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Thierry Duvaldestin
- 20.03.2026

Thierry Duvaldestin : "Pour récolter, il faut semer"

Une demi-heure durant mardi en fin de journée, alors que son entraînement venait de remporter un nouveau succès par l’intermédiaire de Mégaflèche, menée par son fils Théo, à Vincennes, Thierry Duvaldestin a répondu aux questions de 24h le Mag. Second metteur au point à passer la barre des 4.000 gagnants au trot en France après Jean-Michel Bazire, auquel il a succédé depuis plusieurs saisons au palmarès des entraîneurs, l'Ornais est revenu sur une carrière embrassée au début des années 1990 alors qu'il n'était pas issu du sérail. Plus de trente ans après, il s'est construit l'un des plus beaux palmarès du trot tricolore avec, entre autres, quatre Prix d'Amérique Legend Race, deux Prix de Cornulier et tous les Critériums. À 55 ans, son écurie au sein de laquelle sont pleinement investis ses fils, Clément et Théo, appelés à prendre sa succession, est devenue une référence.

Interview

24h au trot.- Il y a quelques années, alors que vous évoquiez vos débuts d’entraîneur, vous avez dit : "Je partais un peu dans l’inconnu". Avec le recul, quel regard portez-vous sur le jeune homme de 23 ans que vous étiez alors en ce début des années 1990 ?
Thierry Duvaldestin.- Il pensait avoir une petite écurie avec peu de chevaux et un salarié. Je ne savais pas du tout ce que je valais quand je me suis installé. C’était donc difficile de se projeter. J’avais à l’idée qu’il faudrait que je fasse autre chose si cela ne marchait pas. Si tel avait le cas, j’aurais été agriculteur. J’avais été aux bons endroits pour me former, plusieurs années chez Jean-Pierre Dubois et une expérience au Canada où je me suis occupé beaucoup de jeunes chevaux. Mais ça ne vaut que pour la première année ou la deuxième année. Tu ne sais pas du tout si tu vas gagner des courses. Ce n’est qu’au bout d’un an ou deux que tu enclenches.

Comment se sont justement organisées ces toutes premières années d’entraîneur ?
Pendant un an et demi environ, je travaillais pour Mr et Mme Forray qui avait une toute petite écurie à côté de Moulins-la-Marche. Tous les jours, j’y étais jusqu’à 13 heures avant d’enchaîner l’après-midi en venant aider aux travaux que j’avais entrepris sur les vingt hectares de terrain que j’avais de ma mère, moi qui suis originaire à côté de L’Aigle, et sur lesquels je faisais construire mon écurie. Dans ma tête, je savais que mon oncle et ma tante avaient chacun un bout de terrain accolé à celui de ma mère et que j’aurai la possibilité d’avoir une ligne droite un jour… Mais je ne savais pas quand.

Je ne savais pas du tout ce que je valais quand je me suis installé. C’était donc difficile de se projeter.

Cette ligne droite était donc bien intégrée à votre projet de base ?
Les premières lignes droites sont arrivées au début des années 1990 quand je me suis installé. Chez Jean-Pierre Dubois, j’avais travaillé sur ce type de piste. Dans mon projet d’installation, il était fondamental d’intégrer cette possibilité d’avoir une ligne droite. Mais fallait-il encore que je gagne ma vie et que je puisse acheter les terrains en question à mon oncle et ma tante et ensuite seulement me lancer dans ces travaux. Pendant mes cinq ou six premières années d’installation, je n’avais qu’une piste ronde. Il a fallu que j’obtienne des résultats avec ma piste ronde de mille mètres.

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