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Actualité - 15.08.2022

Gilles Ribot prêt à passer le témoin

Depuis plus de quinze ans, Gilles Ribot est le chef d’orchestre des hippodromes de Caen et Cabourg. L’homme quittera ses fonctions le 1er octobre prochain dans le cadre de sa retraite et passera le témoin à Rose-Marie Vigorito-Somson. Aux termes d’un si long mandat, il laissera forcément son empreinte. Cet été, il a, une dernière fois, la charge des Estivales de Cabourg. C'est le moment de tourner avec lui l'album des souvenirs et d’évoquer les changements notables sur ses deux hippodromes.

Son curriculum vitae mentionne "cinquante ans passés au service des courses hippiques". Voilà une carrière peu banale qui se ponctue par un jubilé. Gilles Ribot est le chef d’établissement des hippodromes de Caen et Cabourg pour quelques semaines encore. Le 1er octobre, il passera la main à Rose-Marie Vigorito-Somson, qui quitte le vaisseau amiral de LeTROT, dans sa qualité de régisseur adjoint de Vincennes, pour prendre les commandes des deux sites normands. Plus qu’une page qui se tourne, c’est un chapitre qui se ferme avec le départ de Gilles Ribot avant l’ouverture du prochain.

Cabourg :
23 réunions programmées de janvier à octobre 2022 (toutes Premium)
Caen :
18 réunions programmées de janvier à octobre 2022 (14 Premium)

24H au Trot.- Dans quel état d'esprit êtes-vous lors de ce dernier été à Cabourg, avec ses Estivales, et à quelques semaines de votre départ ?

Gilles Ribot.- Je ressens un mélange de plusieurs sentiments. Il y d'abord déjà une forme de nostalgie. Quand vous avez travaillé plus de seize ans sur les deux hippodromes de Caen et Cabourg, que vous les avez fait vivre au jour le jour et qu'ils vous ont donné tant de satisfaction, il y a beaucoup de souvenirs qui remontent. Ces hippodromes sont vraiment de très, très beaux outils de travail avec une équipe dédiée remarquable. La nostalgie commence à montrer sa présence. Mais c’est la vie. La vie tourne. Ces hippodromes ont vécu avant moi et vivront après moi. J’ai des tas de souvenirs qui se mélangent. Des bons, des moins bons. Des jours extraordinaires et d’autres qui ont été moins faciles.

Que dire des Estivales dans votre habit de chef d’établissement ?
La période des Estivales a toujours été un vrai challenge parce qu’il faut que la vitrine d’été de trot de la société mère soit la plus belle possible. Qu’elle soit capable d’attirer un maximum de personnes. Il faut que les gens qui arrivent sur l’hippodrome trouvent un lieu agréable avec de la convivialité, que ce soit un vrai espace de loisir avec une orientation courses. Il est essentiel que les personnes qui découvrent les courses lors des Estivales aient envie d’y revenir. C’est pourquoi il faut les accueillir au mieux et leur montrer ce qu’est notre beau sport. Et il y a évidemment l’autre facette de notre mission qui est d’offrir aux socioprofessionnels les conditions idéales pour que leurs chevaux puissent s’exprimer dans les meilleures conditions. On fait tout également pour que ces professionnels se sentent bien sur l’hippodrome et je ne crois pas me tromper en disant qu’ils aiment le meeting de Cabourg. Même s’ils sont au travail, ils sont au cœur d’une ambiance festive de vacances. Cette année, les Estivales sortent de deux années de restriction avec le Covid. Les chiffres de juillet sont bons et sont même au-dessus de la fréquentation, pour certains, de 2019. C’est rassurant.

Racontez-nous votre premier contact avec les courses. On a pu lire dans votre cv une première mission dans les courses en 1972.
En fait, je dirais que j’ai découvert les chevaux en ouvrant les yeux le premier jour de ma vie. J’avais un père qui était entraîneur de galopeurs en Normandie sur Granville, là où je suis né. Avant cela, il avait été cavalier de concours complet. Il s’est tué en course en 1961 sur l’ancien hippodrome de Cherbourg (qui n’est pas l’actuel). Il montait ce jour-là sa dernière course et le destin a voulu que ce soit vraiment sa dernière course. Je n’avais que 9 ans et, avec ma mère, nous sommes ensuite partis sur Chantilly où elle est devenue gestionnaire d’un centre d’apprentis jockeys. C’est pour cela que j’ai commencé ma carrière en 1972 sur les pistes d’entraînement de Chantilly. Parallèlement, j’avais approché à l’époque le trot par mes contacts avec l’école de formation de Graignes et en allant sortir des chevaux à l’entraînement chez Jan Kruithof à Lamorlaye.

Dans les années 1980, vous avez été au service du galop et du trot ?
À partir de 1981, j’ai été juge à l’arrivée sur tous les hippodromes parisiens, trot et galop confondus. Cela remonte au temps où M. Albert Viel était président du Cheval Français et M. de Chaudenay du galop, à l’époque de la Société d’encouragement avant la création de France Galop. Mon premier Prix d’Amérique comme juge à l’arrivée a été remporté par Idéal du Gazeau, en 1981. J’ai fait parallèlement toutes les arrivées de l’Arc de Triomphe de 1981 à 1995. En 1995, je suis passé directeur d’exploitation au GTHP (Groupement Technique des Hippodromes Parisiens). En 2004 et 2005, j’ai été commissaire à la SECF sur les hippodromes normands de Caen et Cabourg. En 2006, MM. Essartial et Chartier m’ont proposé de prendre la responsabilité des hippodromes de Cabourg et Caen.



Mon premier Prix d’Amérique comme juge à l’arrivée a été remporté par Idéal du Gazeau
Gilles Ribot

©MKentell pour ProvinceCourses
Que dire de l’évolution de vos deux centres d’activité ?

Avec mes équipes, on n’a eu de cesse d’améliorer ces deux hippodromes sous la direction de Paris. Tant en termes d’infrastructures pour le public que pour l’accueil des professionnels, sans oublier bien sûr tous les travaux réalisés sur les pistes. À Cabourg, les raquettes de départ ont été modifiées. On a aussi introduit les courses autostart. De manière générale, notre ligne de conduite a été de rapprocher le public des chevaux tout en préservant la sécurité.

Sur le plan technique, de quelles avancées pourrait-on parler en particulier?
Je crois pouvoir dire, qu’avec mon équipe, on a réussi à maintenir un bon niveau de qualité de piste pour Caen et Cabourg, avec des professionnels qui ne sont pas trop critiques. Ma position a été facilitée dans l’exploitation des pistes grâce à mon équipe qui possède une importante expertise sous la férule de Mickaël Lemarchand. Quand je suis arrivé, la qualité du matériel n’était pas celle d’aujourd’hui. On a mis au point des herses que l’on voit désormais sur beaucoup d’hippodromes. Elles sont nées de nos développements effectués à Caen. On voulait une herse efficace et qui permette de travailler rapidement, une obligation quand on a une piste de deux mille mètres de tour comme celle de Caen. La mise au point s’est faite à partir d’une herse de prairie qu’on a adaptée à nos besoins. Ces recherches et ces travaux d’amélioration ont aussi été menés avec les carrières de Mouen et d’Etavaux pour qu’ils nous adaptent un sable qui convienne parfaitement à nos pistes.

Quels souvenirs voudriez-vous évoquer sur Cabourg notamment qui occupe actuellement le devant de la scène ?
Pour Cabourg, je rappellerais que l’hippodrome fonctionne pendant les douze mois de l’année avec une forte activité d’entraînement. J’ai eu la chance de voir des cracks peaufiner leur préparation sur l’hippodrome. Ready Cash était venu préparer un Prix d’Eté. One du Rib y a fait son dernier travail avant de gagner le Prix de Cornulier. Idem pour Oyonnax avant son Prix d’Amérique. Cela reste de grands souvenirs. Sur le plan humain, j’ai aussi côtoyé beaucoup de personnes du show bizz, des acteurs, chanteurs, personnes des médias, notamment avec le Festival Epona et la course des stars qui se disputait à Cabourg. Je ne veux évidemment pas oublier les gens des courses que je rencontre sur les deux hippodromes. Ce dont je suis particulièrement fier est d’avoir eu la confiance, que j’ai encore et que je pense n’avoir jamais écornée, de la part des différents présidents et directeurs qui sont passés pendant ces seize ans.



Rose-Marie Vigorito-Somson : elle succède à Gilles Ribot
Régisseur Adjoint de l’Hippodrome Paris-Vincennes, Rose-Marie Vigorito-Somson remplacera Gilles Ribot en tant que Chef d’établissement des hippodromes normands. Elle est entrée en 1987 au sein de la SECF et occupe son poste actuel depuis 2008. Dans ses fonctions, Rose-Marie Vigorito-Somson sera secondée par Mickaël Lemarchand, responsable des espaces hippiques. Elle exercera sa mission sous la responsabilité de Guillaume Maupas, Directeur Technique de LeTROT.


Y a-t-il une période de passage de dossiers avec votre successeur Rose-Marie Vigorito-Somson ?
Depuis le début de ce mois, nous sommes en coproduction. Nous travaillons ensemble et le passage de témoin va se faire progressivement durant les mois d’août et septembre. De son côté, Rose-Marie Vigorito-Somson devra organiser sa propre passation de dossier à Vincennes où elle est régisseur adjoint de l’hippodrome. De toute façon, mon téléphone restera ouvert en cas de besoin après mon départ évidemment.

Et vos projets personnels ? Vous restez dans la région caennaise ?
Non, je vais retourner dans ma région natale de Granville, dans la Manche. J’irai sur les hippodromes de la région et j’aurai de quoi faire avec Granville, Genêts, Bréhal, Avranches, Agon-Coutainville. Mais j’y serai cette fois en spectateur.



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