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Actualité - 10.07.2022

François et Laurence Bouelle : le brillant sceau du Pays de Caux

L’élevage cauchois, basé dans le département de la Seine-Maritime, à Ouainville, entre Fécamp et Dieppe, de François et Laurence Bouelle connaît actuellement une belle réussite avec ses jeunes ressortissants, tous siglés "Caux". L’élevage n’en est pas à son coup d’essai évidemment. Kool du Caux 1’09’’, qui détint le record général de Vincennes, en 1’09’’8, près de quinze années durant – Face Time Bourbon l’en dépossédant –, et inscrivit à son palmarès les Prix de France et René Ballière, ainsi que deux autres Groupes 1 à l’étranger, tout en se plaçant deux fois dans le Prix d’Amérique – deuxième en 2007 puis quatrième en 2008 –, en demeure le chef-d’œuvre. Il n’en a pas moins été favorablement relayé depuis lors.

En prélude à Kool du Caux (Bijou du Bignon), il y a eu Calypso du Caux 1’14’’ (Nulcimo), lauréate du semi-classique sous la selle Prix Céneri Forcinal (Groupe 2), et Hélium du Caux 1’14’’ m. (Thourout), hongre aux dix-neuf succès et aux 300.000 euros de gains. Et en prolongement à Kool du Caux, dont les gains dépassèrent 1,5 million d’euros avant les années 2021, on pointe Trèskool du Caux 1’11’’ (Kool du Caux), sextuple vainqueur de Groupe 2 ou de Groupe 3 et double placé classique, en tant que deuxième du Critérium des 4 Ans (Groupe 1) et troisième du Prix de l’Etoile (Groupe 1). Il y a aussi l’éclectique Vicomte Boufarcaux 1’10’’ (Oh James), semi-classique sous la selle et deux fois gagnant de Groupe 3 à l’attelage.

En hommage à Jacques Villetorte
Ce coup de projecteur sur François et Laurence Bouelle nous donne l’occasion de rendre hommage à Jacques Villetorte, disparu il y a quelques jours, qui fut un fidèle de l’élevage cauchois. C’est sous ses couleurs que s’illustra Kool du Caux, en prélude à Trèskool du Caux, Vicomte Boufarcaux et autres. Sa réussite du premier jour avec "Kool" incita, en effet, Jacques Villetorte à retourner, avec raison, vers ceux qui avaient fait naître et élevé le champion. Il en fut récompensé, vérifiant l’adage selon lequel on ne change pas une équipe qui gagne.


Il faut encore ajouter que le Haras du Caux est aussi le berceau, pour le compte de la famille Dauphin, de l’exceptionnelle Billie de Montfort 1’09’’ (Jasmin de Flore). La championne a d'ailleurs réintégré le haras ce printemps, au terme de sa carrière, pour entamer sa deuxième vie, celle dédiée à la reproduction.

Une nouvelle vague de succès du Caux
La forme récente de l’élevage, annonciatrice d’un manifeste renouveau, mentionne les victoires d’Impact du Caux 1’17’’ m. (Very Nice Marceaux), Jack du Caux 1’16’’ (Vicomte Boufarcaux) ou encore Jéronimo du Caux 1’17’’ (Uriel Speed). Au total, grâce à ses 3 et 4 ans, l'élevage est à la tête de sept victoires depuis le début de l'année.

"Billie de Montfort, revenue chez nous au printemps, a été testée pleine de Bold Eagle." - François Bouelle

24H au Trot.- François Bouelle, présentez-nous votre structure, valorisée de concert avec votre épouse.
François Bouelle.- Nous exploitons quelque deux cents hectares, les deux tiers d’entre eux étant dédiés à la culture. Nous avons donc environ soixante hectares d’herbages, pour une dizaine de juments et leurs produits, que, tour à tour, nous conservons, louons ou vendons. Il fut un temps où nous avions nombre de poulinières en pension. Nous avons, délibérément, réduit la voilure et ne veillons plus maintenant que sur celles de Philippe Dauphin, à savoir Quismy de Montfort, présentement pleine d’Ever Pride, et sa fille, Billie de Montfort, revenue chez nous au printemps et qui vient d’être testée pleine de Bold Eagle. Non seulement nous élevons, mais nous débourrons nos chevaux chez nous, ayant les infrastructures adéquates. De la sorte, tout est assuré sur place, de A à Z, d’autant que nous avons aussi des étalons, officiant en monte naturelle. Actuellement, il s’agit de deux élèves maison, Trèskool du Caux et Vicomte Boufarcaux.

Comment êtes-vous venu aux chevaux, de trot en particulier ?
Je suis fils de cultivateurs, mais mes parents n’avaient pas de chevaux. Avec Laurence, nous sommes les premiers à en avoir. Ce furent d’abord des chevaux de selle. Et puis, un jour, nous avons acheté une jument trotteuse de réforme, Sadraner, une fille de Tivaso P, que nous avons pu qualifier, à 4 ans, mais qui n’a rien fait en course. Elle n’était pas très bonne et avait un problème de passage. Qu’à cela ne tienne, nous l’avons fait saillir, par Nulcimo, un étalon du voisinage, et cela a donné Calypso du Caux, le premier produit trotteur né à la maison, qui allait nous offrir notre première victoire semi-classique. Les choses commençaient plutôt bien et cela nous a donné envie de continuer !


Jacques Villetorte et François Bouelle, en 2013, après un succès de Trèskool du Caux.

"J’aime bien les chevaux de caractère, "près du sang" ; à mes yeux, c’est un gage de qualité." - François Bouelle


Kool du Caux n’allait pas tarder à prendre le relais…
Oui. Celui-là, c’était un champion ! Mais, dans les premiers temps, il n’était pas facile, à l’image de sa mère, Vénus de la Bonde. Ce sont des chevaux "près du sang", avec du caractère. J’aime bien ces chevaux-là ; à mes yeux, c’est un gage de qualité. Au débourrage, Kool m’a donné beaucoup de mal. Pendant des mois, il a tapé dans la brouette et il a fallu se montrer très patient avec lui. Je faisais de longues promenades sur la route pour le calmer et l’habituer. Il a fini par s’y faire et a pu, ensuite, exprimer tout son potentiel. Il était pétri de classe et de vitesse. Il faut dire que j’avais spécialement recherché cela au travers du croisement choisi. Vénus de la Bonde était une fille de James Pile, un descendant de l’américain clandestin Calumet Delco. Il y avait déjà, en elle, de la vitesse. Or, j’ai voulu enfoncer le clou en choisissant un étalon à l’avenant. Rainbow Runner avait été un cheval très rapide, fils de Fakir du Vivier. Mort jeune, il n’avait guère de continuateurs. Bijou du Bignon était l’un des rares et il avait manifesté la même vélocité que son père, d’où mon choix. Or, je ne me suis pas tellement trompé, car Kool du Caux a tout de même détenu le record général de Vincennes pendant près de quinze ans ! Sans avoir même, soit dit au passage, une once de "jeune" sang américain…

"Nous n’allons plus guère aux étalons de grand renom, car nous n’avons pas été chanceux avec eux." - François Bouelle

Quid de l’avenir ?
Nous avons des 3 ans qui donnent des promesses, chez Alain Laurent, celui-là même qui avait Calypso du Caux et avec lequel nous continuons de travailler. Il est patient avec les chevaux et très professionnel. C’est une chance de bénéficier de son concours, comme de celui de Loïc Lerenard, dans le Centre, avec lequel nous oeuvrons également. Très prochainement, deux de nos élèves de 2 ans vont aller aux qualifications, Kalypso du Caux, une fille d’Espoir Wic, aux soins de Vincent Seguin, pour le compte de l’Ecurie Foiret, et King du Caux, un fils de Vicomte Boufarcaux, que nous avons chez Loïc Lerenard ; l’un devrait être vu à Caen ; l’autre à Feurs.

Le mot de la fin ?
Il sera pour dire que nous n’allons plus guère aux étalons de grand renom, car nous n’avons pas été chanceux avec eux. Pour Vénus de la Bonde, la mère de Kool du Caux et Hélium du Caux, nous avions pris une saillie de Coktail Jet. Nous en avons obtenu une femelle, Sunlight du Caux, qui n’était pas bonne, et, jusqu’à maintenant, n’a pas bien produit. Nous pourrions citer d’autres cas similaires. Aussi, nous n’avons pas poursuivi dans cette voie,

Laurence et François Bouelle, à gauche derrière Fabrice Souloy, avec Trèskool du Caux.

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