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Éric Raffin
Actualité - 28.10.2026

Éric Raffin : "Je suis en meeting toute l'année"

À la veille du lancement du meeting d’hiver sur l’hippodrome Paris-Vincennes, Éric Raffin n’avait jamais gagné autant de courses au cours des dix premiers mois d’une saison. Il totalise 318 gagnants en ce 28 octobre. Il file ainsi vers un huitième titre consécutif de Sulky d’Or avec une avance de plus de 50 victoires sur Benjamin Rochard, bien parti pour être son dauphin comme l’an dernier. Plus encore, le Vendéen qui fêtera ses 45 ans le mois prochain est en passe de battre ses records personnels (296 gagnants à l’attelé et 351 au combiné) et réussir le challenge qu’il s’est fixé depuis cet été : devenir le deuxième driver français après Jean-Michel Bazire à remporter 300 courses attelées dans une année.

Les derniers jours sont une parfaite illustration de la cadence qui est celle d’Éric Raffin cette année. Entre samedi à Châteaubriant lors d’une réunion d’élevage et mardi à Vincennes, à 48 heures du coup d’envoi du meeting d’hiver 2026-2027, en passant par Enghien dimanche et Le Croisé-Laroche lundi, il a disputé 29 courses et a passé le poteau en tête à 10 reprises - 11 même avant d'être disqualifié de la première place avec Patton (Trixton) hier soir [lire mardi soir] pour avoir été jugé responsable par les commissaires de la gêne et de la faute d’un rival, ce qui lui vaut quatre jours de mise à pied (du 10 au 13 novembre). Son taux de réussite sur cette séquence de quelques jours est de l’ordre de 34 %. Remarquable. Comme l'est déjà l'ensemble de sa saison.
En ce 28 octobre, il totalise en effet 289 gagnants à l'attelé et 318 au combiné. Soit une moyenne d'une victoire par jour ! Des chiffres qu'il n'avait encore jamais atteints à deux mois de la fin de l'année. Son exercice 2026 devrait donc prendre une place de choix sur une carte de visite déjà très conséquente où sept Sulky d'Or côtoient cinq Étrier d'Or, plus de 50 victoires dans des Groupes 1 dans le seul Hexagone, un Elitloppet, le record de gagnants en une année pour un pilote tricolore (351 en 2021), etc.

Les chiffres de 2026 d’Éric Raffin au 28 octobre :
→ ATTELÉ
1.201 courses - 289 vict. (24 %) - 296 pl. - 7.340.310 €
→ MONTÉ
196 c. - 29 vict. (15 %) - 50 pl. - 1.327.560 €
→ COMBINÉ
1.397 c. - 318 vict. (23 %) - 346 pl. - 8.667.870 €


Pour autant, il répète souvent -pour ne pas dire toujours- quand il est interrogé sur la quête de records que ce n'est pas un sujet auquel il pense en se rasant tous les matins devant sa glace. "Il faut essayer de ne pas se mettre de pression. C’est en courant après (les records) que tu fais des conneries, nous répond-il encore au moment de commenter les chiffres de son année. Dans un mois, j’aurai 45 ans (le 24 novembre). L’expérience joue. Tu vois au quotidien qu’il y a des choses un peu plus importantes que les courses de chevaux même si c’est toute ma vie."

Contribuer à écrire l'histoire

Pour autant, le fils cadet de Jean Raffin reconnaît que, depuis cet été et après un premier semestre au cours duquel il a remporté 148 courses à l'attelé, la perspective de réussir à atteindre la barre des 300 gagnants dans la spécialité s'est vite assez installée dans son esprit. "C’est venu en cours de saison. De toute façon, tu ne peux y penser que si ça se passe bien", rappelle-t-il. Son année n'avait toutefois pas commencé sous les meilleurs auspices avec une mise à pied de treize jours à l'issue du Prix de Cornulier pour un usage non réglementaire de la cravache. "Cette suspension m’a vraiment calmé en début de saison. J’ai vu les choses différemment ensuite", avance-t-il.

Ce serait une fierté, je pourrai dire que j’ai fait 300 attelé ! (Éric Raffin)

Pour parvenir à un tel niveau de réussite, il a été épargné par les pépins physiques, contrairement par exemple à ses saisons 2023 et 2024 où il a été victime d'accident. "J’avais toujours échoué jusqu'à maintenant, revient-il à propos de ce cap symbolique, pas de beaucoup des fois." On pense ainsi en premier lieu à 2021 quand il portait son record personnel à 296 ou même aux deux dernières saisons où il s'est respectivement imposé à 291 et 290 reprises en 2024 et 2025. "C’est un vrai objectif. Il reste une soixantaine de jours d’ici la fin de l’année même si on court moins en novembre et décembre. Si je ne le fais pas cette année, c’est que j’aurai été très mauvais, sourit-il. Ce serait une fierté, je pourrai dire que j’ai fait 300 attelé ! Tout le monde ne le fait pas. C’est comme un jockey qui fait 100 gagnants. Monté, je n’ai jamais été capable de le faire. Je le dis franchement, c'est une motivation. Ça me booste."
Cela lui permettrait d'écrire une page supplémentaire de l'histoire des courses au trot en France en devenant le second driver à le faire après l'icône Jean-Michel Bazire. Cinq années de suite, entre 2006 et 2010, le Sarthois a en effet systématiquement franchi cette barre avec un record établi en 2006 avec 339 gagnants (345 au combiné).
Dans l'esprit de compétiteur d'Éric Raffin, ne pas aller de l'avant, c'est déjà reculer. "Il faut avoir des challenges. Ce n’est pas quand vous vous endormez que vous êtes le meilleur", souligne-t-il. Pour cela, il peut aussi compter sur Melvin Kondritz, son agent depuis trois ans, après avoir collaboré avec Éric Fournier sept années durant. "Il est à fond dedans même peut-être plus que moi, décrit-il. C’est la fougue de la jeunesse. C’est bien. Il m’arrive de le tempérer des fois, mais il est très motivé."

Il faut avoir des challenges. Ce n’est pas quand vous vous endormez que vous êtes le meilleur. (Éric Raffin)


© 24hautrot

La même motivation toute l'année

Avec, dès demain jeudi, jour de lancement du meeting d'hiver, un total de 1.400 courses disputées depuis le début de l'année, Éric Raffin est seulement devancé dans ce domaine par Benjamin Rochard qui a déjà dépassé les 1.500 partants et est son dauphin autant au classement du Sulky d'Or que du Combiné. "La concurrence tire toujours vers le haut, jamais vers le bas, note-t-il. Garder le titre du Combiné est aussi un objectif. Si je remporte le Combiné, il y aura un record automatiquement."
À compter des prochaines heures, il va donc être lancé dans la dernière ligne droite d'un sprint qu'il mène depuis des mois. Toutefois, il aborde la période du meeting d'hiver de Vincennes comme n'importe quelle autre en gardant la même volonté de réussite. "Bien sûr, je ne dis pas que je m’en fiche, avance-t-il d'autant qu'il sait la chance qui est la sienne de pouvoir mener des chevaux comme Lionheart (Falcao de Laurma), Magic Man (Prodgious), Néo de Joudes (Django Riff) et autres Nikki Beach Jiscé (Dollar Macker) dans quelques-unes des meilleures épreuves du meeting. Mais je suis en meeting toute de l’année. Que ce soit le 1er novembre ou le 1er avril, c’est exactement pareil. À mes yeux, toutes les courses sont importantes. Gagner entre le 1er novembre et le 1er mars est aussi important que de gagner entre le 1er mars et le 1er juillet."
Il ne se défait donc jamais de sa recherche de performance que symbolise parfaitement son taux de réussite à la gagne. À l'attelé, il est de 24 % et à peine moins au Combiné (23 %). "Gagner plus d’une course sur cinq est superbe", réagit-il un peu surpris même quand on lui annonce. C'est le plus élevé du top 10 du Sulky d'Or devant Yoann Lebourgeois (23 %) et Théo Briand (20 %), qui se concentrent uniquement sur cette spécialité.

États des lieux et projections

Au soir du 28 octobre, Éric Raffin affiche des temps de passage sensiblement en avance sur ses meilleurs exercices. En 2021, année de ses deux records (attelé et combiné), il comptait à cette date 234 victoires à l'attelé (vs 289 cette année) et 281 au combiné (vs 318). Mais c'est 2024 qui fait office de référence en la matière avec respectivement 241 et 289 victoires. Il compte donc 48 succès d'avance à l'attelé et 29 au combiné.
En prenant en compte la moyenne de ses gagnants sur la période allant du 1er novembre au 31 décembre au cours des sept dernières années, les projections (qui ne sont que des projections) l'amènerait au-délà de 330 gagnants à l'attelé et 370 au combiné.

Quid du monté ?
Là encore, Éric Raffin joue franc jeu quand on l'interroge sur l'Étrier : "Quand je monte un bon cheval, je prends du plaisir. Mais je ne prends plus du tout de plaisir quand il s’agit de monter pour monter. Je ne veux pas arrêter de monter, mais monter une fois par réunion me va. Monter me permet de rester physiquement en forme, de faire attention à mon poids. Lionheart est évidemment une motivation. Je ne dis pas que j’arrêterai de monter sans lui mais je me poserai sérieusement la question".
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