L'exceptionnelle séquence signée Jean-Philippe Dubois
Jean-Philippe Dubois est, incontestablement, l’homme fort de cette seconde quinzaine d’août. Il est présent sur tous les fronts, celui des courses, de l’élevage et des ventes, au trot comme au galop. Dans les pas de son père, l’animateur du Haras de Fresneaux s’est construit, peu à peu, un empire, géré en famille, avec pour socle une intense activité d’éleveur, autour de laquelle s’articule la pérennité de son entreprise. Demain lundi, il sera aussi incontournable lors du second volet de la vente des Rouges Terres organisée par Auctav.
Quand on s’appelle Dubois, les frontières entre les spécialités n’existent pas. L’aîné des fils de Jean-Pierre Dubois n’est pas le dernier à en témoigner, lui qui, s’il apprit le métier du trot au contact de son père, s’intéressa aussi, tout jeune, au galop, faisant notamment un stage chez le maître entraîneur de Chantilly, François Boutin. En prolongement, il monta en plat et en obstacle, gagnant à Auteuil, sous les couleurs familiales, et se classant deuxième à Longchamp, tout en s’imposant, à plusieurs reprises, sur des hippodromes provinciaux.
« J’ai le sentiment que d’avoir été ainsi confronté aux deux disciplines, dans ma jeunesse, a contribué à me façonner positivement sur le plan professionnel », avait-il confié, il y a quelques années, dans "Trot Infos".
Une quinzaine de rêve
Une chose est sûre : d’hier à aujourd’hui, le chemin parcouru dénote une efficacité avérée, au service d’un éclectisme du meilleur aloi. La quinzaine qui vient de s’écouler illustre le propos. Au trot, depuis la mi-août, les élèves de
Jean-philippe Dubois ont gagné douze courses, dont deux semi-classiques pour le seul
Keep Going, lauréat notamment le 16 août, date à laquelle quatre autres de ses représentants se sont placés au même niveau, à commencer par
Mille Etoiles, deuxième du Prix Reine du Corta-Critérium des 3 Ans Q2, et par
Luminosity, troisième du Prix Paul Leguerney-Critérium des 4 Ans Q1. Dans le même temps, au galop, où il est nettement moins représenté, Jean-Philippe Dubois a signé un triplé d’entraîneur, sur l’hippodrome de Clairefontaine, où il a remporté, au premier chef, le quinté du 18 août, avec Maïa Star, une petite-fille de la championne d’Auteuil Maïa Eria, qu’il eut, naguère, chez Yann Porzier et qui lui offrit les Groupes 1 Prix Cambacérès et Renaud du Vivier. En outre, la veille, sur le ring d’Arqana, à Deauville, son yearling pur-sang, fils de l’étalon vedette Wootton Bassett et de High Celebrity –qui fut classique, à 2 ans, chez André Fabre, pour le compte de Jean-Philippe Dubois–, a fait afficher le prix le plus élevé de la vacation, à 2,3 millions d’euros.
Une pierre angulaire : l’élevage
La pluridisciplinarité de toutes ces réussites trouve son écho dans la présence de Jean-Philippe Dubois à de multiples postes, comme celui de propriétaire –au travers de l’Ecurie Victoria Dreams–, d’entraîneur ou même de driver, mais, s’il en est un qu’il occupe invariablement –ou quasiment–, c’est celui d’éleveur. Car, on l’aura compris, la pierre angulaire de l’entreprise, au sens large, de Jean-Philippe Dubois, c’est l’élevage. Dans le même numéro de « Trot Infos », cité plus haut, à la question de savoir s’il préférait l’élevage ou l’entraînement, il avait répondu, en substance : «
J’aime bien les deux, mais j’avoue apprécier particulièrement l’élevage. J’en ai fait très vite, d’ailleurs, achetant ma première poulinière, à l’âge de 20 ans, au milieu des années 1980. Dans cette perspective, mon père m’avait aussi fait cadeau d’une jument. C’était le début de l’aventure ! »
Savoir vendre
Les élèves de Jean-Philippe Dubois s’expriment, certes, sous ses couleurs et sous son entraînement, de même que sous celui de ses fils, Julien et Etienne, mais, de plus en plus souvent, ils brillent aussi pour d’autres casaques et aux soins d’autres professionnels. C’est le cas de ses actuels porte-drapeaux,
Keep Going, « coaché » par Mathieu Mottier, pour le compte de José Davet, ou encore
Mille Etoiles, sur laquelle veillent les Bazire, mandatés par la Scuderia Mistero. C’est que vendre fait partie, de longue date, de la philosophie des Dubois. Jean-Pierre, le patriarche, tout en exploitant ses chevaux, en a toujours été vendeur, y compris des meilleurs. C’est ainsi qu’il a fonctionné toute sa vie, suivant l’exemple paternel : «
Mon père faisait déjà comme cela, nous avait-il dit un jour, étant éleveur et commerçant à la fois. Financièrement parlant, il le fallait, au reste, pour faire tourner la « boutique ».
©ScoopdygaJean-Philippe Dubois et ses fils (en 2010) Mais, s’il vendait, c’était pour réinvestir. » Jean-Philippe Dubois ne raisonne pas différemment, lui qui présente 47 lots, soit près de la moitié du catalogue, à la
vente d’Auctav, programmée ce lundi, au Haras de Bois-Roussel, parmi lesquels une majorité de jeunes chevaux –2, 3 et 4 ans–, mais également des poulinières. Chaque été, il procède ainsi à une importante réduction d’effectif, qui participe du bon fonctionnement de l’entreprise.
Une forte structure familiale
L’élevage, ce sont, aussi, les étalons, au nombre de cinq à Fresneaux, emmenés par le très en vue continuateur de
Love You,
Royal Dream. Il va de soi que l’étalonnage constitue une partie importante des ressources du haras. Irène, l’épouse et bras droit de Jean-Philippe Dubois, s’en occupe plus particulièrement, comme de l’élevage en général, car lui passe l’essentiel de son temps à l’entraînement et aux courses. La structure est familiale et les enfants en sont partie prenante, tout en ayant leur propre entité. On pense aux garçons de la maison, les susnommés Etienne et Julien, mais aussi à la fille, Victoria, au prénom de laquelle est dédié le nom de l’écurie maison.
Des chiffres qui ne trompent pas
Les statistiques moyennes de Jean-Philippe Dubois, en tant qu’éleveur, lui confèrent le coefficient de réussite d’environ un gagnant tous les dix partants, d’un podium tous les quatre partants et de quatre partants sur dix dans les cinq premiers. En 2024, il a enregistré un résultat record en termes de primes, celui-ci culminant à 410.000 euros, pour 136 victoires et 639 places, en 1.415 courses, disputées par 172 chevaux.
À propos de la vente des Rouges Terres
◆ le
catalogue ICI
◆ la vacation présentée par
Arnaud Angéliaume ICI
→ rendez-vous dans notre édition de demain lundi pour les
premiers résultats