© ScoopDyga Vainqueur du convoité Prix Jean-Paul Fairand cet été à Enghien, le jeune Thomas Roullier s'affirme chez les apprentis.
1.- UN ÉTÉ GAGNANT
Avec 5 succès en juillet et en août, le lad-jockey Thomas Roullier (24 ans), qui travaille au service de Laurent Abrivard depuis son apprentissage, s’est particulièrement mis en évidence, avec un taux de réussite à la gagne de 24 %. "L’été s’est vraiment bien passé, mieux même que je n’aurais pu l’imaginer, se réjouit-il. Mais je ne me fixe jamais d’objectif. Je préfère prendre les courses comme elles viennent et savourer quand je gagne. Comme ça, je ne me mets pas de pression." Six ans après ses débuts, ce jeune Sarthois que rien ne destinait à une carrière auprès des chevaux de course totalise 30 gagnants. "Je ne me donne pas de délai pour passer pro."
2.- JUPITER DE PLAY, SON SOLEIL
"Quoiqu’il arrive d’ici la fin de l’année, ma saison est déjà réussie", juge Thomas Roullier. Ce sentiment est notamment nourri par son succès dans le Prix Jean-Paul Fairand, à Enghien le 9 juillet, en selle sur Jupiter de Play (Dragon du Fresne). "Les occasions de courir un Groupe 3 sont rares pour les apprentis, rappelle-t-il. Les courir est une chance, alors en gagner un… surtout avec "Jupiter" que je connais depuis longtemps car il était à l’entraînement à l’écurie avant de passer chez Léo (Abrivard) qui a continué à me faire confiance. On espérait terminer sur le podium, car il court toujours bien à Enghien. C’est ma plus belle victoire !"
3.- L’ORIGINAL DE LA FAMILLE
Fils d’une maman coiffeuse et d’un papa mécanicien, Thomas Roullier, aîné des deux garçons de la famille, son frère Rémy est charcutier-traiteur, a grandi à Lamnay, dans la Sarthe dans une famille qui n’avait aucun lien avec les courses. Mais son voisin est l’entraîneur Gérard Cogné chez lequel il fait quelques stages qui le confortent dans son choix de suivre une formation d’apprenti au lycée agricole de Laval après avoir découvert les courses sur les hippodromes de la région. "Il ne pouvait pas me prendre comme apprenti et m’a conseillé de demander à Laurent Abrivard, raconte-t-il. Après un mois de stage, ce dernier m’a dit qu’il était ok. À l’époque, j’étais le seul apprenti. Je ne pouvais pas trouver meilleure écurie pour apprendre car je savais à peine monter quand je suis arrivé."
4.- DEUX EXEMPLES AU QUOTIDIEN
Quand il évoque Laurent Abrivard, Thomas Roullier a le sens de la formule : "Il m’a tout appris ! Il ne parle pas forcément beaucoup. Il faut l’observer et, même en l’observant bien parfois, vous n’arrivez pas toujours à reproduire comment il s’y prend. Mais il est toujours là pour donner un conseil quand on lui demande". Au contact d’Alexandre, il apprend aussi énormément. "Il est l’un des deux meilleurs jockeys et fait aussi partie du top des drivers. C’est très enrichissant de travailler à ses côtés. Quand vous voyez qu’il vient de remporter sa 1.000ème course au monté… Ce n’est pas moi qui vais le rattraper", sourit-il.
5.- SERRER LES DENTS
Devenu salarié de l’écurie de Laurent Abrivard à l’issue de son apprentissage, Thomas Roullier est affecté aux poulains. Un travail de formation qui lui plaît. "C’est gratifiant de voir l’évolution de semaine en semaine d’un poulain, apprécie-t-il. Le patron nous laisse en passer chaque année aux qualifications, ce que j'aime beaucoup." Des moments qu’il savoure d’autant plus que les deux premières années n’ont pas été faciles. "Je n’étais pas du milieu et j’étais le seul apprenti. Il a fallu serrer les dents, reconnaît-il. Mais j’étais motivé par le fait de pouvoir courir. On fait certes beaucoup d’heures et on est pris le week-end pour courir, ce qui peut interroger quand on voit çà de l’extérieur, mais je fais ce qui me plaît."
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