© ScoopDyga Exploitant agricole dans le Pays d'Auge et maire de la commune de Moyaux, Benoît Charbonneau est aussi éleveur de trotteurs dont le prometteur 2 ans Oscar des Bruyères, vainqueur mardi soir à Vincennes.
1.- UN ÉLEVEUR QUI SAVOURE
Mardi, Benoît Charbonneau n’était pas mécontent d’avoir mis pour une fois entre parenthèses ses multiples activités. Pourquoi ? Pour aller voir courir Oscar des Bruyères, le dernier produit issu de son petit élevage en plein cœur du Pays d’Auge. "Je n’avais encore jamais assisté à la victoire d’un cheval de mon élevage à Vincennes. Arnaud Gougeon, son entraîneur, à qui j’ai vendu le poulain après sa qualification, m’a proposé de m’emmener. J’ai fait en sorte de me libérer et on est partis en camion", raconte-t-il. Et pour cause, le poulain drivé par François Lagadeuc a remporté un très franc succès pour sa découverte de la cendrée parisienne et a permis à la casaque de Chantal Pallard de gagner pour la première fois dans le temple du trot. "Je suis un éleveur heureux, en toute authenticité et simplicité."
2.- L’IMAGE D’ÉPINAL DE LA NORMANDIE
Des champs de pommiers sur huit hectares et des chevaux et des ânes - la foire de Moyaux le troisième samedi de mars est un rendez-vous incontournable pour les amateurs de la région - qui profitent des pommes et de ces terres réputées pour l’élevage. C’est "l’image d’Épinal de la Normandie", s’amuse Benoît Charbonneau. Ce dernier a repris la ferme de son grand-père en 1989 pour la transformer en exploitation cidricole (Les Bruyères Carré) qui produit chaque année 40.000 bouteilles de cidre, 1.000 de pommeau et autant de calvados. "Il n'y a qu’au moment de la récolte des pommes où l’on retire les chevaux et les ânes."
3.- MONSIEUR LE MAIRE
À Moyaux, bourgade rurale de quelque 1.400 habitants située à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Lisieux, Benoît Charbonneau est monsieur le maire. Élu pour un troisième mandat en mars dernier, il connaît évidemment ses administrés. Sur le territoire de cette commune, il n’y a pas moins de six structures équestres dont l’une des écuries du propriétaire Tanguy de La Bourdonnaye et l’établissement d’Arnaud Gougeon, installé ici depuis dix ans. "C’est un engagement qui demande de la disponibilité, mais on est là pour trouver des solutions. Le vivre ensemble est très important à mes yeux", souligne-t-il.
4.- LA FORCE DES RENCONTRES
Les rencontres sont aussi au cœur de sa passion pour les chevaux. "Si je suis heureux de la victoire d’Oscar des Bruyères, je le suis au moins autant pour tous ceux qui m’ont conseillé dans l’élevage et continuent de le faire. Ce sont eux qu’il faut mettre en avant et pas moi. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment", insiste-t-il. Des remerciements qui vont notamment à Arnaud Gougeon. "C’est lui qui m’a conseillé de présenter la mère du futur poulain à Clif du Pommereux", rappelle-t-il. Pourquoi ? "C’est un très beau pedigree marqué par un inbreeding 4x5 sur Florestan, avec le sang de Love You. Le résultat est là avec une mère cinquième catégorie, répond celui qui est à l’origine du croisement. C’est un poulain qui a beaucoup de vitesse naturelle."
5.- À LA RECHERCHE DE LA RELÈVE
Si Benoît Charbonneau a un regret dans l’histoire d’Oscar des Bruyères, c’est celui d’avoir dû se séparer de la mère qui n’était plus autorisée à être saillie faute de résultats de sa production avant la toute récente éclosion du poulain. "C’est la vie, c’est comme ça, se montre-t-il fataliste. Depuis que j’ai commencé à élever des trotteurs dans les années 2000, je n’ai jamais eu plus de deux poulinières dans mes prés. Aujourd’hui, je n’en ai plus et cela me manque. C’est pourquoi je vais en reprendre une dès que j’en aurai l’opportunité."
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