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Actualité - 21.06.2022

Dans le Président de la République, c'est l'élevage en toile de fond

Compétition phare du programme français, depuis des lustres, le Prix du Président de la République sera l’un des points forts de la grande réunion de dimanche, à Vincennes. Il fête, cet été, ses 125 ans d’existence et un palmarès sans guère de faille, au long de toutes ces années, avec la reproduction et l’élevage en toile de fond.

La création du Prix du Président de la République remonte au dix-neuvième siècle, à l’année 1897, pour être précis, mais il s’agissait alors d’une course où s’affrontaient les 3 ans et les 4 ans. En vérité, il revêt sa forme actuelle depuis 1924, n’y ayant pas dérogé depuis, sauf à changer de nom, pendant l’Occupation, sous le régime de Vichy, où il devint, pour un temps, le Prix de France, avant de retrouver son appellation originelle au sortir de la guerre.
Epreuve de sélection par excellence, au prestige séculaire, le Prix du Président de la République s’est logiquement révélé un vivier de reproducteurs, dans les rangs des mâles comme dans ceux des femelles. Aussi son palmarès est-il ponctué, depuis les origines, de quelques-uns des plus grands noms du Stud-Book, d’un côté étalons améliorateurs, de l’autre poulinières majeures. L'ultime démonstration est apportée par Migraine (Alligator), lauréate en 2004, devenue la mère d'Etonnant (Timoko).

Dans un passé récent, la palme à un dauphin : Booster Winner
Il est encore tôt, bien sûr, pour juger, à la reproduction, les dix derniers gagnants en date du "Président". Parmi eux, les femelles sont largement majoritaires, puisqu’au nombre de huit, de Valse Darling (2013) à Hirondelle du Rib (2021), en passant par Atlessima (2014), Chancelière Citrus (2016), Draft Life (2017), Elladora de Forgan (2018), Flèche Bourbon (2019) et Gladys des Plaines (2020). Valse Darling n’est pas, présentement, mère de gagnant, tandis qu’Atlessima a donné, pour l’heure, deux modestes vainqueurs, mais toutes deux n’ont évidemment pas dit leur dernier mot, restant dans la force de l’âge en tant que poulinières. Quant à Chancelière Citrus, son premier produit, Juan Pedro, par Ready Cash, reste à qualifier. Les cinq autres sont soit encore en mode compétition, telles Gladys des Plaines et Hirondelle du Rib, soit n’ont pas encore de produit en âge de courir, telles Draft Life, qui a une pouliche yearling par Face Time Bourbon, Elladora de Forgan, qui a une fille du même âge par Ready Cash, et Flèche Bourbon.
On a plus de latitude pour mesurer la réussite d’étalon, même potentielle, des deux seuls mâles ayant gagné la course au cours de la période. Utoky, le vainqueur de 2012, ne semble pas spécialement tirer son épingle du jeu, ses premiers produits, les "F", ayant déjà 7 ans et l’ensemble de sa progéniture ne sortant pas de l’ordinaire. Il en va autrement de Bilibili, gagnant en 2015 et qui, au sein de trois générations en âge de courir, des "H" aux "J", compte une lauréate semi-classique, Hégate Love (Prix René Palyart), et une placée de Groupe, I Wanna Be Queen. Mais, en la matière, son dauphin dans la grande course, Booster Winner, le surpasse largement, se recommandant de deux vainqueurs de Groupe 1, Hastronaute (Critérium des 4 Ans) et Ibra du Loisir (Prix d’Essai), ainsi que de l’excellent Hooker Berry, qui a dû, jusque-là, se contenter de cinq victoires de Groupe 2, mais qui a, assurément, la valeur d’un Groupe 1, niveau auquel il s’est d’ailleurs déjà placé à sept reprises.

Un historique vivier de reproducteurs
Au sein de ces grands noms du Stud-Book, on citera ainsi, dans l’ordre chronologique, les Dapile (1929), Gaël (1932), Quinio (1942), Reine Charmeuse (1943), Sa Bourbonnaise (1944), Atus II (1948), Fandango (1953), Karolyne (1958), Quérido II (1964), Seddouk (1966), Champenoise (1972), Gazon (1976), Istraéki (1978), Le Loir (1981), Podosis (1985), Rêve d’Udon (1987), Vivier de Montfort (1991), Blue Dream (1993), Migraine (2004) et autres Scipion du Goutier (2010).
Historiquement, pour approfondir, çà et là, la liste à l’instant déroulée, Gaël est le grand-père paternel, via son fils, Abner, du phénomène Jamin ; Quinio est l’auteur du chef de race Kerjacques ; Atus II est le père de l’exceptionnelle Roquépine, elle-même petite-fille de Sa Bourbonnaise, qui participe, elle aussi, du palmarès "présidentiel" ; Fandango fut le très grand étalon que l’on sait ; Champenoise est la matrone de l’élevage Dreux ; Le Loir a donné le crack Ténor de Baune et Rêve d’Udon, au premier chef, le double vainqueur du Prix d’Amérique, Offshore Dream. L’actualité, c’est, évidemment, Migraine qui la fait, en tant que mère d’Etonnant, lequel se plaça, du reste, dans le Président – cinquième d’Elladora de Forgan, en 2018 –, avant de s’affirmer le champion attelé d’aujourd’hui. C’est également Scipion du Goutier, étalon particulièrement en vue, père de deux femelles d’exception en Bahia Quesnot et Erminig d’Oliverie.













© ScoopDyga
Bilibili domine Booster Winner dans l'édition 2015 du Prix du Président de la République. Comme étalon, le deuxième surpasse à ce jour le premier.
Etonnant et Diable de Vauvert à l'honneur dimanche
Une séquence video rendra hommage à Etonnant (Timoko) et Diable de Vauvert (Prince d'Espace) dimanche à Vincennes. Les deux champions qui s'expliqueront sur la piste dans le Prix René Ballière (Gr.1) verront leurs récents exploits suédois mis en lumière par LeTROT. Ils seront salués comme deux grands ambassadeurs du triomphe du Trotteur Français à l'étranger avec l'Elitloppet (Gr.1) à l'actif d'Etonnant et le Harper Hanovers (Gr.1) pour le compte de Diable de Vauvert. Les deux sont par ailleurs (lire par ailleurs dans cet article) les fils de deux protagonistes du Prix du Président de la République. Migraine (Alligator), la mère d'Etonnant, s'est imposée en 2004 et Pop Star (First de Retz), celle de Diable de Vauvert, s'est classée troisième en 2007.


L’influence des gagnants, mais aussi des placés
Sans être des reproductrices de tout premier plan, Quita d’Eronville, gagnante en 2008, Nina Madrik, lauréate en 2005, et Holly du Locton, héroïne de l’édition 1999, se sont muées en des mères de talent, génitrices, pour la première, de Fantaisie (vingt victoires, dont le Prix du Calvados 2022), pour la deuxième, de la classique montée A Nous Deux (quatre fois sur la première marche du podium dans des Groupes 2 et placée du Prix des Elites) et, pour la troisième, de l’éclectique semi-classique et étalon Captain Sparrow (vainqueur des Groupes 2 Prix Louis Forcinal et Grand Prix de la Ville de Waregem).
Plusieurs des placés du Président attirent pareillement l’attention au haras. Parmi les mâles, outre Booster Winner (N.D.L.R. : voir notre encadré sur le passé récent de la course), on s’arrêtera sur Gazouillis, deuxième de son grand rival, Gai Brillant, en 1998, avant de prendre sa revanche sur ce dernier, à la reproduction, où il a joué un rôle influent et améliorateur, assurant la pérennité, jusqu’à nos jours, de la lignée mâle de Fandango, par ailleurs affaiblie. Parmi les femelles, on est interpellé par les troisièmes places, successives, de Pop Star, en 2007 (1-Paddy du Buisson, 2-Prince de Montfort), et de Quelle Copine, en 2008 (1-Quita d’Eronville, 2-Quokine Berry). Pop Star n’est autre, en effet, que la mère de Diable de Vauvert, tenant du titre dans le Prix de Paris (Gr.1) et l’un des héros français du meeting de Solvalla, le mois dernier, alors que Quelle Copine a engendré un lauréat classique en Discours Joyeux, vainqueur du Prix de Sélection (Gr.1).




Bis repetita
Au cours du dernier demi-siècle, deux vainqueurs du Prix du Président de la République ont, à leur tour, engendré un lauréat de la course. Il s’agit, chronologiquement, de Gazon, à l’honneur dans l’édition 1976, devenu le père de Queila Gédé, qui s’est imposée dix ans plus tard, en 1986, et de Podosis, le gagnant de 1985, auteur de Gai Brillant, vainqueur en 1998. Il va de soi que Queila Gédé et Gai Brillant ne sont pas "que" des lauréats de "Président", la jument ayant également remporté les Prix d’Amérique et de Cornulier – excusez du peu ! – et le cheval s’étant aussi octroyé le Saint-Léger des Trotteurs, le Prix d’Essai, le Prix de Vincennes, le Prix des Centaures et le Prix des Elites.
Durant les mêmes cinquante dernières années, deux étalons ont produit, chacun, trois gagnants du Prix du Président de la République. Le premier est le chef de race Chambon P, géniteur de Jeune Orange, la "Présidente" de 1978, Le Loir, le lauréat de 1981, et Narbon, celui de 1983. Le second est Cygnus d’Odyssée, auteur d’Idéal de l’Iton, Jardy et Utoky, gagnants, respectivement, en 2000, 2001 et 2012.


Pop Star (au premier plan) a conclu 3e du Président de la République 2007

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