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Actualité - 10.10.2020

Marie Darbord : Merci les bêtises !

« C'est une punition qui est devenue une passion. » Le ton est donné. Marie Darbord ne cache pas son arrivée atypique dans le milieu des courses hippiques. Alors que certains se rêvent jockey depuis tout petit, c'est à l'adolescence qu'elle découvre le métier. Arrivée chez Benjamin Goetz, « l’écurie proche de mon domicile » suite à « quelques bêtises », elle trouve sa vocation et en fera son métier. Quelques années plus tard, le 4 octobre 2020, elle signe son vingtième succès. Comme quoi, le hasard fait bien les choses.

Marie Darbord se fait un nom depuis quelques mois dans les colonnes des apprentis du Sud-Ouest. Pourtant, il y a encore quelques années, rien ne la prédestinait à embrasser la profession. Sauf une crise d’adolescence compliquée qui l’a poussée dans les écuries de Benjamin Goetz. « Suite à quelques bêtises, ma mère m’a envoyée chez lui pour me punir. Avec lui, j’ai découvert l’ambiance des courses et, surtout, une passion » explique la jeune femme. S’en suit une formation à l’école des courses hippiques de Mont-de-Marsan, avant d’arriver chez son patron actuel, Yves Hurel.

« Je n'avais plus le droit à l'erreur »
Après un démarrage compliqué avec son premier patron, Marie Darbord n’a pas hésité à poser ses valises dans plusieurs écuries en France, en effectuant même quelques piges du côté du galop. « Je suis partie à Marseille et en Normandie. Puis j’ai eu l’envie d’essayer des galopeurs, je trouvais ça intéressant mais finalement je m’ennuyais un peu, c’est moins technique que du côté du trot. Alors j’ai forcé un peu la chose pour retourner chez Monsieur Hurel, il a accepté. » Revenue à ses premières amours, l'apprentie doit observer une rigueur de vie irréprochable. « Ça a été très compliqué, je n'avais plus le droit à l'erreur, sur mon poids, sur la pratique sportive. Je montais jusqu'à cinq lots par jour. » Un travail qui a payé puisque l’apprentie réalise sa meilleure saison en 2020, avec, à ce jour, pas moins de 15 succès. « 14 pour l'écurie », précise-t-elle. « Depuis que je suis arrivée chez Yves, j’ai juste énormément travaillé pour en arriver là. Il y a une seule condition depuis le début : que je me consacre aux chevaux de l'écurie. Une entorse à la règle a été acceptée pour monter Caïd du Perche le mois dernier, course que j’ai remportée. » Voilà donc le succès intrus de l’année, obtenu pour l’entraînement de Richard Denechère.

Et parmi les autres chevaux qui lui ont permis de briller cette année, Fed du Patural (photo ci-dessus) « Dimanche 4 octobre, j’ai gagné ma septième course avec lui depuis le déconfinement. Lorsqu'il est arrivé chez Yves, il avait peu de gains, et il était très caractériel. J’ai évolué en même temps que lui. Il est un peu « foufou », c'est un gros coup de cœur. » La jeune apprentie a également eu l'opportunité de monter Bilooka du Boscail en juin dernier à La Capelle, dans un Groupe 3. « C'est un très beau cadeau que m'a fait mon patron. C'est une réelle preuve de confiance de sa part, c'est quand même la jument de sa vie… »


Yves Hurel, indispensable à cette réussite
Et si un homme est indissociable à cette réussite, c'est Yves Hurel. « C'est un réel homme de cheval » décrit Marie. Le professionnel âgé de 71 ans suscite l'admiration de son apprentie. « C'est quelqu'un qui se dévoue le matin, il ferre ses chevaux lui-même. Il peut descendre quatre fois du sulky pour changer quelque chose sur le cheval, pour faire les choses parfaitement. C'est une chance de travailler avec un Monsieur comme ça ». Grâce à ce travail d’équipe, Marie Darbord se porte actuellement à la quatrième place du classement national de l'Étrier d'Or des apprentis, en espérant terminer l'année sur le podium. « Le principal objectif reste tout de même progresser et gagner des courses, conclut-t-elle. Je ne me mets pas la pression pour ça, ce que je veux, c'est évoluer. »

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