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Actualité - 28.10.2020

Les émojis désormais obligatoires à la déclaration des partants

Depuis hier lundi, les entraîneurs voulant valider la participation de leur(s) pensionnaire(s) au départ d'une course du meeting d'hiver 2020-2021 sont dans l'obligation de déclarer leur niveau de confiance en répondant à la question : combien de paramètres sont réunis pour envisager la victoire ? La réponse prend la forme et la couleur d'un émoji, une nouvelle information pour les parieurs.

Ce fut l'une des annonces des Assises du Trot le 1er juillet dernier et une des premières à se concrétiser, le projet d'ouverture des Prix d'Amérique et de Cornulier aux hongres ayant été retoqué par le Comité de septembre. L'impact est certes moins fondamental mais cette arrivée des émojis dans l'univers du trot est révélateur d'une ambition : les professionnels doivent jouer le jeu de la communication à l'égard des parieurs s'ils veulent voir les enjeux progresser et donc les ressources de la filière augmenter.
Annoncer la couleur (voir le code ci-dessus) générera-t-il de chiffre d'affaires nouveau ou supplémentaire ? Clairement oui, nous rétorque-t-on dans les instances du trot, prenant pour exemples les totaux d'enjeux sur les courses pour lesquelles Jean-Michel Bazire a déclaré ses ambitions dans les colonnes de Paris-Turf (il y tient une rubrique hebdomadaire).

Tout est en fait parti de ce constat comme nous l'avait rappelé au cours de l'été Pierre Belloche, élu et membre du Conseil d'Administration du Trot. Et de préciser le contexte : "En cherchant à amener de l’info supplémentaire aux joueurs, on se modernise. C’est aussi les respecter et apporter de la transparence".
Autre argument récemment exposé : le parallèle avec un système équivalent proposé par la Française des Jeux et ayant semble-t-il rencontré du succès. Toujours Pierre Belloche sur Twitter où un débat argumenté et constructif (c'est tellement rare que ça mérite d'être souligné) s'est mis en place ces dernières heures : "Avec le loto-emojis la FDJ a réussi à partir à la conquête des jeunes. Cette version 1.0 est une nouvelle expérience et elle est amenée à évoluer ".

Dans les faits, la première réunion du meeting d'hiver 2020-2021 donne les résultats suivants :

106 partants
15 vert
65 orange
26 rouge

Soit un équilibre a priori cohérent de 14% / 61% / 25% entre les trois rangs de confiance. Deux cas à part dans la réunion : le Prix de Bellerive où cinq des sept partants sont en vert (pour aucun rouge) et à l'opposé le Prix du Dorat qui n'a réuni aucun vert pour neuf orange et deux rouge.

Justement, les professionnels vont-ils opter majoritairement pour la prudence en privilégiant principalement l'émoji orange ? C'est possible et sûrement le potentiel point faible du système. Déjà très sollicités par les différents médias (dont c'est d'ailleurs le métier) pour commenter les engagements de leurs chevaux, les entraîneurs sont donc à présent exposés de façon systématique sur leurs partants de Vincennes. Une contrainte pour certains qui peuvent être tentés de la contourner par une facilité. Guillaume Gillot, qui n'est pas le dernier à s'exprimer, a ainsi expliqué lundi sur les réseaux sociaux qu'il mettra toujours vert sauf quand ça "sera rouge, ce sera vraiment rouge" et d'expliquer : "Le problème majeur à mon sens est que les émojis sont mal utilisés par les entraîneurs. On ne demande pas à l'entraîneur de faire le papier et encore moins un pronostic ! On demande si tout est ok pour que le cheval fasse sa valeur".
Entre sincérité, excès de prudence ou au contraire confiance permanente, c'est finalement le thème du décodage de l'information qui est ici au cœur du sujet. Pour un smiley comme pour une interview ou un signe. Rappelez-vous de ces turfistes classiques qui interprétaient le port du costume et de la cravate comme signe de l'ambition d'être aujourd'hui sur la photo aux balances... Une sorte d'émoji, d'un autre temps.

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