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Actualité - 31.10.2022

Les courses : le nouveau terrain de jeu d’un univers virtuel ?

Les projets liant un univers virtuel au monde bien réel des courses se multiplient. Dans les prochaines semaines, les noms d’Eqwin et d’Ohrac vont devenir de plus en plus familiers dans la filière. Chacun propose une solution personnelle, un univers ludique pour vivre les courses autrement. Ces projets privés ne sont pas les seuls à vouloir faire entrer les courses dans une dimension digitale. Le PMU d’une part et les sociétés-mères d’autre part travaillent aussi sur le sujet.

De quoi s’agit ? De rajeunir les courses hippiques en les encapsulant dans un environnement digital où chacun (comprendre chaque joueur qui participerait à cet univers) pourrait acheter telle ou telle part de cheval. De transformer le programme hippique en gigantesque bourse de valeurs, qui permettrait la cotation de chaque cheval en fonction de ses performances réelles. Les propositions faites par les nouveaux opérateurs de cet univers virtuel sont imaginées et conçues à partir de la réalité des courses. Il s’agit de créer un monde parallèle, enrichi ou augmenté de possibilités nouvelles. Chacun peut y devenir propriétaire ou manager d’écurie en achetant ou revendant des actifs. On est bien là dans l’univers des metaverse, Web2 et Web3 et blockchain. Des noms "barbares" pour certains mais des noms qui font entrer dans une dimension virtuelle et ludique, à fort pouvoir d’attraction pour la jeunesse.

Le PMU et les sociétés mères sur les rangs
À la fin du mois d’août (lire notre édition), lors d’un entretien avec Emmanuelle Malecaze-Doublet, directrice générale du PMU, nous abordons la question de l’innovation. La réponse mérite d’y revenir : "Pour aller conquérir de nouveaux clients, il faut innover au delà du pari hippique en allant vers le jeu hippique. Et en particulier s'intéresser au domaine du web3/NFT/metaverse qui représente un domaine immense, un potentiel énorme. On a tous les atouts pour y réussir : un produit courses extraordinaire, l'ambiance "gaming", les chevaux, une communauté de grands passionnés. Et on a la force de pouvoir lier le monde réel et le monde virtuel." On retrouve bien toutes les composantes (cible de la jeunesse, lien entre le réel et le virtuel) qui sont aussi la base des projets actuellement développés par Eqwin et Ohrac. Sur le process, Emmanuelle Malecaze Doublet avait encore ajouté : "Même s'il est trop tôt pour entrer dans les détails, on pourrait imaginer des avatars de chevaux progressant dans leur carrière en fonction des performances réelles. C'est l'enjeu pour beaucoup de domaines de pouvoir relier réel et virtuel, or, nous les courses, nous avons cet avantage-là. Il faut capitaliser dessus. Et comme le but est bien de conquérir une nouvelle clientèle, il faut réfléchir en fonction d'elle et non pas de notre clientèle actuelle. Quant aux professionnels, je suis certaine qu'ils accepteront facilement dès lors que cela génèrera des profits à la filière."
Les sociétés mères, LeTROT et France Galop, travaillent également sur le sujet, preuve de l'enjeu d'avenir majeur qu'il constitue.


EQWIN : UNE NOUVELLE RÉALITÉ QUI FAIT LE LIEN ENTRE JOUEUR ET PROPRIÉTAIRE

Lancé en septembre 2021 par trois associées (Charley Lauffer, Anaïs Izaac et Nina Caput), le projet Eqwin a réalisé une première levée de fonds d'1,5 million d’euros au début de l’année 2022 auprès notamment de Xavier Niel et d'une dizaine d’autres "business angels". L’application sera officiellement ouverte au début d’année 2023 mais est d’ores et déjà opérationnelle en version Béta (par ce lien).

24H au Trot.- Qu’est ce qui fait que l’environnement hippique vous semble attractif pour développer un projet comme Eqwin ?
Nina Caput (CEO - Directrice Générale).- Il y a d’abord la matière, l’acteur des courses qui est le cheval. Ce qui nous rassemble, les trois fondatrices, c’est la passion des chevaux, chacune dans notre univers respectif. Notre autre passerelle commune, c’est la mouvance large du Fantaisy Sport. Et en réunissant les deux, nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à faire dans l’univers des courses parce qu’il existe déjà une communauté importante de joueurs au sens large. On a vu un vrai potentiel à créer une réalité qui est proche de celle des propriétaires en se disant que chacun pourra aller dénicher des chevaux avec un potentiel, les voir évoluer, vibrer au rythme de leurs courses et les revendre ensuite. Quand on parie sur un cheval, on vit des émotions mais quand on le possède, c’est encore plus fort. Il y avait un potentiel à créer cette nouvelle réalité qui fait le lien entre joueur et propriétaire. Nous n’avons pas vocation à nous substituer à la réalité, nous utilisons le digital, les codes d’aujourd’hui, afin de mettre en avant les courses hippiques et les rendre désirables pour les néophytes et notamment pour les jeunes.

Un lexique de l'univers digital
■ Blockchain : la blockchain (ou chaîne de bloc) est la technologie de stockage et de gestion des données. Elle est sécurisée, grâce à des techniques de chiffrement, et permet la vente et l’achat de NFT.
■ NFT : Non Fungible Tokens (jetons non fongibles). Ces jetons uniques sont la valeur d’échange. Ils peuvent tout représenter : une œuvre d’art permanente ou éphémère, une police d’assurance…
■ Metaverse : L’univers virtuel.
■ Web 3 : le plus haut niveau de virtualité existant. Le Web 2.0, lié aux réseaux sociaux, reste lié à des plateformes de paiement en monnaie réelle. Pas le Web 3.


L'environnement Eqwin
Le précurseur et modèle : Sorare
Lancé en 2019, Sorare est un jeu de simulation sportive dans lequel les joueurs achètent, vendent, échangent et gèrent une équipe virtuelle avec des cartes de joueur numériques. La valeur des cartes est déterminée par les performances réalisées dans les vrais matchs par les sportifs. Développé à l’origine sur le football, Sorare a pénétré d’autres sports comme le baseball et le basket. Sorare affiche désormais 1,5 millions d’utilisateurs pour une valorisation capitalistique de plus de 4 milliards d’euros.

24H.- Parlez-vous de l’univers Eqwin. Quel cheval y appartient ?
Nina Caput.- Tous les chevaux entraînés en France sont intégrés à notre plateforme. À l’avenir, nous intégrerons aussi des chevaux étrangers. Dès qu’un cheval est déclaré partant pour la première fois, il est proposé sur la plateforme. Chaque cheval comprend 100 parts que nous dénommons memorabilia. Le portefeuille d’un client Eqwin est illimité mais une même personne peut acheter dix memorabilia au maximum d’un même cheval. L’utilisateur pourra vendre en réalisant des plus- ou moins-values en fonction des prix de revente. Je tiens à dire que nous nous plaçons dans l'univers du Web 2.0 avec des unités qui ne sont pas des NFT mais des parts de cheval qui correspondent à notre réalité. Nos fonctionnalités permettent à chaque utilisateur de gérer son effectif comme un propriétaire ou un entraîneur.

24H.- Comment sont valorisées les parts ?
Nina Caput.- Le prix de la part d'un cheval n’est pas le fruit du marché mais est fixé par l’algorithme d’Eqwin qui évalue cette valeur sur des critères objectifs liés à ses performances : courses remportées et valeur des courses en fonction de leurs allocations.

Ohrac, un même principe immersif dans un rôle de manager d'écurie
Lancé par Pierre Meskel et Nawfal Flayou, Ohrac propose le même concept digital pour "vivre les courses de l'intérieur". La plateforme permet "d'acheter (en argent réel ou cryptomonnaie) ou de revendre des cartes de chevaux de courses réels. La valeur de ces cartes évoluera en fonction des performances des chevaux lors des courses."

Un univers amené à se développer hors les murs des seules courses
À l'avenir, la dimension élevage sera aussi intégrée dans Eqwin nous a appris Nina Caput : "Elle fait aussi partie prenante de notre univers. Dans un second temps, les étalons et les poulinières seront disponibles et prendront de la valeur (ou non) en fonction des résultats de leurs produits."

Un retour à tous les acteurs de la filière
Tant pour Eqwin que pour Ohrac, il est question de reverser une partie de leur volume d'affaire à la filière des courses, dans l'esprit de la taxe affectée payée par les opérateurs de paris aux sociétés mères. Ohrac précise de son côté "travailler avec les institutions (LeTROT et France Galop) pour générer une nouvelle source de revenus". Pour Eqwin, lors de notre échange, il y a quelques semaines, Nina Caput nous précisait : "Nous avons prévu de retourner 10 % de nos revenus à la filière, comprenant les sociétés mères et les propriétaires - qui se sont inscrits chez nous - sur la base des transactions effectuées sur leurs chevaux." Les sociétés mères se sont saisies du sujet et travaillent sur un cadre applicable à ces différents projets. Il s'agit évidemment d'une donnée cruciale pour l'écosystème hippique pour bénéficier de nouvelles ressources et connecter les innovations du genre de manière vertueuse à la matière première qu'elles utilisent : les courses.

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