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Actualité - 28.10.2022

Hulysse Digéo : un nouvel élan pour Jean-William Hallais

La victoire d’Hulysse Digéo 1’12’’, dans la course du quinté, mercredi, à Enghien, a fait tout spécialement plaisir à Jean-William Hallais, d’autant qu’il s’agit du deuxième succès consécutif du protégé du professionnel normand, après une distinction à Vincennes. Au total, ce sont six titres qui, présentement, ornent le palmarès d’Hulysse Digéo, sujet en plein devenir, à 5 ans, dont l’histoire est belle, qui plus est, comme nous le conte Jean-William Hallais.




Hulysse Digéo 1’12’’ (Rêve de Beylev) provient des ventes de Caen, où il a été acquis par Martial Legablier. Ce dernier est un proche de Jean-Claude Hallais, le grand professionnel des années 1980 et 1990, et de son fils, Jean-William, raison pour laquelle il leur a loué le cheval pour sa carrière de course : "Martial est un fan de mon père, confie Jean-William Hallais. Il connaît sa carrière par cœur ! Il s’est rapproché de nous par l’entremise d’amis. Nous avons lié connaissance et vite sympathisé. Il a eu tôt fait de venir sortir des chevaux à la maison et ainsi de suite. Turfiste, à l’origine, il a eu, un jour, l’envie d’avoir un trotteur à lui, en se disant qu’il nous le confierait."
C'est aux ventes de Caen que le passage à l'acte a eu lieu nous apprend Jean-William Hallais : "C'est dans cet esprit que Martial Legablier s’est rendu aux ventes de Caen et en est revenu avec Hulysse Digéo. Initialement, ce n’est pas lui qu’il avait prévu d’acheter, mais le poulain lui a tapé dans l’œil lorsqu’il l’a vu sortir de son box et c’est finalement vers lui qu’il s’est orienté. Il s’agissait, alors, d’un foal et il a déboursé 6.500 euros pour l’avoir."

Une belle histoire d’amitié

Martial Legablier garde le poulain un an, finissant de l’élever, puis il l’envoie au débourrage chez Philippe Poisson. Après quoi, il n’est pas question qu’il aille ailleurs que chez Jean-William Hallais et son père, qui lui font un contrat de location. "Hulysse Digéo a tout de suite montré des moyens, se souvient Jean-William, mais il avait aussi un peu de caractère. C’est pourquoi nous l’avons castré. Et puis c’était une grande carcasse, si vous m’autorisez l’expression. Il fallait le laisser venir à maturité. Nous l’avons qualifié au cours de l’été de ses 3 ans et l’avons débuté dans la foulée. Il a gagné ses deux premières courses, à Agon-Coutainville et à Graignes, avant de confirmer à l’automne, via plusieurs accessits et une nouvelle victoire à Graignes. L’année suivante, il s’est encore imposé à Cabourg. Il a ensuite eu un passage à vide, souffrant du dos. Je ne pouvais pas le lâcher, ni l’étendre pour finir. Je pense qu’il n’était pas soudé, ayant besoin de finir sa croissance. Depuis environ six mois, il est beaucoup mieux et a repris le cours de ses bonnes performances, comme l’attestent les deux succès qu’il vient d’enchaîner, à Vincennes, puis à Enghien. C’est un beau et grand cheval, "toisant" près d’un mètre soixante-dix. Son propriétaire a eu plusieurs offres d’achat, ces derniers temps, mais il ne veut pas le vendre et tient à nous le laisser."

Le propriétaire d'Hulysse Digéo a eu plusieurs offres d’achat, ces derniers temps, mais ne veut pas le vendre.
Jean-William Hallais

© Aprh
© Aprh
Hulysse Digéo lors de son dernier succès à Enghien
Une fameuse parentèle
A la veille du meeting d’hiver, Hulysse Digéo compte six victoires –deux à Paris et quatre en province, à Agon-Coutainville, Cabourg et Graignes– et quinze places dans les cinq premiers, pour 138.790 euros de gains. Elevé par Eugène Richer et Daniel Coru, il est le dernier produit de sa mère, Nuit d’Odyssée (Corot), en même temps que le meilleur, comparé aux cinq autres vainqueurs de la fratrie. Nuit d’Odyssée ne s’est pas qualifiée, mais elle ressortit à la grande souche de l’élevage Saccomandi, remontant à la classique montée Etoile d’Odyssée 1’20’’ m. (1970-Fandango), quatrième mère d’Hulysse Digéo, et égrenant les noms, entre de nombreux autres, de Cygnus d’Odyssée 1’13’’, Prodigious 1’11’’, Excellent 1’10’’, Mon Jeu Diam 1’14’’ m., Vincennes 1’09’’ ou encore Jelyson 1’14’’ m..


Perspectives d’avenir, pour le cheval et pour l’homme

Dans l’immédiat, Hulysse Digéo va se consacrer au meeting d’hiver et prendre les courses comme elles viennent, ainsi que s’en explique Jean-William Hallais : "Il a gagné corde à droite, mais, pour l’instant, il est mieux à main gauche. Vincennes et Enghien lui conviennent, donc. Il va aborder le programme hivernal de la façon dont il s’offre à lui. L’année prochaine, je le verrais bien dans le G.N.T. ou dans le Trophée Vert. Il va avoir des engagements."
Jean-William Hallais veille sur une vingtaine de chevaux à l’entraînement, dans l’établissement familial du Calvados, au Haras d’Havetot, à Anctoville. Le site abrite aussi une dizaine de poulinières. En tant que driver, il vient de gagner son deuxième quinté avec Hulysse Digéo, après celui remporté avec Black des Acres, en 1996, également à Enghien. Dans les années 2000 et 2010, il a connu de belles satisfactions, avec des sujets comme Sierra Leone, double lauréate semi-classique, ou Nadaillac, également vainqueur à ce niveau. A 47 ans, il regarde aussi bien devant lui que derrière lui et n’est pas sans se poser de question. Il s’en était ouvert à nous, à l’issue du premier des deux plus récents succès d’Hulysse Digéo, au mois de septembre, à Vincennes, déclarant, en substance : "C’est ma première victoire de l’année et depuis un an, comme driver. C’est long, tout ce temps, sans gagner. On se remet en question. On se demande si l’on a fait les bons choix, en termes de méthode de travail, d’environnement… J’avoue être en proie au doute, y compris quant à mon avenir professionnel. J’adore les chevaux, mais je sais également que le métier est dur. D’ailleurs, je ne l’ai pas conseillé à mes filles. Je veux bien leur préparer des chevaux d’amateur, pour leur plaisir, mais il ne faut pas que cela aille au-delà. Je ne suis pas sûr de continuer moi-même très longtemps dans la partie."
Gageons toutefois qu’Hulysse Digéo, enfonçant le clou, mercredi, aura mis du baume au cœur à son mentor, que l’on sent prêt à l’accompagner encore un moment et, pourquoi pas, à donner, avec lui, un nouvel élan à sa carrière.

C’est long, tout ce temps, sans gagner. On se remet en question. On se demande si l’on a fait les bons choix, en termes de méthode de travail, d’environnement…
Jean-William Hallais

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