©DR/Clinique du Livet Les ulcères gastriques représentent une maladie très fréquente chez le trotteur. Longtemps sous-diagnostiqués, ils sont aujourd’hui reconnus comme une problématique majeure en raison de leur forte prévalence et de la diversité des signes cliniques associés, allant de manifestations discrètes comme une baisse de performance à des symptômes plus évocateurs de type colique ou amaigrissement. Les progrès de l’endoscopie ont permis une meilleure compréhension de cette maladie, notamment en mettant en évidence l’existence de deux types d’ulcères distincts — squameux et glandulaires — aux mécanismes physiopathologiques différents. Cette distinction est essentielle tant pour le diagnostic que pour la prise en charge thérapeutique. Cette synthèse a pour objectif de présenter les connaissances actuelles concernant l’épidémiologie, l’étiologie, les signes cliniques, les modalités diagnostiques et les options thérapeutiques des ulcères gastriques chez le cheval.
par Dr Caroline MERTENS, Docteur en médecine vétérinaire, résidente en médecine interne équine
Centre Hospitalier Vétérinaire Equin de Livet
Epidémiologie : les ulcères gastriques sont très fréquents chez les trotteurs l’entrainement
De nombreuses études ont étudiées la prévalence des ulcères gastriques chez les équidés. Il semblerait que les chevaux domestiques soient plus sensibles aux ulcères gastriques que les chevaux sauvages.
Les ulcères gastriques chez le cheval sont divisés en deux catégories : les ulcères de la partie squameuse (ou non glandulaire) et les ulcères de la partie glandulaire, impliquant le pylore ou la sortie de l’estomac. Dans les populations de trotteurs, jusqu’à 90 % des individus peuvent présenter des ulcères gastriques squameux, plus ou moins sévères. Ce taux élevé n’est pas seulement lié à l’exercice, mais également à la gestion alimentaire et environnementale. Au début de l’utilisation des endoscopes, la sortie de l’estomac (le pylore) n’était pas toujours visualisée et l’on a pu penser que les ulcères squameux étaient plus fréquents. Cependant, avec le développement de gastroscopes plus longs, on s’est aperçu que les ulcères glandulaires étaient également très fréquents, notamment chez les chevaux de courses, avec des pourcentages rapportés pouvant aller de 35 à 72 %.
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