des vingt-et-un pays membres de l’UET. Sur les cinq dernière années, le maximum a été produit en 2022 (avec 7.245.045.627 €) puis n’a fait que baisser depuis pour atterrir à 6.670.510.196 € en 2025. Dans les grands pays collecteurs de paris hippiques sur le trot, on peut définir trois scénarios différents : celui des pays scandinaves, de l’Italie et de la France.
Quatre premiers pays générateurs d’enjeux en Europe
Pays – 2021 – 2023 – 2025 (évol. par rapport à 2021)
1️⃣. France – 4.408.400.000 € – 4.757.500.000 € – 4.421.500.000 € (+0,30 %)
2️⃣. Suède – 1.325.000.000 € – 1.050.000.000 € – 960.000.000 € (-27,55 %)
3️⃣. Italie – 431.952.052 € – 668.400.286 € – 667.884.323 € (+54,62 %)
4️⃣. Norvège – 315.612.021 € – 282.997.710 € – 279.966.725 € (-11,29 %)
→ Cumul des 21 pays – 6.944.198.390 € – 7.133.489.585 € – 6.670.510.196 € (-3,94 %)
Le décrochage des pays scandinaves
La baisse des enjeux qu’on peut de qualifier de chute en Suède avec -27,6 % depuis 2021 est partagée par l’espace scandinave. Il est surtout acté depuis plusieurs années avec des volumes qui ne font que décroître depuis 2021 que ce soit en Suède, Norvège, Finlande et Danemark. Ce décrochage voit ces pays afficher des reculs à plus de 10 % sur les cinq dernières années. La Norvège produit -11,3 % et le Danemark -18,2 %. Cette évolution anticipe en quelque sorte celle constatée en 2025 en France .
Le rebond de l’Italie
Exception dans le panorama des enjeux : le rebond de l’Italie. Leader en matière de progression des enjeux sur la période 2021-2025 (avec +54,6 %), la botte transalpine a vu simultanément ses dotations de courses augmenter plus vite que les autres grandes nations du trot lors des cinq dernières années en affichant +20,48 % depuis 2021. La France revendique +14,06 % en la matière et la Suède +13,94 %.
Le maintien de la France mais...
La baisse des enjeux sur le trot apparaît en France en 2025. Le recul est important sur un an (-8,3 %) mais est une première depuis 2021 après une progression annuelle jusqu’en 2024 au niveau de 4,8 milliards d’euros. C’est sur cette base que l'indicateur des enjeux français sur 2021-2025 reste positif, de peu, à +0,3 %. Les dernières tendances enregistrées ces derniers mois par le PMU et les perspectives pour 2026 annoncent une nouvelle baisse en fin d’année.
Les programmes européens en 2025
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Le nombre de courses
Il se chiffre à 35.721 en 2025 sur l’ensemble de la zone UET. Le premier organisateur est, de loin, la France avec 11.124 épreuves. On trouve ensuite quatre pays avec plus de 2.000 courses : la Suède (6.643), l’Italie (5.771) et la Finlande (2.576). Si plusieurs membres ont vu leur volume de courses augmenter de 2024 à 2025, dont la France, la Suède, le Danemark et l’Espagne, l’ensemble est à la baisse de 1,76 % sur un an puisqu’on comptait 36.362 courses en 2024. Plus profondément, la tendance est à la baisse sur les cinq dernières années, de 2021 à 2025. Au global, l’Europe a perdu plus de 2.000 courses, passant de 37.935 (en 2021) à 35.721, soit une récession de 5,84 %. Sur cette période de cinq ans, seuls trois pays ont maintenu leur offre du nombre de courses en hausse : la France (+0,86 %), l’Espagne (+16,55 %) et la Slovénie (+16,67 %), étant entendu que, pour les deux derniers, on se réfère à un volume réduit (1.556 courses en Espagne en 2025 et 147 en Slovénie).
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Des allocations en hausse
Avec un total de 436.680.430 € distribuées dans les 35.721 courses répertoriées en 2025, le volume des allocations est en hausse annuelle de 1,55 %. Le cumul était de 430.012.219 € en 2024 sur le même périmètre des 21 pays. Cela donne une course européenne type avec une allocation moyenne totale de 12.225 € en 2025 contre 11.826 € en 2024. Les disparités sont évidemment très fortes entre le programme français, le plus généreux avec 23.178 € par course en moyenne, la Suède à 12.023 € (et n°2 de ce classement), le Danemark à 4.107 € ou à l’autre extrême la Lituanie à 313 €. Le tableau a beaucoup de similitudes sous l’angle du gain moyen annuel reçu par cheval. Il est de 15.557 € en France, 8.719 € en Suède et 3.914 € au Danemark. On découvre ici que ce montant a augmenté depuis 2021 dans tous les grands pays, à l’exception de la Norvège (-3,93 %). Mais cette tendance cache aussi des disparités. En France par exemple, il a atteint un maximum en 2022 (à 16.321 €) et baisse depuis affichant néanmoins encore +6,52 % sur la période 2021-2025.En Suède en revanche, il n’a fait que croître année après année depuis 2021.
Suite de ce dossier dans notre prochaine édition