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Actualité - 08.06.2022

Toutes les couleurs de la Mayenne avec Déesse Noire

Elle n'était pas la plus attendue. Déesse Noire a remporté la sixième étape du Grand National du Trot ParisTurf (Gr.3) disputée à Laval ce mercredi. Avec elle, c'est un triomphe des locaux et du "dynamisme mayennais" pour reprendre les mots du maire de Laval lui aussi présent sur l'hippodrome. Car à Laval, peut-être plus qu'ailleurs, toutes les représentations locales sont engagées. Et avec Déesse Noire, c'est aussi l'une des casaques mayennaises les plus illustres et titrées qui s'impose, celle de Bernard Desmontils. Vingt-six ans après Strabo dans la même épreuve.


L'Etape du Grand National du Trot lavalloise occupe une place à part dans le calendrier du circuit. Placée au début juin, elle siffle en quelque sorte la mi-temps du circuit et désigne le leader du printemps. Etape historique du tour de France des trotteurs, elle n'a jamais laissé sa place depuis 1982. Ce sont donc quarante ans de GNT à Laval qui vous (nous) contemplent ce mercredi. Et pour fêter l'événement, les locaux se sont donnés à fond. Le podium est mayennais avec Déesse Noire (Néoh Jiel), Echo de Chanlecy (Quinoa du Gers) et El Greco Bello (Mealnes du Corta). Quatrième, la leader du circuit, Eire d'Hélios (Ni Ho Ped d'Ombrée), a de son côté consolidé son maillot jaune.

Loïc Chaudet, 46 ans au service de Bernard Desmontils
Son nom a apparu dans la colonne des entraîneurs en 2018. Ce mercredi, Loïc Chaudet signe sa 56e victoire et décroche son premier Groupe. Une forme de consécration pour celui qui prépare sa fin de carrière. Mais les chiffres ne veulent pas tout dire. Si Loïc Chaudet a remplacé sur les programmes son employeur Bernard Desmontils, dont la santé ne lui permet plus d'entraîner, il a aussi vécu de l'intérieur toutes les grandes victoires de la casaque verte, toque grise. Le professionnel nous apprend : "C’est évidemment une grande victoire, pour moi et la famille Desmontils. Je suis sûr que Monsieur Desmontils, qui est resté à la maison et ne va presque plus aux courses, a profité de cette victoire devant la télé. Cela fait 46 ans que je travaille pour eux, je n’ai fait qu’une maison. Une telle victoire est d’autant plus géniale. On a gagné tellement de grandes épreuves avec M. Desmontils. Quand vous avez eu des Rêve d’Udon, des Arcadia, Migraine, Ecrin Castelets, Paddy du Buisson, Quecastly et tant d’autres. On a pratiquement tout gagné. J’ai la chance d’aller vers la fin de ma carrière avec encore de grands bonheurs. Comme aujourd’hui ou grâce à une jument comme Hostia qui va courir le Prix de Normandie (Gr.1) dans quelques semaines."


Une victoire du symbole
Il s'agit de la deuxième citation au palmarès de l'étape du GNT de Laval des couleurs vertes toque grise après celle offerte par Strabo (Quioco), vainqueur en 1990. Dans cette victoire mayennaise, avec en arrière fond l'absent Bernard Desmontils (à la santé fragile), c'est aussi une grande association qui resurgit, celle de Pierre-Yves Verva avec la casaque verte qu'il a portée victorieusement dans le Prix de Cornulier (Gr.1) en selle sur Arcadia (Jiosco) en 1996. Loïc Chaudet nous confie : "Avec Pierre-Yves Verva, il y a un côté affectif évidemment. Pour moi, c’est un garçon qui n’est pas assez sollicité. À chaque fois que je lui demande de piloter un de nos chevaux, il le fait à la perfection. La fois précédente avec Déesse Noire à Vincennes, je n’avais personne à dix minutes de la déclaration de partants. Je l’ai appelé et il m’a dit oui immédiatement. C’est normal que pour aujourd’hui je lui ai demandé en premier."
Pour le driver, on parle aussi d'émotion : "C’est un grand moment : gagner à Laval, le GNT, avec ces couleurs qui me sont chères."

Une gagnante qui aurait pu ne plus courir !
Le 7 mai, dans la tête de Loïc Chaudet, Déesse Noire disputait sa dernière course. Il pensait au haras pour elle mais la jument, qui était associée pour la première fois à Pierre-Yves Verva, a trop… bien couru. Explications : "La dernière fois avec Pierre-Yves (Verva), elle avait très bien couru (N.R.L.R. : 6e à Vincennes). Pour tout vous dire, je voulais l’arrêter et la mettre poulinière mais Pierre-Yves m’a convaincu de continuer encore avec elle cette saison. Elle avait fini avec plein de ressources ce jour-là. Je l’ai donc gardée et cette course-là est arrivée dans son programme offrant un engagement exceptionnel. Impossible de ne pas courir à 25 kilomètres de chez soi."

Le haras reporté à 2023
Désormais, hors de question de tenter une entrée aussi tardive au haras et Déesse Noire va continuer sa saison : "On va maintenant attendre pour le haras. Elle serait allée à Viking de Val. Elle pourrait courir maintenant le Trophée Vert de Sablé-sur-Sarthe. Elle est uniquement gauchère. Elle pourrait participer encore au GNT si elle dispose de belles conditions."


Les courses, une part de l'économie rurale et de l'économie de rayonnement
Maire de Laval (alliance divers gauche et écologie), Florian Bercault participait pour la deuxième fois à la remise du trophée du GNT. L'édile nous a commenté : "Une telle course est une fierté mayennaise. Qu’elle soit en plus remportée par un cheval entraînée à Saint-Pierre-La-Cour, pour le président de Laval Agglomération que je suis, c’est un bonheur. Cela montre aussi que la Mayenne est une terre de sport. Entre le Stade Lavallois qui monte en Ligue 2, le cyclisme et les courses hippiques, cela fait de nous une ville très dynamique. Les courses sont une part importante de notre économie avec une dimension particulière en matière de rayonnement touristique par exemple."


TROIS QUESTIONS À YVES DREUX, PRÉSIDENT

Yves Dreux est président de la société des courses lavalloises depuis le début d’année. Installé à quelques kilomètres de l’hippodrome, il connaît par cœur les grands rendez-vous lavallois, qu’il a vécus par dizaines. Pourtant, cette réunion du GNT ParisTurf est bien une première pour lui sous les habits de président.

24H au Trot.- Comment l’un des professionnels les plus titrés de France vit-il cette journée ?
Yves Dreux.- En tant que président, on aborde ce rendez-vous avec une part de crainte. Qu’il n’y ait pas de couacs, que le temps soit de la partie, voilà les souhaits que j'ai faits. Et mon premier constat est que tout se passe bien. La venue de Miss France 2022 (Diane Leyre) est aussi un plus. Elle a détendu l’atmosphère car elle se montre très conviviale et à l’aise dans l’ambiance des courses. Si le plateau est de qualité et le temps de la partie comme aujourd’hui, on a toujours du monde. Et c’est important car on a plus que jamais besoin de monde sur les hippodromes.

L’hippodrome de Laval semble en mutation depuis quelques années avec de plus en plus de manifestations extra hippiques sur le site. Pourquoi et comment ?
On a effectivement élargi notre activité. Dans le secteur hippique d’abord, on a fait des ventes il y a presque un an (avec Osarus Trot) en se disant que la Mayenne pouvait aussi être une place de vente, évitant ainsi à ses professionnels d'emmener leurs chevaux en Normandie. Cette expérience a bien marché avec un très bon cheval qui y a été vendu et a gagné la semaine dernière un Groupe 3 à Vincennes (Jelyson). C’est la meilleure des publicités pour la prochaine vente à venir. L’hippodrome est aussi devenu un site important pour les colloques et séminaires d’entreprises. C’est le fruit du travail de communication du régisseur Freddy Bouton en ce sens. Cela fait connaître l’hippodrome dans d’autres sphères. On va continuer en proposant également le site pour des mariages par exemple. Notre nouvelle salle de réception est superbe et le site coche toutes les cases de l’accueil avec les parkings notamment et un cadre magnifique. Une société comme Laval est un grand et lourd bateau qui ne peut pas changer de route comme cela. Notre chiffre d’affaires annuel est de 800.000 €. Les comptes sont sains mais on sait que les revenus PMU sont de moins en moins élevés. C’est aussi pour cela qu’il faut diversifier nos recettes. Et ce, d’autant plus que l’hippodrome vieillit et aura besoin de rénovations dans les années à venir.

La particularité de Laval et de la région est la présence de la jeunesse aux courses. Un début d’explication ?
On a eu la bonne initiative de mettre en gérance notre réseau de buvettes à V&B. C’est un concept et une marque mayennaise qui marche très bien à laquelle les jeunes adhèrent. Avec sa communication propre, V&B arrive aussi à mobiliser la jeunesse qui vient sur l’hippodrome y compris pour certains après leurs cours ou leur travail. Là encore, c'est un signal que je trouve très positif.

Une société comme Laval est comme un grand bateau.
Yves Dreux

Les déclarations des battus
■ Eric Blot (Echo de Chanlecy, 2e) : "Il n’a pas bénéficié d’un bon parcours en voyageant toujours le nez au vent. Il n’a pourtant pas molli et a bien fini malgré cela. C’est son parcours qui lui coûte la victoire."
■ Anne-Françoise Donati Marcillac (El Greco Bello, 3e) : "Si Epsom d’Herfraie ne nous avait pas mis la pression si tôt, à un tour de l’arrivée, cela aurait changé les choses. S’il était seulement venu 200 mètres plus tard, El Greco Bello aurait pu souffler un peu plus longtemps et dans le final il aurait été plus loin. Il court très bien néanmoins, évidemment."
■ Alexandre Abrivard (Hanna des Molles, disqualifée) : "Je n’ai pas d’explication pour sa faute. Comme la dernière fois, il n’y a pas de raison apparente. Elle me l’a faite sans prévenir."

L'épreuve s'est disputée à un rythme élevé. El Gréco Bello, s'est rapidement chargé de l'animation avant d'être relayé à un tour du but par Epsom d'Herfraie (Rieussec), lequel rentrera dans les rangs lors du final.

La bonne opération pour Eire d'Hélios
En prenant la quatrième place aux termes d'une belle fin de course, Eire d'Hélios (Ni Ho Ped d'Ombrée) conforte un peu plus son maillot jaune. Elle possède dorénavant neuf points d'avance sur sa première dauphine Freyja du Pont (Quinoa du Gers) avec 35 points contre 26.


© ScoopDyga
1ère | GRAND NATIONAL DU TROT PARISTURF
Att - 2850 m - Groupe 3 - 90 000 €
DEESSE NOIRE 1'13"3
Neoh Jiel x Obelie (Ecrin Castelets)
Driver : P. Y. Verva - Entraîneur : L. Chaudet
Propriétaire : B. Desmontils - Eleveur : B. Desmontils
2e Echo de Chanlecy 1'12"7 Quinoa du Gers x Nina d'Urzy
3e El Greco Bello 1'13"4 Meaulnes du Corta x Olympe d'Or
4e : Eire d'Helios - 5e : Fragonard Delo - 6e : Freyja du Pont - 7e : Effigie Royale

D'où vient-elle ?

Déesse Noire is the first of five offspring of her dam Obélie (Ecrin Castelets) who was a super competitor, winning 13 races and taking over €227,000 in earnings. Between them they represent the best of their branch. Obélie's other winner is Isériane (Goetmals Wood). The first two dams of Déesse Noire (Obélie and Grande Sultane) bear the Desmontils breeding signature, as does Déesse Noire herself. The sires of the dams are Ecrin Castelets and Rêve d'Udon, two champions signed again by Bernard Desmontils.

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