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En bref - 11.03.2022

Les femmes du trot (#4/6) "transmettre toutes les émotions"

Suite de notre série sur les femmes et les courses. Après
Virginie Boudier Cormy, Carole Thomas, Gabrielle Mombourg et Emma Callier dans nos précédentes éditions, allons à la rencontre de Cécile Martineau. Visage et voix d'Equidia, la journaliste voue une grande part de sa vie aux courses et notamment au trot.



24H au Trot.- Pour quelles raisons avez-vous choisi le domaine hippique (animal, compétition, sport). Êtes-vous issue du milieu des courses ?
Cécile Martineau.- Mon papa est entraîneur. Il a une toute petite structure dans le Centre-Est, est agriculteur et entraîne quelques chevaux. J’ai baigné dans le milieu hippique depuis que je suis toute petite. S’il me semblait difficile de faire un métier directement en lien avec les courses – ou alors seulement avec des chevaux gentils… –, j’ai toujours eu en tête de trouver un métier en relation avec le cheval. Aujourd’hui je suis journaliste pigiste et travaille principalement pour Equidia. Je suis régionalisée en Basse-Normandie depuis cinq ans et voltigeuse sur les hippodromes de la région (Cabourg, Argentan, Graignes, etc.) lors des réunions Premium. J’ai également un poste régulier qui consiste à faire la rubrique Quinté + au Trot. Cet hiver, j’ai eu la chance de présenter les différents évènements rattachés au Prix d’Amérique Races ZETurf et ça c’était vraiment chouette.

Comment pourriez-vous définir votre métier ?
J’ai la chance de ne pas avoir vraiment l’impression de travailler, j’adore ce que je fais. Si je vais aux courses seule ou avec mes enfants, je passe la même journée parce que j’adore discuter avec tout le monde. Cette situation me convient à 100.000 %, je ne me verrais pas faire autre chose. J’essaie de faire connaître le milieu au mieux, de transmettre tout ce que l’on peut vivre grâce aux chevaux et aux courses comme les émotions, la joie et même la déception. C’est vraiment un bonheur.

La gent féminine prend de plus en plus de place au sein des écuries et sur les bancs des écoles. Votre avis ?
Je trouve que c’est bien, dans mon métier on ne peut en tirer que du positif. En général, on est bien accueillis. Parfois, les gens prennent peut-être plus de pincettes avec nous qu’avec des hommes. En tant que journaliste, je ne vois pas la différence entre un homme et une femme pour exercer notre métier.

Le fait d’être une femme a-t-il été ou est-il un frein ou un accélérateur ? Si vous aviez été un homme pensez-vous que votre carrière aurait-été la même ?
Je le vois comme un accélérateur car on n’est pas encore énormément de femmes. Sur certaines missions que j’ai pu avoir, j’ai entendu des gens dire "Ah c’est bien vous féminisez l’antenne !", et je pense que c’est un atout. J’ai rarement eu des réflexions misogynes.

REPÈRES SUR CÉCILE MARTINEAU
■ Originaire du Centre-Est. Vit en Basse Normandie
■ Licence de Communication (Lyon) / Master Professionnel de Journalisme (Lyon) en alternance chez Equidia
■ Compagne de François Lagadeuc, deux enfants

Quel est le petit plus d’une femme dans votre métier ?
Je ne sais pas si l’on peut dire que c’est relatif aux femmes mais, pour moi, c’est le sourire. Le sourire est hyper important. Si l’on aborde des personnes avec le sourire, ça passe toujours mieux.

Qu’est ce qui est le plus difficile dans votre métier ?
Peut-être de prendre la chose à l’inverse, quand on entend des réflexions comme : « Tu es là parce qu’il n’y a pas beaucoup de femmes et il faut bien qu’on en place une à l’antenne ». Après je ne le prends pas pour moi et je me dis que ce n’est pas à cause de ça. Mais on pourrait vite se remettre en question à cause de ça.

Comment arrivez-vous à conjuguer votre métier de journaliste en étant la compagne d’un driver/jockey ?
Quand il s’agit de François (Lagadeuc), mon compagnon, j’essaie d’être le plus neutre possible. D’informer au mieux les parieurs. Après quand il gagne de très belles courses comme cet hiver, ça prend un peu plus les tripes mais il faut rester neutre. Cela reste de très bons moments. Quand je ne travaille pas, je peux savourer avec lui, en famille.

Comment avez-vous réussi à conjuguer votre vie de famille avec votre métier ?
Mon métier me permet de concilier plutôt facilement ma vie de famille avec mes obligations professionnelle. Idem pour mes maternités. J’ai la chance d’avoir le statut de pigiste, qui n’est pas un statut de salarié classique tout en ayant les mêmes protections. Quand j’ai été en congés maternité, tout s’est très bien passé. C’est plus une fois qu’ils (les enfants) sont là que la gestion est un peu plus compliquée. Parce que, avec François, on a des horaires un peu particuliers. Heureusement que j’ai un entourage qui peut m’épauler et c’est important d’être bien entouré.

Si c’était à refaire, referiez-vous le même parcours, les mêmes choix de vie ?
Je referais complètement les mêmes choix de vie. Après avec les années, je me dis que j’aurais peut-être dû avoir un peu plus de cran, que j’ose dire ce que j’ai envie de dire dans mon travail. Mais, pour le reste, j’aurais répété la même chose.

Quel est votre meilleur souvenir lié aux courses ?
J’en ai beaucoup. Au tout début, quand je suis arrivée à Equidia, j’ai beaucoup travaillé avec Laurent Broomhead. C’était un vrai homme de télé, passionné par les chevaux avec qui je présentais la matinale. J’ai plein de bons souvenirs avec lui, des choses futiles comme rendre l’antenne à la seconde près car lui était toujours opérationnel à la seconde près. C’est une personne qui a fait de la vulgarisation scientifique et qui avait énormément de connaissances. J’ai vraiment de super souvenirs à ses côtés. Je pense qu’il a été très formateur pour moi. Comme autre grand souvenir, je peux aussi citer mes mes voltiges les jours de Prix d’Amérique quand on est le premier à réceptionner la joie du gagnant. Ça, c’est vraiment trop bien ! (rires)

Selon vous quelle femme a été une pionnière dans le milieu hippique et pour quelles raisons ?
Je me souviens quand j’étais petite de Lise Février Vincent qui présentait sur France Courses et qui était vraiment la seule femme au trot à l’époque à faire ça. Quand je la voyais, j’avais vraiment envie d’être à sa place.

Quel serait votre rêve aujourd'hui ?
Mon rêve serait que ça dure encore longtemps, j’adore tellement ce que je fais que je ne peux que me souhaiter que ça continue ainsi et le plus longtemps possible.

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes femmes voulant faire ce métier ?
Si on est passionné, on a la volonté d’y arriver. Il faut de la persévérance et surtout y croire. Si on se donne les moyens, on arrive normalement là où on le souhaite.

Face aux incertitudes sur l'avenir du modèle des courses, quelles propositions vous tiendraient le plus à cœur ?
Ce qui est important, c’est vraiment la communication. Il ne faut pas oublier l’humain et la passion.

Si l’on aborde des personnes avec le sourire, ça passe toujours mieux.
Cécile Martineau

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