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Actualité - 28.07.2022

Philippe Masschaele : "La jeune génération belge est talentueuse"

Son nom se fait plus rare sur les programmes français. Pour certains, c’est un monstre sacré des courses. Le Belge Philippe Masschaele a été à la fois le précurseur et le modèle de la monte dite en avant. La monte qui est dorénavant devenue la vraie monte classique et surtout celle de toutes et tous sur une selle dans le trot du XXIe siècle. Le professionnel de 53 ans passe cette période de l’année à Biarritz où il s’est imposé deux fois en quelques jours. Son compteur général dépasse désormais les 2.000 victoires. À trois jours du Grand Prix de Wallonie (Gr.1) qui met la Belgique du trot sur le toit européen, rencontre avec l'un de ses plus fameux ambassadeurs.

La Belgique a l’âme trotteuse. Elle a donné au vieux continent des professionnels qui ont marqué l’histoire du trot dans son ensemble. Jos Verbeeck en a été la figure de proue dans les années 1990 et au début des années 2000. Avant lui, Gilbert Martens avait fait exploser les compteurs pour afficher un peu moins de 10.000 victoires en fin de carrière. Ses fils Vincent et Christophe poursuivent son œuvre. Et puis, il y a Philippe Masschaele, l’homme qui a fait entrer le trot monté dans une autre époque au tout début des années 2000. 2.000 (victoires), c’est justement le nombre que met en lumière la société des courses Biarritz après un succès de Philippe Masschaele le 21 juillet.

Repères sur Philippe Masschale
■ 53 ans
■ 1.238 victoires en France / plus de 760 en Belgique
■ en France : 904 victoires au monté / 334 à l’attelé
■ 8 titres de Groupe 1 :
Jenko (Prix des Elites 2000), Kedelis (Prix d’Essai 2001), Léda d’Occagnes (Prix d’Essai 2002), Kérido du Donjon (Prix du Président de la République 2002), Nobilis Jiel (Prix d’Essai 2004), Miss Castelle (Prix des Elites 2004), Lazio du Bourg (Prix de Normandie 2004), Nomade du Digeon (Prix de Normandie 2006) / Il faut aussi ajouter deux Prix de l’Île-de-France sous le label Groupe 2 de l’époque avec Revenue (2003) et Hot Tub (2008)


2.000 victoires pour un décompte de 1.237 succès en France et 763 en Belgique. On sait qu’il faut manier ces chiffres avec précaution (relire sur ce sujet nos investigations sur le tableau de marque de Michel Lenoir par ce LIEN) car la gestion des données n’est pas forcément totale sur une période qui remonte au milieu des années 1980. Qu’importe, le symbole est là.

Joint au téléphone en début de semaine, Philippe Masschaele préparait déjà ses valises pour rejoindre sa Belgique natale. Arrivé depuis le début du mois de juillet, cela fait plusieurs années que le belge est un fidèle du meeting de Biarritz.

24H au Trot. – Comment allez-vous d’abord et comment se passe votre meeting de Biarritz ?
Philippe Masschaele.- Ce sont mes vacances ! J’aime ce meeting. Il y règne une joie de vivre, il y a toujours une ambiance festive. Je suis heureux d’avoir atteint le cap des 2.000 victoires sur cet hippodrome. Nous avons pu le fêter comme il se doit.

Ce score est impressionnant avec un partage de 60 % pour la France et 40 % pour la Belgique. Vous avez toujours été présent dans les deux pays ?
J’ai fait mon apprentissage chez Roger Ledoyen à l’époque de Podosis et Patrick Chéradame. J’y ai passé trois belles années jusqu'en 1986. Malheureusement, la vie a fait que j’ai dû repartir en Belgique seconder ma maman qui était devenue veuve. J’ai gagné mes 35 courses pendant ces quelques années. Rik Depuydt m’a alors fait travailler et m’a emmené courir en France. Jos Verbeeck est celui qui m’a pris sous son aile et présenté les bonnes personnes pour me propulser. Il était l’un des meilleurs drivers en France à cette époque et les différentes rencontres m’ont permis de me constituer une belle clientèle. J’ai connu des années fastes où je ne comptais pas les kilomètres. Les victoires s’enchaînaient au monté. C’était également une période où les courses belges commençaient à être en difficultés. Les gains récoltés en France nous ont permis de mieux nous installer avec ma maman.

Au sein de votre extraordinaire palmarès, pouvez-vous nous extraire une victoire ou un moment particulier ?
Le 3 mars 1992, sur l’hippodrome de Sterrebeek, dans le Grand Prix des Flandres. C’est un moment qui est resté gravé dans ma mémoire. Nous nous étions imposés avec Tyrol Williams qui dépendait de l’entraînement de Rik Depuydt devant une foule immense. C’était un moment magique. Le photographe n’était pas en mesure d’avoir tout le monde dans son cadre, je n’avais jamais vu autant de personnes vouloir poser sur la photo. Nous devions être plus de 300. C’était énorme, avec une ambiance de stade lors d’une finale de foot. Pour moi, c’était aussi l’époque dorée des courses en Belgique.


La photo témoin des 2.000 victoires de Philippe Masschaele à Biarritz

© Facebook Biarritz
Où êtes-vous installé ? De quelles infrastructures disposez-vous ?
L’écurie familiale est située dans le village d’Avennes à environ une heure de Mons en direction de l’Allemagne. Nous avons sur la ferme une activité culture, avec des céréales et des pommes de terre pour les frites (rires) et, bien sûr, le coté entraînement avec une structure de 30 boxes, une ligne droite et une petite piste. Le tout s’étend sur environ 40 hectares. Lors des travaux sérieux de nos pensionnaires, deux fois par semaine, nous nous rendons sur l’hippodrome de Tongres à environ 30 minutes de la maison. Nous faisons vivre notre entreprise comme cela depuis quelques années avec nos propriétaires fidèles.

Le nom de Philippe Masschaele n’apparaît pas au palmarès du Grand Prix de Wallonie. Est-ce un regret de votre part ?
Oui et non. À ma "belle époque", j’étais vraiment catalogué jockey. Cela me plaisait et je n’ai jamais cherché à driver plus régulièrement à cette période-là. Aujourd’hui, on se rend compte que les cracks jockeys font également partie du top des drivers. J’aurais donc peut-être dû plus m’investir à l’attelé. Les choses ont évidemment changé avec l’âge et, depuis plusieurs saisons, je ne me produis plus au monté mais uniquement à l’attelé. Mais pour revenir au Grand Prix de Wallonie, nous n’avons pas un cheval de valeur suffisante dans notre écurie pour y participer.

Comment vont les courses en Belgique ? Qu’en diriez-vous aujourd’hui ?
Ce n’est pas facile. Heureusement qu’il y a les courses PMU pour ramener du chiffre (d’affaires). Les Grand Prix sont bien dotés mais, dès que vous êtes dans une catégorie moindre, les allocations s’effondrent. Pour vous donner un exemple, un Prix de série à Mons a une allocation moyenne de 1.000 € au premier et ; à Tongres, cela chute à 288 €, toujours pour le gagnant. Ce n’est pas facile car le coût de l’entretien du cheval reste le même. Heureusement, nous pouvons compter sur des propriétaires fidèles et qui connaissent le métier.

Comment vous projetez-vous. Quel avenir imaginez-vous pour le trot en Belgique ?
Je reste confiant. Nous avons un homme comme Achille Cassart qui fait un boulot remarquable avec son équipe pour les courses belges. La jeune génération est talentueuse. Nous avons des professionnels comme Hanna Huygens et Jules Van Den Putte Jr que l’on ne présente plus. Il y a des plus jeunes encore comme Pavel Tamsin, qui a fait son apprentissage en France et qui s’affirme de plus en plus, à l’instar de Marc Moes. Le talent est présent dans les rangs des professionnels belges. Ils n’hésitent plus à investir dans les chevaux français et sont régulièrement au départ des courses françaises. Ce qui pourrait freiner les jeunes dans leurs installations, ce sont les tarifs des terres dans notre pays. Les prix ont flambé depuis plusieurs années et il est très compliqué de trouver un terrain abordable pour s’installer. Pour certains, s'il n’y a pas déjà des installations familiales, la tâche paraît très délicate. Alors certains investissent en France, à l’image de Gert Sucaet qui a acheté à quelques kilomètres de l’hippodrome de La Capelle où les terres restent à un tarif correct. Ce que je constate, c’est qu’en France ou en Belgique les professionnels belges montrent qu’ils sont capables de relever bien des défis.

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