... (© C. Lepescheux)
Actualité - 05.11.2022

Patrick Terry : "Regarde, achète et gagne"

C’est une nouvelle entité dans la galaxie "Terry" qu’on va apprendre à connaître. Dimanche, la casaque verte de l’Écurie Watch Buy Win, que l’on peut traduire par "Regarde Achète Gagne", aura en piste avec son premier partant, Darshan, sur l’hippodrome de Hyères. La particularité de cette nouvelle écurie est qu’elle est uniquement composée de chevaux à vendre. À terme, l’effectif sera aussi bien constitué du poulain qui débute au cheval de 10 ans qui court un grand prix. Patrick Terry a cette idée en tête depuis plusieurs années qui est en fait en quelque sorte la concrétisation de l’évolution de sa structure d’entraînement.

On connaît Patrick Terry, l’entraîneur numéro un en termes de gains en province, numéro deux en victoires, numéro six au classement national par les gains alors qu’il reste huit semaines d’ici à la fin de l’exercice, lequel est d’ores et déjà un millésime remarquable pour son entraînement : record de victoires (150) établi dès les premiers jours de novembre et barre des 3 M€ de gains à l’horizon très proche. Des résultats obtenus avec un nombre de chevaux juste en dessous de 240 à ce jour et de partants à l’unisson puisque plus très loin des 1 800. L’homme n’est pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot.
Installé à Sainte-Marie-du-Mont, il a développé deux structures dans le Sud-Ouest dans la région de Créon d’Armagnac et une autre depuis le printemps dernier dans le Centre-Est, à Saint-Romain-le-Puy, où il loue des boxes. Cette expérience et ce savoir-faire sont à l’origine de la création de l’Écurie Watch Buy Win qui lui appartient à cent pour cent, une entité dont tous les chevaux sont à vendre. "C’est une idée que je nourris depuis longtemps. Elle est même à la base de ce que j'ai entrepris ces dernières années, avance Patrick Terry qui confie avoir besoin en permanence de challenges. Elle peut voir maintenant le jour car nous avons plusieurs sites et l’écurie qui présente le plus de chevaux. C’est la suite logique du développement de notre champ d'action. En Normandie, certains chevaux ont des performances en demi-teinte. À mes yeux, ce n'est pas la région la plus dure de France, c'est la région la plus dure d'Europe. Il n'y a qu'à voir les palmarès des plus grandes courses. Quand ces chevaux-là descendent dans d'autres régions, ils retrouvent de la valeur et cela rassure rapidement de potentiels acquéreurs. Beaucoup de collègues et de propriétaires m’envoient des chevaux en location et/ou en pension qui sont à vendre pour certains. Mais ces chevaux couraient jusque-là sous diverses casaques, ce qui ne permettait pas de savoir qu’ils sont à vendre. J’ai donc voulu créer une alerte avec une écurie dont tous les chevaux sont à vendre. C'est de l'achat en piste en permanence."

Une offre de chevaux clés en main
Patrick Terry est persuadé de la réussite de ce concept dont il dit avoir reçu des échos très favorables auprès des collègues auxquels il l'a présenté. "On offre aux acheteurs potentiels toutes les garanties que le cheval est prêt à courir. La preuve, il court ! Les chevaux sont clés en main, il n'y a aucun loup, insiste-t-il. Les acheteurs les voient courir et décident en fonction de faire une offre." Alors qu'il se définit comme ayant toujours été commerçant dans l'âme - "au début, avec mon frère, on était même plus commerçants qu'entraîneurs", glisse-t-il -, Patrick Terry juge qu'il est indispensable d'être en permanente réflexion : "Aujourd'hui, c'est un métier qui demande constamment à évoluer et à innover. Il y a beaucoup de gens susceptibles d'acheter des chevaux qui ne savent pas à qui s'adresser, qui trouvent que le système des ventes tous les trois mois est un peu long. Là, on propose de la vente H24, 365 jours sur 365". L'éventail des chevaux proposés à la vente se veut le plus large possible. "Le but est de courir du poulain qui débute jusqu'au cheval de 10 ans dans les grands prix de région. Ce n'est pas de proposer des chevaux à réclamer. Le but est proposer des chevaux qui répondent à la demande du marché. Avec cette idée, on va servir les professionnels d'un côté et les propriétaires qui veulent acheter des chevaux d'un autre", avance Patrick Terry.
La diversité et la richesse de l'offre assurent à ses yeux la réussite du projet. "Il n'y aurait que cinq ou six chevaux à vendre, cela ne vaudrait pas le coup. Il faut qu'il y ait du mouvement, c'est cela qui intéresse les potentiels acheteurs. Cette année, on a gagné 150 courses et on a pris quasiment 3 M€ de gains. Or, la moitié de ces chevaux-là seront en vert l’an prochain, estime-t-il. Personnellement, au moins les deux tiers de la soixantaine de chevaux qui ont couru sous la casaque de l'Écurie les Tilleuls vont passer sous la casaque de la nouvelle écurie."

Entre nouvelles opportunités et conséquences appréhendées
La mise en place de l'Écurie Watch Buy Win est même aux yeux de son initiateur susceptible pour son entraînement de lui permettre de se voir confier encore plus de chevaux : "Certains propriétaires et entraîneurs vont avoir la réflexion de me confier leurs chevaux pour les vendre en sachant qu'on essaye toujours d'optimiser au maximum le programme de chaque région. Avec cette écurie, j'espère donc que l'on va nous confier plus de chevaux. Avec l'entraîneur ou le propriétaire qui me met le cheval en location et/ou en pension, on fixe une valeur au cheval à son arrivée au sein de ma structure. Au moment de la vente, il me reverse une commission comme dans toute vente qui correspond à la valorisation qui a été faite du cheval. Dans le cas d'un jeune cheval pour lequel il faut plusieurs mois pour le mettre en valeur, je pourrais avoir une option d'achat". Forcément, ce nouveau système devrait entraîner quelques changements appréhendés par Patrick Terry. "Je vais peut-être garder des chevaux moins longtemps à l'entraînement et donc totaliser moins de victoires, mais du moment que la trésorerie est faite, ce n'est pas grave. Mes employés risquent de gagner un peu moins souvent mais le manque à gagner va être compensé, j'espère, par des propriétaires et des entraîneurs qui vont nous confier des chevaux que l'on n'aurait jamais eu sans cette écurie", se projette-t-il.

Le but est de proposer des chevaux qui correspondent à la demande du marché.
Patrick Terry


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