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Actualité - 05.11.2020

Jusqu’où peut aller Diable de Vauvert ?

C’est le premier à avoir posé sa candidature officielle au Prix de Bretagne (Q1 Prix d’Amérique Races ZEturf). Diable de Vauvert vient de s’imposer à Laval et vise désormais une qualification au Prix d'Amérique. Le palmarès de ce 7 ans s’est considérablement étoffé ces deux dernières années et lui permet à présent de regarder vers les plus grandes affiches. Jusqu’où peut-il aller ?

Le pensionnaire de Bertrand Le Beller, piloté par Gabriele Gelormini, fait depuis plus d'un an partie des meilleurs chevaux d’âge de l’Hexagone. Il affiche un bilan parfait depuis la reprise des courses en mai : quatre succès et une deuxième place en cinq tentatives. Il pointe au sixième rang des candidats de 6 ans et plus classés selon les gains à l’attelé sur la période. Avec 125 400 € (en cinq sorties seulement), il est seulement précédé par Dorgos de Guez (202 090 €), Drôle de Jet (183 550 €), Cleangame (177 600 €), Valzer di Poggio (160 650 €) et Bugsy Malone (137 950 €). Une liste éloquente avec les trois meilleurs hongres du circuit. Le décor est planté. Avec désormais quasiment 500 000 € de gains, Diable de Vauvert (Prince d’Espace) entre dans un nouveau cercle, concrétisé par ses ambitions annoncées dans le Prix de Bretagne, le 22 novembre prochain. Dès sa victoire en poche, dimanche à Laval, Gabriele Gelormini a ce commentaire : « Il gagne avec de la marge aujourd’hui [dimanche à Laval]. La dernière fois qu’il était venu ici, il avait fait 1’12’’8, aujourd’hui, c’est 1’12’’5. Le but était de gagner mais aussi de préparer sa participation au « Bretagne » dans lequel on espère pouvoir le qualifier tout de suite pour le Prix d’Amérique. Le laps de temps de 20 jours est parfait pour lui. »
Des derniers jours pourtant indécis
On peut parler d’une démonstration le 1er novembre à Laval. Aujourd’hui, Diable de Vauvert est un cran au-dessus de ses dauphins qui devaient rendre, comme lui, 25 mètres. Pourtant, la préparation du vainqueur a connu des vicissitudes dans les derniers jours, nous a révélé sa lad, Charline Silberman, quelques instants après la course : « Il s’est fait mal lundi et on a été obligés de lui poser deux points de suture sur un postérieur. On l’a sorti toute la semaine deux fois par jour pour que la jambe ne gonfle pas et qu’il reste souple. Ce matin encore [lire dimanche 1er novembre], on ne savait pas encore comment cela continuerait d’évoluer et si sa jambe allait être suffisamment bien pour venir et pouvoir le présenter au départ. »

Une carrière sous le sceau de la prudence
Vu deux fois à l'âge de 2 ans (1 place) et vainqueur à Vincennes, dès sa première sortie à 3 ans, Diable de Vauvert s'est encore imposé deux fois la saison suivante, en janvier à Paris. Puis il a connu une longue période où il ne pouvait jouer les tout premiers rôles. C'est durant l'été de ses 5 ans qu'il a reparu au premier plan - 2e du Prix Jockey (Gr.2), 5e du Critérium des 5 Ans (Gr.1) -, retrouvant le chemin du succès en septembre. Charline Silberman nous apprend : « Il a longtemps été mené comme le fait un entraîneur, sur le long terme. On savait qu’il n’avait qu’une seule pointe de vitesse. En fait, à chaque fois, il ne démarrait pas et évoluait toujours assez loin. Même s’il plaçait sa pointe de vitesse à la fin, il concluait souvent cinquième, sixième. Depuis que Gaby le mène, il arrive à le démarrer, à le cacher, à attendre et le sortir au bon moment. Il lui donne des parcours parfaits. »

Des progrès constants
La saison 2020 est incontestablement celle de la confirmation. Le cheval a encore passé un cap selon sa lad : « Cette année, il nous surprend de course de course car il est capable d’entamer son effort plus tôt. À Châtelaillon par exemple [le 2 septembre], il est venu très tôt. Avant, il n’aurait pas été capable de le faire. En vieillissant, il a pris du moral et plus il court, plus il progresse. »

Un "tableau de chasse" plus que respectable
La liste des candidats battus par Diable de Vauvert devient de plus en plus impressionnante. On trouve ainsi Davidson du Pont (2 fois), précédé notamment dans le Prix Jockey (Gr.2), Django Riff (1 fois), Dorgos de Guez (1 fois) en 2018, lequel a ajouté 20 succès à son actif depuis, Alcoy (1 fois), en mai dernier, Jerry Mom (2 fois), Violetto Jet (1 fois), Etonnant (1 fois), Dreambreaker (1 fois). Bref une liste de battus qui donne du poids au palmarès du Diable.

Co-détenteur du record des 2850m de Vincennes
Capable de boucler un dernier kilomètre en moins de 1'10'', comme lors de son succès dans le Prix Pythia au printemps (dernier kilomètre en 1'09''9 et derniers 500m en 1'09''6), Diable de Vauvert est codétenteur du record du parcours des 2850m de la grande piste en 1'11''7. Signée lors de son succès dans le Prix Bernard Deloison en juin 2019, c'est cette performance qui a nourri les plus grandes ambitions chez son entourage. Diable de Vauvert partage son record avec Enino du Pommereux, Erminig d'Oliverie, Tony Gio, Aubrion du Gers et Anzi des Liards. Un voisinage de très haut vol. Et puis le partenaire de Gabriele Gelormini possède un autre chrono de référence à son actif : celui des 2875m de Maure-de-Bretagne (1'12''2).

L'année du "bon timing" selon Bertrand Le Beller
C'est la grande année de Diable de Vauvert avec comme objectif déclaré une participation à la grande épreuve de fin janvier. Bertrand Le Bellet nous a appris : « L'idée, c'est, maintenant, d'aller sur le Prix d'Amérique en le qualifiant dans les "préparatoires". Cela fait un moment que l'on pense, pour lui, à la belle course de janvier. L'année dernière, lors de sa victoire dans le Prix Bertrand Deloison, en juin, où il égalait le record du parcours des 2 850 mètres de la grande piste, en 1'11''7, nous avions déjà cette perspective à l'esprit. Mais il a eu, par la suite, des ennuis de santé. Un problème osseux, ayant occasionné une boiterie. Comme toujours avec lui, à chaque étape de sa carrière, nous avons alors pris notre temps, le soignant et le laissant se reposer. Les choses se sont arrangées et tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir, mais cela a fait que le cheval n'était pas prêt pour le dernier meeting. Cette année, c'est différent. On est dans le bon timing. Il est au "top", dans la force de son âge et de sa maturité. Nous allons donc commencer par l'aligner dans le Prix de Bretagne et nous prendrons ensuite les "préparatoires" suivantes comme elles viennent, sans "gamberger". Le cheval est vraiment bien. Il faut juste l'entretenir, le garder en condition. Il a tout compris maintenant et Gaby Gelormini s'entend parfaitement avec lui. Il y a longtemps qu'il nous dit que c'est un cheval pour la grande course. »

La conviction de Gabriele Gelormini
Chacun, autour de Diable de Vauvert, s'accorde à dire que Gabriele Gelormini sait transcender le cheval. Sur leur dernière sortie lavalloise, le pilote nous a commenté : « Le but était de gagner mais aussi de préparer sa participation au "Bretagne" : il fallait un peu l’ouvrir aujourd’hui. S’il n’avait fait que 200 mètres de course, cela aurait été un peu juste. Là, il a fait 700 mètres. Le laps de temps de 20 jours jusqu'au "Bretagne" est parfait pour lui. »

Jusqu'où dans le Bretagne ?
Considérant le potentiel et la forme actuelle de Diable de Vauvert, le danger pour les autres prétendants aux premières places du Prix de Bretagne, et ses trois tickets d'Or pour le Prix d'Amérique, serait de le cantonner à la catégorie des outsiders, ceux n'ayant pas de référence étoffée dans les Groupes 2 et au-dessus. Un concurrent averti en vaut deux.

Gabriele Gelormini prolonge son histoire avec Diable de Vauvert
Il existe bien une relation spéciale entre le pilote et le cheval que l'on découvre par un regard de côté. Le professionnel transalpin nous déclare en effet avec un bel enthousiasme : « Je viens d’acheter une poulinière à la dernière vente d’Arqana Trot (Quimbaya d’Em). L’année prochaine, elle sera saillie par Diable de Vauvert. Je verrai ainsi grandir un petit de Diable tous les jours au printemps suivant. Je dois avouer que cette idée me plaît beaucoup. »

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