... (© Province Courses)
Actualité - 09.10.2022

Le rêve éveillé d'Anthony Barrier

Anthony Barrier mènera Etonnant samedi prochain à Yonkers Raceway dans l’International Trot. Il vit "un rêve éveillé" avec le fils de Timoko qui lui a permis cette année de remporter cinq succès prestigieux dont l’incomparable Elitloppet. Après avoir parcouru un bout d’Europe, Anthony Barrier et Etonnant se lancent ensemble à l’assaut des États-Unis. Leur défi sera de gagner contre une sélection mondiale incluant les meilleurs chevaux d’âges américains qui évolueront sur leur sol. Ce nouveau challenge méticuleusement préparé et orchestré par Richard Westerink et son équipe conduit Anthony Barrier en terra incognita. À quelques jours de traverser l’Atlantique, le driver se confie.

Ce dimanche matin, Etonnant s'est envolé de Liège pour traverser l'Atlantique et atterrir à New York où il devra observer une quarantaine de 42 heures sur l'aéroport John-F.-Kennedy avant de rejoindre l'hippodrome de Yonkers pour participer samedi prochain à l'International Trot 2022, doté d'un million de dollars.

Les grandes victoires d’Anthony Barrier à l'étranger
■ Grand Prix de Wallonie avec Roi du Lupin en 2014 à Mons (Belgique)
■ Kymi Grand Prix avec Ce Bello Romain en 2021 à Kouvola (Finlande)
■ Elitloppet avec Etonnant en 2022 à Solvalla (Suède)
Le palmarès d'Anthony Barrier à l'étranger dans des grandes courses témoigne de sa faculté d'adaptation à des situations nouvelles, puisqu'il découvrait ces hippodromes. Ce fut plus particulièrement encore le cas à Solvalla où il a pris le parti de ne pas courir avant. "Pour être tout à fait franc, je me suis posé la question de savoir si je devais y aller car cela aurait pu me coûter très cher si Etonnant m'avait fait le coup du Prix de France, avait-il confié au lendemain de son succès. Le fait d'être avec Richard (Westerink) a été un confort, une sécurité même. Il était serein, il savait ce qu'il avait à faire." Un Richard Westerink sur lequel il pourra encore s'appuyer car il a ses repères à Yonkers.

Anthony Barrier, qui s'apprête une nouvelle grande aventure à l'étranger au côté de Richard Westerink, lequel fait le voyage pour la troisième fois après Timoko en 2015 et Dreammoko en 2017, sera sur place mardi, jour du tirage au sort des places derrière l'autostart.

24H au Trot. À moins d’une semaine de l’évènement, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Anthony Barrier. Ça va très bien ! C’est un sacré voyage que nous allons faire. Je ne vous cache pas que, pour les vacances, je serais allé plus au Nord, dans les plaines du Canada. Je préfère la nature à la grande ville. Là, c’est pour le travail, donc une invitation pour New York ne se refuse pas. J’ai hâte de voir Etonnant faire son voyage et de sortir de la quarantaine. Je serai plus serein lorsque cela sera passé. Nous allons arriver le jour du tirage au sort des numéros derrière la voiture. Nous en saurons plus quant à la tactique à adopter ensuite.

C’est une première pour vous sur le sol américain. Comment vous êtes-vous préparé ?
J’ai eu l’occasion de visionner plusieurs courses sur l’hippodrome de Yonkers. Les précédentes éditions de l’International Trot également pour voir comment se déroulent les départs. Nous savons que cela reste un moment délicat avec Etonnant même si cela va dans le bon sens depuis plusieurs courses. J’ai contacté Nicolas Roussel, qui est désormais basé aux États-Unis, pour prendre des informations. J’aimerais bien disputer une ou deux courses avant celle d’Etonnant pour me rendre compte de la vitesse de la voiture et comment elle lâche les chevaux.

Lorsque vous êtes allé en Suède, vous n’avez couru qu’avec Etonnant, en refusant des drives pour vous familiariser avec la piste. Pourquoi vouloir faire un test avant cette fois ?
J’avais trop peur des amendes et des mises à pied (rires) ! Nous sommes habitués à regarder les courses en Suède. J’avais déjà eu l’occasion de voir comment fonctionnait leur autostart. Là, j’ai besoin de prendre la température. Visiblement, nous n’avons pas beaucoup de piste en France qui se rapproche de celle de Yonkers. J’ai besoin de faire un tour pour m'approprier le tracé, trouver mes marques et, surtout, pour me rendre compte du départ. Rien n’est encore finalisé mais j’aimerais vraiment disputer une course avant la "belle".

J’ai besoin de faire un tour pour m'approprier le tracé, trouver mes marques et, surtout, pour me rendre compte du départ.
Anthony Barrier

(© Province Courses)
Selon vous, quels sont les atouts d’Etonnant dans cet International Trot ?
Etonnant ne sera sûrement pas le plus rapide dans les premiers mètres. Le départ reste son talon d’Achille même si cela va dans le bon sens depuis plusieurs courses. Je compte sur sa tenue pour venir à bout de nos concurrents. Il faudra parcourir 2.000 mètres et, si pour certains cette distance est le bout du monde, je sais que pour Etonnant, cela ne sera pas un problème. Je fais confiance à Richard et toute son équipe, je sais que le cheval va être emmené au mieux pour cette course. Maintenant, nous attendons le numéro derrière l’autostart avec impatience.

Vous devenez un vrai globe-trotter. Est-ce une satisfaction de représenter votre pays à travers le monde ?
Ah oui ! C’est tout d’abord génial de tomber sur un cheval comme Etonnant. Lorsque l’on débute dans ce métier, c’est le rêve de tout le monde d’être associé à des chevaux d’exception et j’ai la chance de vivre de grands moments avec lui, Richard et toute son équipe. De faire résonner la Marseillaise en Suède, c’était fort. J’espère pouvoir faire de même à New York.

Vous allez pouvoir joindre l’utile à l’agréable ?
Cette fois, nos filles pourront être à nos côtés, avec ma femme Hélène. C’est le voyage d’une vie et nous allons en profiter à fond. J’aimerais vraiment assister à un match de basket. À la télé, l’ambiance a l’air top, alors je n’ose imaginer la sensation dans les tribunes.

Richard Westerink au côté d'Etonnant pour le vol vers New York

Il ne fallait pas louper le réveil ! Les organisateurs avaient demandé aux différents entourages des chevaux européens de l’International Trot d’être prêts pour 4 heures du matin dimanche à l’aéroport de Liège (Belgique). "Je suis déjà parti de chez moi à 4 heures samedi matin, je vais finir par prendre le rythme !", nous a dit sur le ton de l’humour Richard Westerink avant de s'envoler. En route pour New York, le champion français va traverser l’Atlantique pour la première fois. "Etonnant a déjà eu l’occasion de prendre l’avion. Le voyage est assez long et je suis rassuré de pouvoir être à ses côtés, poursuit-il. Une fois arrivé, il partira en quarantaine et je pourrais le retrouver mardi midi. Nous prendrons ensuite la direction de Yonkers où il stationnera toute la semaine. Nous connaîtrons les numéros derrière l’autostart mardi et je ne vous cache pas mon impatience. Nous aimerions avoir un numéro plutôt à l’extérieur. Mercredi, je lui ferai son dernier travail pour le tester dans les virages et faire éventuellement les derniers réglages." Richard Westerink peut compter sur son expérience acquise avec Timoko (Imoko) sur ce tracé sans oublier Dreammoko, autre fils de son champion. "Je sais que mon cheval n’aura aucun problème de tenue. La piste est très ferme, il ne sera donc pas déferré. Etonnant a plus de tempérament que Timoko et est un peu plus bouillant mais c’est un cheval qui reste gentil dans la main."


"Anthony ne se laisse jamais dépasser par les événements"
Agent d’Anthony Barrier, Éric Fournier ne sera pas du voyage aux États-Unis la semaine prochaine. Pas plus qu’il n’a été du déplacement en Suède (pour raisons personnelles) avec la conclusion que l’on connaît. "Je ne lui ai pas porté la poisse en n’allant pas à Solvalla et, comme je suis assez superstitieux, je m’en voudrais d’être présent aux États-Unis si cela devait mal se passer, sourit-il. Par l’intermédiaire de Louis Baudron, j’ai contacté Nicolas Roussel que je connais depuis longtemps car, quand je suis rentré chez Ali Hawas en 1984, Nicolas est arrivé quinze jours après". Nicolas Roussel et Anthony Barrier ont donc pu échanger, notamment sur les interrogations du second sur le départ. "Anthony m’a dit que cela lui avait plus ouvert les yeux même si cela reste théorique. Il voudrait vraiment passer à la pratique avant la course d’Etonnant", rapporte Éric Fournier. Pour cela, Nicolas Roussel joue les intermédiaires auprès des dirigeants américains, notamment Jo Faraldo, président de l’Association des Propriétaires de Standardbred de New York (SOA). "Nicolas pense que ce serait vraiment un plus qu’Anthony s’exerce une fois avant car c’est complètement différent de ce qu’il connaît. Ce n’est pas une accélération progressive comme il a l’habitude. Là, il faut vraiment être le nez dans les ailes de l’autostart car il lâche les chevaux d’un coup."
En revanche, il est une chose dont l’ancien entraîneur devenu agent est sûr : c’est la capacité d’adaptation du driver mayennais. "Les découvertes lui réussissent bien souvent, rappelle-t-il. Il s’adapte comme il l’a encore montré à Solvalla. Même si, au fond de lui cela doit bouillir car il est parfaitement conscient des enjeux, il a en lui cette espèce de flegme qui fait qu’il reste cool. Au moment du départ, il arrive à se mettre dans une bulle qui fait qu’il ne se trompe pas. Il ne se laisse jamais dépasser par les événements. C’est une force." Une force que "Moustik" entretient aussi à sa manière. "Au mieux, nous avons quelques échanges le jour J, un le matin et un autre que je personnalise mais c’est tout, a appris à composer Éric Fournier. Il ne veut pas parler de tactique. Commencer à faire des plans sur la comète est souvent néfaste pour lui." Sa réussite à l’étranger, Anthony Barrier la doit aussi au fait de travailler avec des entraîneurs avec lesquels un vrai lien s’est tissé. "Que ce soit Richard (Westerink) ou Sylvain (Dupont), il est archi en confiance quand il drive pour eux. Ce climat de confiance est primordial. Avant cette nouvelle aventure, je le sens serein comme un garçon qui sait qu’il vit un rêve depuis deux ans", conclut Éric Fournier.

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