En bref - 25.06.2022

Indigo du Poret privé de Prix du Président de la République : une affaire bien embarrassante

Vendredi en fin de journée, Indigo du Poret (Dollar Macker) a été déclaré publiquement non partant dans le Prix du Président de la République (G.1) par son entraîneur. Le cheval n'est pas blessé ou victime d'un problème de santé mais il ne peut courir en raison de l'application d'une décision judiciaire le touchant, consécutive à la saisie par la Justice de son livret signalétique. Et tout ceci s'inscrit dans le cadre de l'affaire judiciaire lancée le mardi 22 mars dans le milieu des courses, dans laquelle sont mis en examen Yannick-Alain Briand et sa compagne Sophie Blanchetière, le premier étant alors l'entraîneur d'Indigo du Poret. Depuis le représentant de José Davet est passé sous la responsabilité de Stéphane Cingland. Comment est-ce possible alors qu'Indigo du Poret ait remporté il y a trois semaines le Prix Lavater (Gr.2), sans son livret signalétique ?
D'abord les faits. Stéphane Cingland reçoit un appel de LeTROT vendredi à 11h50 pour évoquer la situation administrative d'Indigo du Poret et le fait que l'entraîneur ne soit toujours pas en possession du livret signalétique.
Oui mais alors comment a-t-il pu courir et remporter le Prix Lavater (Gr.2) le 3 juin ? Stéphane Cingland reconnaît ne pas posséder le livret signalétique du cheval. Pour courir, il s'était fait produire une attestation certifiant ses dernières vaccinations. Une clause effectivement prévue par le code du trot (contrairement au galop) en cas de circonstances exceptionnelles comme l'oubli du livret un jour de course donnant une souplesse dans le cas d'un oubli. C'est l'absence du livret, notamment lors du contrôle de médication d'avant-course, dans le cadre d'un Groupe 1, qui a, selon notre compréhension du dossier, relancé l'interrogation. D'après nos informations, la justice s'est elle étonnée de l'hypothèse de voir courir un cheval dont le livret a été saisi, se basant sur le code du galop. Or, au trot, une tolérance est faite en cas d'oubli du livret. Dans ce cas précis, il n'y a pas oubli par inadvertance ou étourderie ou incident : résultat, Indigo du Poret (retour sur "l'affaire Briand"), la décision tombe, le cheval est déclaré non-partant.

De l'incompréhension à tous les étages

Comment en arriver à cette découverte la veille d'un Groupe 1 médiatisé (et qui aurait pu être le Quinté+ dominical) ? On ne peut ici que constater une succession de dysfonctionnements à la fois collectifs et individuels que nous exprimerons sous forme de questions.
■ Comment la Justice n'a t-elle pu notifier à LeTROT la liste des chevaux (carnets signalétiques) saisis dans le cadre de l'instruction de l'affaire en cours (sans présager de la la conclusion des ces instructions) ?
■ Comment LeTROT pouvait empêcher de déclarer partant sans information officielle par ailleurs (voir question 1) ?
■ Comment l'entourage du cheval (entraîneur, propriétaire) a t-il pu engager et faire courir un cheval sans en posséder le document d'identification ? Le recours à la procédure dérogatoire de la déclaration vétérinaire (provisoire et temporaire) n'étant pas évidemment faite pour remplacer un livret signalétique dont ils sont dépossédés ?
C'est bien une succession d'anomalies qui entraîne la découverte du "pot aux roses" l'avant-veille d'un Groupe 1, nourrissant dès lors la machine à ruminer contre les courses.
C'est bien la confiance qui est en faillite dans ce système. Chacun a pu penser, à tort, que le cas était réglé par son voisin. Sans notification de la Justice, LeTROT ne pouvait rien faire. Sans interrogation de quiconque, l'entourage d'Indigo du Poret a tenté sa chance de courir. La confiance en l'accord de l'autre partie, en l'occurrence en la non expression de son désaccord, suffit à laisser les choses s'organiser comme si de rien n'était.
Nous-mêmes, observateurs des courses, sommes restés cantonnés dans cette confiance, devenue comme coupable. En voyant Indigo du Poret au départ du Prix Lavater, après une première réaction d'incrédulité (comment le peut-il dans le cadre d'une instruction ?), la réponse s'est imposée d'elle-même : "Tout est réglé. La Justice, LeTROT et l'entourage se sont parlés et rien ne s'oppose à ce qu'il coure." En fait, rien n'était réglé.

Et maintenant ?

On se serait clairement passé de ce nouvel épisode dans ce que nous avions appelé "l'affaire du 22 mars". Il illustre une nouvelle fois que la justice et les courses ont du mal à se comprendre. On a la preuve par l'exemple que la notion de saisie d'un cheval n'est ni claire ni explicite. Que peut-on faire d'un cheval saisi ou dont le livret a été saisi ? Peut-on même l'entraîner ? Qui peut s'en occuper ? Faudra-t-il resserrer les règles, comme celle de la dispense de document d'identification, pour éviter les interprétations ? Bref, c'est un chantier qui doit s'ouvrir.

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