... © Hubert Tasset
Actualité - 23.08.2022

Hubert Tasset, l'éleveur fan des "Sixty One" !

Hubert Tasset est l’homme des « Sixty One », un label qui se fait un peu plus présent, chaque jour, sur les hippodromes et sur les rings de ventes. La semaine prochaine, précisément, à Deauville, Hubert Tasset présentera sept yearlings, sous la bannière du Haras des Fangées. C’est, en effet, dans ce haras ornais que stationnent les chevaux de ce propriétaire-éleveur belge, tombé dans la marmite des courses dès l’adolescence.

Le label Sixty One d’Hubert Tasset n’est plus un inconnu. En 2019, il avait vendu Imagine Sixty One (Prodigious) pour 97.000 €. L’an dernier, Kall Me Sixty One (Fabulous Wood) avait fait afficher 85.000 €. Les deux produits ont la même mère, Anantara Jet (Ganymède), une sœur du crack Bold Eagle (Ready Cash) et jument de cœur du propriétaire/éleveur [en photo ci-dessus lors d'une victoire à Vincennes].

24H au Trot.- Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Hubert Tasset.- Je me suis pris de passion pour les courses, en Belgique, au contact de mon père, turfiste, qui m’a emmené, un jour, sur l’hippodrome de Tongres, dans la périphérie de Liège, à un quart d’heure de la maison. Je devais avoir 14 ou 15 ans et je suis tombé amoureux de ce spectacle à nul autre pareil. Nous allions aussi à Sterrebeek. A l’époque, je me suis dit que, plus tard, peut-être, j’aurai des chevaux de course. J’ai fait ma carrière professionnelle, ayant une entreprise de construction métallique, spécialisée dans la sécurisation bancaire. Aujourd’hui, je me suis mis en retrait et je peux m’adonner à ma passion des chevaux et des courses à travers l’élevage.

Quand la forme est là, tout va !
C’est la forme pour les représentants d’Hubert Tasset ! Sous ses couleurs, Idéal Sixty One (Bold Eagle) s’est imposé, il y a peu, sur l’hippodrome de Hyères, aux soins de David Békaert. Legend Sixty One, sa propre sœur, sera sur le ring de Deauville, la semaine prochaine. Par ailleurs, Guinness, achetée aux époux Beauchêne, en association avec Pierre-Yves Frère, vient de signer sa huitième victoire, vendredi dernier, à Pornichet, préparée et drivée par Matthieu Abrivard. Guinness a, elle aussi, un membre de sa fratrie aux ventes d’Arqana Trot en Laurier d’Or, un fils d’Earl Simon que présentent les Beauchêne pour leur propre compte.

Depuis quand élevez-vous ?
Depuis peu, en vérité. J’ai eu quelques chevaux en Belgique, mais cela reste anecdotique. Mon vrai commencement remonte à 2014 et à la vente du Prix d’Amérique de cet hiver-là, au cours de laquelle j’ai acheté, à Jean-Etienne Dubois, Anantara Jet, qui n’était autre que la sœur aînée de Bold Eagle, par Ganymède. Seulement, à l’époque, Bold Eagle n’était qu’aux prémices de sa carrière, ayant à peine 3 ans. La pouliche, quant à elle, venait d’entrer dans sa quatrième année et d’ouvrir son palmarès à Vincennes. Elle avait environ 40.000 euros de gains. Je l’ai achetée 60.000 euros et, en moins de dix-huit mois, elle a remboursé son prix d’achat, gagnant deux courses, sous l’entraînement de Luc Roelens et la drive de Jos Veerbeck, et prenant de nombreuses places. Je l’ai fait entrer au haras à 6 ans, avec un peu plus de 100.000 euros à son compte en banque.

Où en est-elle de sa production ?
Son premier produit, History Sixty One, par Ready Cash – ce qui en fait, soit dit au passage, la trois quarts sœur de Bold Eagle –, a gagné cinq courses et plus de 60.000 euros. Elle court sous mes couleurs, chez David Békaert. Le troisième, Kall Me Sixty One, un fils de Fabulous Wood, a été mon top-price, à 85.000 euros, l’an dernier, aux ventes de yearlings. Acheté par Jean-Michel Baudouin, pour M. Dewulf, il vient de débuter à la deuxième place, aux Sables-d’Olonne, battu par King Opéra, un poulain estimé au sein de l’écurie de Joël Séché. L’année dernière, Anantara Jet a malheureusement avorté de Face Time Bourbon. Cette saison, elle est suitée d’un mâle de Gu d’Héripré et est à nouveau pleine de Face Time Bourbon ; je croise les doigts pour que, cette fois, tout se passe bien jusqu’au bout.

Je prends un billet de tombola plus épais que celui de certains autres, mais ce n’est pas pour autant que je serai tiré au sort !

© Hubert Tasset
Les 7 yearlings deauvillais d’Hubert Tasset
■ Numéro 89, Legend Sixty One, f. (Bold Eagle et Crystal Race, par Goetmals Wood).
■ Numéro 291, Let Me Sixty One, m. (Uniclove et Action Royale, par Password).
■ Numéro 364, Looking Sixty One, m. (Falcao de Laurma et City Star, par The Best Madrik).
■ Numéro 389, Lover Sixty One, m. (Follow You et Delfinia Jet, par Coktail Jet).
■ Numéro 392, Loyal Sixty One, m. (Falcao de Laurma et Graceful Jet, par Bold Eagle).
■ Numéro 438, Lady Sixty One, f. (Fabulous Wood et First Star, par Saxo de Vandel).
■ Numéro 481, Leader Sixty One, m. (Feliciano et Everclear Jet, par Prodigious).

Combien avez-vous de poulinières aujourd’hui ?
J’ai une dizaine de juments, sous la responsabilité de M. et Mme Beauchêne, au Haras des Fangées, dans l’Orne, à Gouffern-en-Auge, non loin du Haras du Pin. C’est par l’entremise de Luc Roelens que j’ai fait la connaissance des Beauchêne et je suis enchanté de notre collaboration. Ce sont des gens qui allient la compétence à la droiture et qui sont toujours de bon conseil. Ensemble, nous essayons de faire du beau travail. Je me suis efforcé d’avoir des poulinières avec du papier, des lignées maternelles qui tiennent la route, comme l’on dit, avec, à chaque génération, au moins un produit sortant du lot, ayant des performances de haut niveau. En prolongement de mon achat d’Anantara Jet, j’ai continué de puiser à la source de l’élevage de Jean-Etienne Dubois, les souches Dubois étant, à mes yeux, la référence suprême. Il va de soi qu’en regard, je ne lésine pas sur les étalons que je choisis pour mes juments. A titre d’exemple, le plan de monte de cette année comprend deux cartes de Charly du Noyer, deux autres d’Italiano Vero, une de Bold Eagle, une de Dollar Macker, une de Fabulous Wood, une de Face Time Bourbon, une de Feliciano et une d’Up and Quick. Disons, pour résumer, non sans humour, que je prends un billet de tombola plus épais que celui de certains autres, mais que ce n’est pas pour autant qu’il sera forcément tiré au sort !

"Je suis né en 1961 et soixante et un, en anglais, c’est sixty one !"

Votre politique est celle d’un éleveur vendeur ?
Sauf à garder certaines femelles, je suis éleveur vendeur, effectivement, même si ce n’est pas à n’importe quel prix. Je demeure toutefois raisonnable dans mes ambitions. Ainsi, l’année dernière, n’ai-je effectué qu’un seul rachat. Avec le recul, mes "K" s’annoncent d’ailleurs bien en compétition, emmenés par Kall Me Sixty One ou encore Kome On Sixty One, un fils de Follow You, descendant de la matrone Dourga II, vendu 42.000 euros à Paul Hagoort. Cet été, je pense avoir un joli lot de yearlings à Deauville, avec du papier et du modèle. J’invite les curieux à découvrir leurs vidéos sur Internet. Ils devraient être séduits. Nous investissons et nous nous donnons du mal, les uns et les autres, pour arriver à de tels résultats. J’espère que les acheteurs seront là, en face.

Pour terminer, quelle est l’origine de votre appellation, "Sixty One" ?
Je suis né en 1961 et soixante et un, en anglais, c’est sixty one ! Cette année, de surcroît, est celle de mes 61 ans ; aussi cela devrait-il être une année spécialement favorable ! C’est ma nièce qui a eu l’idée de ce label. Il me plaît bien et me permet de mettre le nom que je veux devant, à condition qu’il ne soit pas trop long. J’escompte qu’on va encore voir longtemps des "Sixty One" sur les hippodromes, surtout que mon fils, Jean-François, s’intéresse à la chose et s’implique dans l’élevage avec moi.

Anantara Jet et son poulain 2022 par Gu d'Héripré

© Hubert Tasset

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