© P. Lefaucheux/PC À l’automne de ses 10 ans, huit ans après ses débuts, Go On Boy a remporté le Grand Prix de Wallonie, à Mons (Belgique), samedi dernier, pour la troisième fois. Il s'agit du sixième Groupe 1 d’une carrière au cours de laquelle il a couru à trente-quatre reprises à ce niveau depuis l’âge de 4 ans. C’est un destin hors du commun pour ce cheval découvert par Romain Derieux un jour de ventes de Caen en octobre 2017 où le présentaient ses éleveurs Jean-Pierre et Pierre-Emmanuel Mary. La trajectoire du vainqueur de l’Elitloppet 2024 est rare et exceptionnelle pour ne pas dire unique du fait de sa longévité au plus haut niveau, de sa polyvalence et de sa singularité de n’avoir couru pieds nus que six fois à une époque où le déferrage est devenu la norme.
On ne remerciera jamais assez Go On Boy (Password) de sa capacité à nous émerveiller saison après saison. C'est devenu presqu'une marque de fabrique du champion de Romain Derieux, lequel s'emploie au quotidien à faire en sorte que sa carrière se prolonge le plus longtemps possible comme il le rappelle dans l'interview accordée à "24h le Mag" à retrouver dans les pages suivantes. Ce qui interpelle, c'est sa longévité. On aurait d'ailleurs tendance à oublier qu'il a débuté au mois de décembre de ses 2 ans. S'il n'a couru qu'à trois reprises au cours de sa saison de 6 ans (en 2022) et que sa plus longue interruption de carrière a été de 235 jours, soit un peu moins de huit mois, Go On Boy fait preuve d'une présence continue depuis et ce au plus haut niveau, d'où ses plus de 3 M€ de gains. Depuis 2023, il a ainsi pris le départ de 30 épreuves labellisées Groupe 1 (ne sont pas comptées les éliminatoires de l'Elitloppet au nombre de quatre) à travers l'Europe où il est reconnu et célébré comme le champion qu'il est à la lecture de ses six victoires à ce niveau. "C’est tout simplement un crack mais je crois qu’avant tout il se préserve. On voit qu’il a un truc en plus depuis toujours", répond Romain Derieux quand on l'interroge sur la longévité de Go On Boy.
Une carrière à rebours des standards
Cette longévité n'est pas sans rapport avec l'autre caractéristique de la carrière du champion élevé par la famille Mary sur les hauteurs de Deauville. Il a couru en très grande majorité ferré contre des adversaires qui ne l'étaient pas. L'exemple le plus parlant est évidemment sa victoire magistrale dans l'Elitloppet 2024 aux dépens de Don Fanucci Zet (Hard Livin) et Hohneck (Royal Dream). Nous reviennent alors les propos de Sébastien Grisez, le maréchal-ferrant de Romai Derieux. "On fait la différence en faisant autrement des autres, disait-il alors. Il portait des "combi-pad" avec un petit alu en pince carré. Il a 180 grammes environ. Il a besoin de cela, de confort. À chaque fois qu’on lui a enlevé un demi-gramme, cela s’est mal passé. Ici, on lui a remis du poids pour la finale. Il a couru sa batterie sans cloche et on a remis une petite cloche pour la finale."
C'est aussi là l'exception d'un champion hors normes auquel son entourage s'est adapté. Ce n'est pas tant que Romain Derieux ne voulait pas le courir déferré jeune. C'est ce qu'il ne pouvait pas. "Avec le recul, le fait de ne pas pouvoir le déferrer jeune s’est sûrement révélé une chance", avance l'entraîneur francilien. Tout au long de sa carrière et jusqu'à ce jour, Go On Boy n'a été déferré que six fois en quatre-vingts courses, les six fois à Vincennes où il a remporté deux de ses six Groupes 1 dans le Prix de France Amérique Races et la Finale de l'UET Elite Circuit dans ces conditions.
Enfin, la polyvalence du fils de Balginette (Hasting), mère d'un autre millionaire avec Josh Power (Offshore Dream) et de Powerball (Face Time Bourbon), vendu 300.000 €, un record pour un cheval de cet âge en début d'année sur le ring d'Arqana Trot à Deauville, en fait aussi un parfait ambassadeur complet du trot tricolore.
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