© ScoopDyga Entre le travail quotidien de l'ombre de préparation et de mise au point et la lumière d'une victoire en région parisienne, David Bertrand navigue entre les deux tout en vivant sa passion.
1.- UN MANQUE COMBLÉ
Le sourire franc de David Bertrand (38 ans) à l’arrivée du Prix du Haut Rhin lundi à Enghien remporté au sulky du 2 ans Oskar Wilde dit beaucoup de la portée de cette victoire. "Je n’avais pas encore gagné cette année. Cela comble un manque, ne cache pas celui qui n’est pas mécontent de prendre un peu de lumière à côté du travail de l’ombre de mise au point et préparation. Ce succès fête aussi en quelque sorte le premier anniversaire de mon arrivée au sein de l’écurie de Guillermo Horrach Vidal." Il est vrai qu’il drive moins en raison d’un effectif plus limité que lors de ses expériences précédentes. "Mais j’aime toujours autant ça, assure-t-il. D’un autre côté, cela me permet d’avoir un meilleur équilibre de vie, surtout que je vais être bientôt papa. Et puis, on travaille pour vivre, mais on ne vit pas pour travailler."
2.-GROSBOIS : LA DEUXIÈME MAISON
Sur centre d’entraînement de Grosbois, David Bertrand, originaire d’Agen où son père, François, avait son écurie, a ses habitudes et ses repères. Il est vrai que c’est son quotidien depuis six ans environ après des périodes au service de Pierre Belloche et Jean-Philippe Raffegeau. "Je trouve que c’est un luxe de travailler dans un tel environnement, avance-t-il. Les pistes sont de qualité et très bien entretenues. De plus le cadre est vraiment agréable. Quand Jean-Philippe a rendu sa cour, j’ai souhaité rester ici car ma compagne a un poste à Paris. Pour raisons personnelles, je ne voulais pas retourner en province. Guillermo que je connaissais cherchait justement à ce moment-là un responsable car il avait un gars qui partait."
3.- UNE SOIF D’EXPÉRIENCES
Formé à l’AFASEC de Mont-de-Marsan, David Bertrand a fait son apprentissage chez son papa. Mais il n’a pas tardé à chercher à multiplier les expériences. "J’ai fait plusieurs écuries, car je tenais à apprendre le plus de méthodes de travail possibles. Quand je me sentais vraiment bien, je restais plus longtemps." Ses passages chez Jacques-Henri Treich et Yannick Henry l’ont plus particulièrement marqué. "Le premier a une main extraordinaire. Dans sa façon de mettre ses chevaux, il est un peu le "Alain Laurent" du Sud-Ouest. Le second a une manière de travailler plus moderne et un œil remarquable pour dénicher la pépite."
4.- D’HASTRONAUTE À HORSY DREAM
Dans ce domaine, la meilleure trouvaille de Yannick Henry est sans conteste Hastronaute, acheté à réclamer 12.111 € au mois de juin de ses 3 ans et vainqueur un an plus tard du Critérium des 5 Ans (Groupe 1). C’est justement la période où David Bertrand a travaillé pour l’entraîneur du Sud-Ouest chez qui il est resté quatre ans. "Le meeting d’hiver pour Yannick à Melun où j’avais la responsabilité d’un piquet d’une dizaine de chevaux dont Hastronaute est le meilleur que j’ai passé, se souvient-il très précisément. On avait une confiance réciproque l’un dans l’autre ce dont je le remercie encore. Et puis, j’ai aussi la chance de passer Horsy Dream lors de sa requalification quand j’étais chez Pierre Belloche."
5.- ENTRE TENTATION ET RAISON
Il y a quelque temps de cela, David Bertrand se voyait un jour tenter de s’installer à son compte. "Je crois que si l’on fait ce métier, c’est pour un jour être autonome et se lancer. Réussir par soi-même avec ses propres idées est un challenge excitant", dit-il à ce sujet. Toutefois, l’évolution du contexte de la filière ne le pousse pas à franchir le pas dans l’immédiat. "La conjoncture est difficile. Je ne suis pas fermé à ce projet mais ce n'est pas ma priorité aujourd’hui. Après, il faut voir selon les opportunités. Je ne dis pas que je resterai toujours à Grosbois."
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