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Actualité - 01.07.2020

Assises du Trot (code et réglementation) : hongre dans le Prix d'Amérique et nouveautés à la pelle

Dans la troisième et dernière partie des Assises du Trot, sur la thématique du code et de la réglementation, les pistes de réforme ont été nombreuses. Cette session a surtout donné lieu à une pluie d’annonces dont certaines sont de véritables innovations et révolutions. On peut citer ici la participation faîte au meilleur hongre de participer au Grand Prix d’Amérique (ou de Cornulier) ou la possibilité d’organiser des épreuves en batteries dans l’Hexagone.

Pointé comme un sujet récurrent de polémique des courses au trot, le départ a donné lieu à un focus particulier. Les consultations préparatoires ont identifié le problème des faux-départs et des disqualifications au départ. Guillaume Maupas, le directeur technique de LeTROT, rapporteur sur le sujet, a annoncé des réformes pour faire la guerre aux faux départs. « L’augmentation des sanctions est un des leviers de cette réforme tout comme l’homogénéisation de la formation des juges au départ. Il faut qu’il y ait une formation continue », a expliqué le directeur technique. Sur ce thème, les réactions des professionnels ont été nombreuses avec des arguments techniques comme généraux. De son côté, Alain Laurent pointe le problème des commandements : « Aujourd’hui, les commandements sont plus courts que le temps de traversée de l’aire de départ. C’est un problème qui empêche d’écouter pleinement d’écouter le starter. » Pour Pierre Belloche, « je pense que le disque est lancé trop tard ». Pierre Levesque avance de son côté : « Il y a un manque de discipline évident. C’est peut-être un phénomène de société général. Les jeunes ne respectent plus forcément le starter. » Quant à Stéphane Meunier, il rappelle : « Il faut que le départ soit un mouvement. » Sur ce point, Guillaume Maupas a répondu à Alain Laurent : « Je suis prêt à travailler avec vous pour revoir les ordres au départ et faire un essai. »


Vers une part croissante de l’autostart et zone blanche

Sur le sujet des départs, d’autres axes de réforme sont en cours comme l’augmentation de la part de l’autostart (présent dans 15 % des courses). La question du tirage au sort intégral, entre tous les engagés, quel que soit leur niveau de gains, est sur la table. L’objectif est de passer à plus de 20 % en 2021. Guillaume Maupas a aussi lancé la définition d’une zone blanche au départ. Dans cette partie initiale du parcours, les foulées au galop ne seraient pas comptabilisées sous réserve de conditions particulières (foulées perdantes). Il s’agit ici de réduire le nombre de partants disqualifiés après quelques mètres de course.


L’utilisation de la cravache

La cravache reste encore et toujours au cœur des préoccupations des représentants des courses. S’agissant de ce sujet, Guillaume Maupas met sur la piste en citant la transposition des dispositions de l’accord de l’UET. Il s’agit en l’occurrence de fixer un maximum de sept coups de cravaches dans les 500 derniers mètres dont trois dans les 200 derniers mètres. Guillaume Maupas a ajouté : « L’alignement sur les décisions européennes est un bon début. Il faut aller vers un usage de plus en plus limité de la cravache. Il faut aller dans la même direction que le galop sur ce sujet mais chacun peut conserver ses spécificités. » Sur l’interdiction pure et simple de la cravache, l’entraîneur Franck Pellerot a remarqué : « Le problème n’est pas son interdiction mais plutôt la manière de s’en servir. »


Comportement des jockeys

Au cœur de l’actualité ces dernières semaines, les changements de ligne (voir la disqualification d’Earl Simon dans l’Elitloppet) vont connaître une nouvelle réglementation plus répressive à leur encontre. Pour l’entraîneur et vice président de LeTROT, Franck Pellerot, « c’est un problème récent, disons depuis le début du dernier hiver. » Le modus operandi est dorénavant le suivant sur ce point : interdiction de ne pas conserver sa ligne sans raison valablement justifiée et/ou interdiction de changer volontairement de ligne en vue de contrarier la progression d’autres concurrents. Les positions en 1 ½ ou 2 ½ seront donc surveillées de près. Dans le même esprit, les sanctions concernant les ralentissements entraînant des gênes seront sanctionnées. Une application particulière sera proposée dans les 500 derniers mètres (à partir grosso modo de la moitié du dernier tournant) avec une disqualification ou une rétrogradation du concurrent incriminé.
Dans cette partie, les officiels ont également lancé la piste d’une tolérance augmentée pour l’empiètement des piquets dans la ligne d’arrivée. Guillaume Maupas explique à ce sujet : « Maintenant que la règle a été bien comprise et assimilée, lever la disqualification systématique et automatique dans le cas de empiétement d’un piquet dans la ligne d’arrivée, pour un cheval qui n’en tire pas avantage, ou quand l'empiétement ne profite à personne, me semble souhaitable. La faute d’inattention ne doit pas entraîner de décision potentiellement incomprise par les parieurs. »


Renforcer la transparence dans le camp des commissaires

C’est l’ensemble du code des courses que LeTROT se propose de repasser à la loupe. Guillaume Maupas développe sur le sujet : « Il va nous falloir ouvrir le chantier de révision de la réglementation du code dont la dernière refonte a eu lieu il y a quinze ans. » Pêle-mêle, suivant le principe de réaffirmation de la transparence, il est question ici de proposer :

  • Une audition systématique des professionnels présentant des favoris qui ne figurent pas à l’arrivée sauf pour raison évidente (gêne ou faute d’allures),
  • Généraliser ls diffusion des films-enquête sur Equidia,
  • Instaurer une Commission d’appel des décisions prises sur les hippodromes (hors disqualifications) avec un suivi des décisions concrétisé par l’évaluation du nombre de décisions réformées en appel par hippodrome,
  • La révision globale des textes réglementaires pour identifier les dispositions obsolètes et les décisions non comprises et/ou non admises par les joueurs.

L’importance des contrôles anti-dopage a été réaffirmée dans la logique de transparence de la filièe courses. Secrétaire général de la Fédération Nationale des Courses Hippiques (FNCH), Pierre Préaud a tenu à rappeler : « Le laboratoire est un GIE avec trois membres associés : LeTROT, France Galop et la FNCH. Son budget annuel est de 9 millions d’euros : 3M€ pour les prélèvements et 6 M€ comme coût d’analyse et de fonctionnement du laboratoire. 25 000 prélèvements sont effectués dans les courses par an, à comparer aux 10 000 prélèvements pour l’ensemble des sports humains. Il faut toujours rappeler que les contrôles sont anonymisés par un double système de codes barres. »



Les nouveautés pour dynamiser le trot

Lors de la fin de ces Assises, les annonces de plusieurs nouveautés vont sans doute bousculer le paysage ou la routine du trot. Toutes répondent à créent des événements médiatiques et populaires. D’abord, il y a la possibilité d’autoriser le meilleur hongre du circuit de participer au Prix d’Amérique (le principe est aussi vrai pour le Prix de Cornulier). La piste évoquée à ce stade est le recours au classement des Cracks Series ou par un circuit de courses sélectionnées. Le hongre sélectionné recevrait une wild card pour le Prix d’Amérique (et le Prix de France et de Paris). Plusieurs scénarios sont encore ouverts à ce stade : soit la wild card est immédiatement valable, soit elle est conditionnée à une qualification par le système mis en place dans les 4B.


Ensuite, ces Assises ont entériné la création de courses en batteries à titre exceptionnel, sur des hippodromes ayant un parcours de 1609m adapté comme Argentan, Cagnes, Enghien ou La Capelle. Sur le sujet, Guillaume Maupas a justifié : « Il faut que l’on créé des courses en batteries en France pour le spectacle. Cela doit rester un événement exceptionnel. Il y aura des courses en batteries en France en 2021. » Dans le même esprit, des tournois par éliminations, via des duels, pourraient voir le jour sur des distances de 200 à 300 mètres. Des éliminatoires de deux concurrents permettraient d’arriver à une finale (et une consolante) à quatre partants via des huitièmes et quarts de finales.
Le Grand National du Trot est aussi l’objet de toutes les attentions. Il s’agirait ici de le redynamiser, de renforcer sa visibilité et son attractivité en introduisant des nouveautés. On parle d’une étape par région, d’ajouter une étape en juillet, de favoriser les hippodromes associés aux vacances durant l’été, voire de créer un mini GNT d’été.

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