©APRH Les succès s’enchaînent actuellement pour Emma Lacomblez. Ses six dernières apparitions en course se sont soldées par trois victoires. Deux ont été signées à Paris-Vincennes, la troisième à Craon. C’est une jeune femme au caractère affirmé et soucieuse de tous les détails de la réussite que dessine le portrait de la semaine.
1. Paris-Vincennes, la cendrée gagnante
Son nom est apparu sur les programmes en 2020. Emma Lacomblez avait alors seize ans. Apprentie chez Jean-Marie Roubaud, elle débute en juin à Marseille-Vivaux. Elle approche dorénavant des 400 courses et compte 21 victoires, toutes au monté. Avec Huriel Ludois, pour le compte de son actuel employeur Stéphane Bourlier, elle s’est imposée deux fois à Vincennes en l’espace de trois semaines. La cendrée parisienne est devenue un terrain de jeu gagnant grâce à « Huriel, un super cheval qui continue de progresser et a toujours l’envie de bien faire ».
2. Du CSO au trotteur
Son parcours est de ceux qui réunissent l’équestre et l’hippique. « J’ai commencé à faire du poney à l’âge de 3 ans et ai fait beaucoup de CSO quand j’étais jeune » raconte Emma Lacomblez. La jeune femme grandit dans le Sud, à Aix-en-Provence. Et sa sœur a pour amie la fille de Sylvain Roubaud. La connexion se fait naturellement : « J’ai commencé très vite à monter des trotteurs le samedi matin et pendant les vacances scolaires » continue-t-elle. « La famille Roubaud m’a tout appris au départ et m’a donné envie de travailler dans les courses. J’étais un peu dans la famille » remercie la lad-jockey d’aujourd’hui. De cette jeunesse, elle a gardé une préférence pour le monté où « ma formation classique d’équitation m’apporte l’équilibre, une assiette, la confiance à cheval ». De cette jeunesse encore, le nom de son premier modèle dans les courses : Nathalie Henry.
3. Les voyages forment la jeunesse
Le cursus classique s’enclenche : l’Afasec de Cabriès à l’âge de quatorze ans avec quatre ans d’apprentissage chez les Roubaud, Sylvain et Jean-Marie. Emma Lacomblez fera sa dernière année de Bac Pro chez Yannick-Alain Briand « pour voir autre chose avant de passer salariée ».Le désir de d’ouvrir ses horizons se poursuivra : « J’aime voir les multiples approches que peuvent avoir les entraîneurs, me confronter à des méthodes différentes. » Elle prend donc la route. Elle restera un an en Mayenne chez Marc Sassier puis trois dans le Calvados, successivement chez Stéphane Provoost et Alexandre De Jesus. Nouvelle bifurcation en début d’année quand la jeune femme rejoint l’équipe de Stéphane Bourlier dans la Sarthe. « J’ai eu la chance de travailler dans de bonnes écuries, différentes dans leur organisation. J’ai beaucoup appris partout. »
4. Le diable s’habille aussi dans l’exigence
Jeune femme de son temps, Emma Lacomblez concilie travail et vie personnelle : « J’aime voir mes copines, faire du shopping, prendre du temps pour moi. Je fais de la course à pied pour ma condition et me changer les idées. » Quant à son travail, on est là dans l’ordre du rêve : « Je n’ai pas l’impression de travailler tellement j’aime mon métier. Du coup, je ne fais pas de plans et ai du mal à me projeter dans l’avenir. La passion ne m’a jamais quittée et j’adore ma vie. » Une adoration qui plonge aussi la jockey dans des moments de doute : « Je ne me sens pas toujours à la hauteur de ce que j’aimerais être ou de ce qu’on me demande. Je suis très exigeante, je me remets tout le temps en question. Heureusement, j’ai un entourage en béton qui m’a toujours encouragée. Ma famille, mon copain, mes copines sont toujours derrière moi, à me pousser vers le haut. »
5. La détermination du Sud
La famille est le noyau vitalisant chez Emma Lacomblez : « Ma famille a d’abord été surprise de mon choix d’entrer dans les courses mais m’a toujours soutenue. Comme j’avais de bonnes notes à l’école, mes parents imaginaient autre chose pour moi. Et ils ne connaissaient rien à cet univers. Par exemple, mon père est docker à Marseille. Même si on est éloignés, on arrive à se voir, quelquefois sur un hippodrome. Et je dois dire que je suis restée une personne du Sud. Ma région est toujours en moi et j’ai le caractère affirmé des gens du Sud. »
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