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Actualité - 19.10.2026

Carte des hippodromes : 25 sites MIXTES PERDENT le galop

Le Conseil d’administration de France Galop, réuni ce lundi 19 octobre sous la présidence de Guillaume de Saint-Seine, a voté le nouveau dispositif régional du galop, applicable au calendrier 2027. Rappelons que suite à la diffusion, le 10 septembre dernier, d’une première version de cette mesure avant tout économique, France Galop s’était engagé à entamer une large concertation avec la Fédération Nationale des Courses Hippiques, les Fédérations régionales concernées, la SETF, et les membres du Groupe Cheval à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est le résultat de cette consultation qui est dévoilé ce lundi.

Rappel de nouveau : le principe de cette redistribution de la cartographie hippique est la rationalisation régionale des hippodromes : entre trot et galop à l’échelle de chaque territoire, et entre plat et obstacle au sein du galop. Concrètement, le galop s’arrête en 2027 sur 25 hippodromes mixtes qui accueillent aussi le trot, et qui ont organisé 41 réunions trot-galop en 2026 : Agen, Auch, Aurillac, Beaupréau, Carcassonne, Carhaix, Cavaillon, Dinan, Divonne-les-Bains, Gramat, Guerlesquin, Guingamp, Hyères, Les Sables-d’Olonne, Meslay-du-Maine, Méral, Molières, Montauban, Montignac, Plessé, Plestin-les-Grèves, Plouescat, Sillé-le-Guillaume, Vitré et Vitteaux.

La réaction de la SETF :
La SETF prend acte des arbitrages rendus par le Conseil d’administration de France Galop. Ces arbitrages ont des conséquences pour l’activité du trot sur le nombre de réunions mixtes et les subventions financées par la SETF au travers de la Fédération Nationale des Courses Hippiques sur ces hippodromes. Désormais, un point doit être fait avec les instances régionales sur les aménagements à faire pour l’activité trot sur les hippodromes mixtes. Des propositions ont été faites dans les réunions de concertation par les instances régionales sur des transferts de course ou de réunions qu’il faut valider voire compléter.

Parallèlement, huit hippodromes se spécialisent en plat (Aix-les-Bains, La Teste, Toulouse, Cholet, Saint-Malo, Châteaubriant, Strasbourg et Vittel), et cinq se concentrent sur l’obstacle (Jarnac, Le Lion-d’Angers, Nancy, Nantes, Orléans). Aucun des 25 hippodromes proposant des réunions mixtes ne ferme, sur le papier, mais la perte du galop a (et aura) des conséquences parfois très lourdes sur leur calendrier.
Ainsi, Guingamp, Plestin-les-Grèves, et Sillé-le-Guillaume, dont la seule réunion annuelle est mixte, se retrouvent confrontés à une situation difficile. Ceux qui, comme Beaupréau, Carcassone, Carhaix, Dinan, Gramat, Molières, Plessé et Vitteaux, proposent deux réunions mixtes en tout, vont également devoir repenser leur modèle économique.
Rappelons que les courses de galop concernées par ces changements ne sont pas supprimées mais réaffectées à d’autres sites de la même région ou de catégorie supérieure comme Erbray, Sablé, Segré, Castéra-Verduzan, Angoulême, Châtillon-sur-Chalaronne, Lignières, Moulins, Pau en hiver, etc.

Les hippodromes mixtes concernés
◆ Agen : 25 réunions, aucune mixte (5 réunions galop seul)
◆ Auch : 7 réunions, aucune mixte (1 réunion galop seul)
◆ Aurillac : 2 réunions, dont 1 mixte (3 courses au trot)
◆ Beaupréau : 2 réunions, 2 mixtes (8 courses au trot)
◆ Carcassonne : 2 réunions, 2 mixtes (7 courses au trot)
◆ Carhaix : 2 réunions, 2 mixtes (8 courses au trot)
◆ Cavaillon : 7 réunions, dont 5 mixtes (20 courses au trot)
◆ Dinan : 2 réunions, 2 mixtes (10 courses au trot)
◆ Divonne-les-Bains : 9 réunions, aucune mixte (2 réunions galop seul)
◆ Gramat : 2 réunions, 2 mixtes (7 courses au trot)
◆ Guerlesquin : 2 réunions, dont 1 mixte (4 courses au trot)
◆ Guingamp : 1 réunion, mixte (3 courses au trot)
◆ Hyères : 19 réunions, dont 6 mixtes (28 courses au trot)
◆ Les Sables-d’Olonne : 20 réunions, aucune mixte (3 réunions galop seul)
◆ Meslay-du-Maine : 12 réunions, dont 3 mixtes (10 courses au trot)
◆ Méral : 3 réunions, 3 mixtes (20 courses au trot)
◆ Molières : 2 réunions, 2 mixtes (6 courses au trot)
◆ Montauban : 8 réunions, dont 1 mixte (5 courses au trot)
◆ Montignac : 4 réunions, aucune mixte (1 réunion galop seul)
◆ Plessé : 2 réunions, 2 mixtes (11 courses au trot)
◆ Plestin-les-Grèves : 1 réunion, mixte (5 courses au trot)
◆ Plouescat : 2 réunions, dont 1 mixte (5 courses au trot)
◆ Sillé-le-Guillaume : 1 réunion, mixte (4 courses au trot)
◆ Vitré : 2 réunions, dont 1 mixte (4 courses au trot)
◆ Vitteaux : 2 réunions, 2 mixtes (8 courses au trot)

Total : 141 réunions, dont 41 mixtes (176 courses au trot) et 14 réunions galop seul.

Guillaume de Saint-Seine, président de France Galop, déclare :
"Le Conseil d'administration a souhaité prendre le temps de l'écoute et du dialogue. La concertation engagée ces dernières semaines a permis de faire évoluer le projet initial de dispositif régional des courses de Galop et d'aboutir à des solutions pour une très large majorité des hippodromes concernés. Là où un consensus existait, nous l'avons retenu ; là où des difficultés subsistaient, nous avons poursuivi le dialogue pour construire des réponses adaptées, en particulier avec notre partenaire des courses de Trot, la Société d’Encouragement à l’Elevage du Trotteur Français. Cette méthode de concertation était indispensable pour construire une réforme équilibrée, capable de renforcer durablement l'attractivité des courses, tout en préservant le maillage territorial qui constitue l'une des forces des courses françaises."

Là où des difficultés subsistaient, nous avons poursuivi le dialogue pour construire des réponses adaptées, en particulier avec notre partenaire des courses de Trot, la Société d’Encouragement à l’Elevage du Trotteur Français. (Guillaume de Saint-Seine)

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Le point de vue de Jean-Pierre Vogel

Sénateur de la Sarthe, président du Groupe Cheval au Sénat, Jean-Pierre Vogel est l'un des parlementaires les plus en pointe sur le dossier. Avec la présidente du Groupe Cheval de l'Assemblée Nationale, Géraldine Bannier, députée de la Mayenne, il a notamment signé une Tribune opposée au projet et mobilisé de nombreux parlementaires. Il a participé ce matin à la présentation du projet de cartographie de France Galop et nous livre sa réaction : "Je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas faire autrement que d’acter les décisions de France Galop qui est maître de la manœuvre. Je ne pense pas qu’on puisse faire revenir en arrière sur ce projet. On a déjà essayé d’alerter avec force sur le manque de concertation préalable. Il semble qu’il y ait eu plus de concertation récente avec notamment les avis de la FNCH (Fédération Nationale des Courses Hippiques) qui ont été écoutées et creusées. Avec ce plan, ce sont quatre hippodromes* qui sont susceptibles de fermer à brève échéance compte tenu de ces décisions."
(*): Aurillac, Guingamp, Sillé-le-Guillaume et Jarnac

Des mesures d’économies de 2 millions d’euros
Jean-Pierre Vogel : "Tout cela répond à un plan d’économies. Globalement, l’économie estimée est de 2 millions d’euros dont 0,7 sur le fonctionnement des hippodromes (économies de charges) et 1,3 millions d’euros de revenus additionnels avec les paris. Ce qu’on a demandé ce matin à France Galop était de justifier hippodrome par hippodrome les plans d’économies réalisés, ce qu’on n’a jamais réussi à avoir jusqu’alors, et les modalités de suivi en 2027 pour faire un nouveau point. Car on ne veut pas avoir un plan cartographie numéro 2. On nous a promis qu’un point serait fait en milieu ou fin d’année 2027."

Le risque de l’effet domino
Ce projet aura mécaniquement des conséquences sur les programmes alimentés par la SETF. La suppression de la partie du galop dans des programmes mixtes va avoir un effet boule de neige, contraignant la société mère du trot à compléter des demi-programmes restants au trot pour en faire des programmes pleins. Tout ceci en restant... à volume constant puisqu'il n'y aura pas de création de course. Des regroupements et déplacements vont devoir être décidés. Et au bout du processus, d’autres hippodromes devraient perdre leur programme de trot dans le cadre de nouveaux arbitrages. Jean-Pierre Vogel abonde sur ce sujet : "La SETF va maintenant se trouver en difficulté de communication. Des présidents d’hippodrome m’ont déjà appelé pour me dire qu’ils comptaient sur la SETF pour leur redonner des courses et ne pas perdre des réunions."

Un plan précipité selon le Sénateur
Jean-Pierre Vogel : "Même s’il y a eu une concertation dans les dernières semaines, ce plan tombe comme un couperet. Certains présidents et bénévoles sont remontés et on les comprend. Les décisions d’un tel plan n’auraient pas dû se prendre en trois semaines. Il aurait fallu le préparer depuis un ou deux ans. On s’aperçoit lors des échanges qu’il y a une méconnaissance de ce qu’il se passe sur certains hippodromes. On a ainsi découvert ce matin que la société des courses de Saint-Malo avait fait des travaux importants de mise en sécurité et d’amélioration de la piste. Du coup, le projet a revu en partie sa position au sujet de cet hippodrome."

Michel Brault (Beaupréau) : "On est abattus"
La société des courses de Beaupréau, dans le Maine-et-Loire, propose deux réunions par an. Elle perdra en 2027 son activité galop. Son vice-président Michel Brault nous a partagé sa réaction : "Ce n’est malheureusement qu’une demi-surprise de voir les courses de galop supprimées sur notre hippodrome depuis l’annonce de la nouvelle cartographie en septembre. C’est la moitié de nos courses qui disparaît. Nous n’avons plus que des courses au trot pour faire une réunion. Rien n’a pas bougé malgré la mobilisation locale et régionale via nos élus. On a fait des contre-propositions depuis la première annonce mais on en arrive au même point. On est abattus. Notre comité doit se réunir demain soir (lire mardi soir) pour définir notre position. On ne sait pas du tout ce que l’on doit faire car nos charges vont rester les mêmes pour une seule réunion. Ce que je déplore notamment, c’est qu'un hippodrome comme le nôtre est très important pour faire naître des vocations de professionnels, de propriétaires et de parieurs."

L'avis de Géraldine Bannier

La députée de la Mayenne Géraldine Bannier, également très engagée auprès de la filière Cheval, nous a communiqué son analyse : "Le détail des deux millions d’économies, montant revu, n’est toujours pas donné par hippodrome. Il y a certes eu un travail d’adaptation des premières mesures annoncées pour en quelque sorte "limiter la casse". Malgré tout quelques hippodromes restent suspendus au souhait du Trot de maintenir ou non l’activité sur ces hippodromes… Ce n’est pas facile pour les bénévoles et présidents d’hippodromes concernés… Il faudra dans tous les cas bien mesurer les impacts de ces décisions si elles se confirmaient en janvier…"
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J.-P. Vogel (à g.) et G. Bannier (à dr.)

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