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Actualité - 10.11.2020

Meeting d'hiver et apprentis : Roulez jeunesse

Avoir plus de courses d'apprentis à Vincennes l'hiver est une bonne nouvelle.
Thibault Rousselet

C’est l’une des annonces associée à la présentation du meeting d’hiver 2020/2021. Le nombre de courses d’apprentis a été revu sensiblement à la hausse, avec 36 épreuves pour apprentis et lads-jockeys lors des quatre mois de la séquence hivernale, de début novembre à fin février. Pourquoi une telle démarche ? Quel est en le résultat en terme de calendrier ? Notre dossier du jour.

Le document de la société mère LeTROT qui présente l’ensemble des composantes du meeting d’hiver dans son acception la plus large, incluant les hippodromes de Vincennes, Cabourg et Caen, propose une partie spécifique pour les courses réservées aux apprentis. Rien de très nouveau. Pourtant, on y voit apparaître cette année le commentaire spécifique suivant : « Un effort significatif du nombre de courses réservées aux apprentis au trot attelé a été apporté sur ce meeting. » En chiffre, cela donne 36 épreuves réservées aux apprentis (et lads-jockeys) sur le seul meeting de Vincennes avec, dans le détail, 21 au monté et 15 à l’attelé. Il n’y en avait « que » 24 du même type lors du précédent meeting (19 au monté et 5 à l’attelé). C’est bien le segment des courses attelées qui a été augmenté.

[en photo, l'arrivée du Prix Médusa, le 3 novembre, la première épreuve attelée réservée aux apprentis et lads-jockeys durant ce meeting. Elle a été remportée par Darling Berry, pilotée par Guillermo Horrach Vidal]

LES COURSES D'APPRENTIS EN CHIFFRES
Courses pour apprentis meeting hiver de Vincennes 2020/2021
■ 36 courses (+12 par rapport au meeting 2019/2020)
■ 21 courses montées (+2)
■ 15 courses attelées (+10)

Courses pour apprentis meeting hiver 2020/2021 (Vincennes, Cabourg et Caen)
■ 40 courses (+11 par rapport au meeting 2019/2020)
■ 23 courses montées (+2)
■ 17 courses attelées (+9)


Pourquoi cette démarche ? Il s'agit logiquement d'une réponse à la crise des vocations actuelles, enregistrée, documentée et quantifiée dans les différents réseaux de formations aux métiers des courses, notamment dans l'activité spécifique du trot. Ces mesures d'augmentation de l'offre pour les apprentis (et lads-jockeys) visent à améliorer leur visibilité, leur offrir plus de possibilités de courir et de se forger de l'expérience. Si l'on considère que les épreuves pour apprentis sont, pour la plupart des apprenants ou des jeunes salariés, le moyen de diffuser leur nom au sein d'un univers pas toujours très perméable aux jeunes et aux inconnus, cette décision ne peut qu'être saluée positivement. La partie compétition des courses est pour beaucoup la motivation qui les fait entrer et/ou rester dans la filière hippique.

L'avis d'un professionnel et employeur : Eric Blot
C'est dans sa position d'employeur que nous avons sollicité Eric Blot qui a embauché il y a quelques semaines Thibault Rousselet, tout juste diplômé. L'entraîneur mayennais nous explique : « Je suis tout à fait pour cette décision d'augmenter le nombre de courses d'apprentis. Le fait de pouvoir courir est important pour les jeunes. C'est aussi comme cela que des petites maisons comme la mienne peuvent motiver et conserver leurs apprentis : en leur donnant la possibilité de courir. Car, souvent, les apprentis n'ont pas les mêmes avantages dans les grandes maisons et les petites structures. C'est aussi comme cela qu'on pourra attirer de nouveaux jeunes vers nos métiers. »

L'avis d'un apprenti : Thibault Rousselet
Que pense de cette nouvelle offre pour apprentis Thibault Rousselet (14 victoires dont 5 cette année), 20 ans, formé chez Eddy Planchenault, titulaire d'un CAPA et d'un Bac Pro, et dorénavant salarié chez Eric Blot ? Le jeune homme est en forme : il compte trois succès en un mois, depuis le 11 octobre, et s'est imposé à Vincennes pour la première fois en septembre dernier avec Caïd Doré. « J'ai entendu parler de cette décision [d'augmenter le nombre de courses d'apprentis] par mon patron, reconnaît-il. On en parle aussi aux courses entre jeunes. Avoir plus de courses d'apprentis à Vincennes l'hiver est une bonne nouvelle. L'hiver, il n'y en avait pas beaucoup auparavant. Ce n'est pas le cas en province durant l'été par exemple. Mais, en cette saison, s'il y a deux courses d'apprentis un dimanche, c'est tout et cela ne fait pas beaucoup. Pour ma part, cela ne changera peut-être pas grand-chose car mon patron [Eric Blot] me fait confiance dans le courses de professionnels. J'arrive donc à courir régulièrement les dimanches et quelquefois dans la semaine. Mais, par contre, pour ceux qui ne participent qu'aux courses d'apprentis, s'ils courent deux fois par mois, ce peut être un maximum... et encore. » L'expérience est évidemment un levier pour la confiance en soi. Thibault Rousselet continue sur ce sujet : « Depuis juillet/août, je sens que je suis mieux sur un sulky. J'ai pris de la confiance, je me sens bien et cela se passe bien du coup. »
Se faire un nom
Courir pour un lad-jockey comme Thibault Rousselet s'inscrit aussi dans une démarche sur le plus long terme : « Pour l'instant, je cours mais mon objectif, après, est de m'installer entraîneur. C'est sûr que se montrer aux courses, c'est important. Si des gens pensent : « En courses, il se débrouillait bien », cela peut les inciter ensuite à faire confiance dans la perspective d'une carrière d'entraîneur. C'est par les courses et les arrivées que les gens, et les propriétaires, se forgent une opinion sur les personnes. »

TÉMOIGNAGE

ANTOINE DE VAUGIRAUD : « C’EST BIEN QU’IL Y EN AIT UN PEU POUR NOUS »


Apprenti chez Sébastien Guarato, Antoine de Vaugiraud se voit confier régulièrement, pour la compétition, des chevaux par son patron ou pour l’extérieur. Il voit l’augmentation des courses réservées aux apprentis « attelés » cet hiver à Vincennes comme façon de mieux se faire connaître auprès de tous.

Il est en passe de réaliser l’une des meilleures années de sa jeune carrière. À 25 ans, Antoine de Vaugiraud, apprenti chez Sébastien Guarato depuis un peu de plus d’un an, se voit confier de plus en plus de partants pour son patron : aux quatre coins de France, l’apprenti aux 16 victoires – depuis le début de sa carrière – a participé cette année à 63 courses. Pour lui, l’augmentation des courses réservées aux apprentis « attelés » à l’occasion de ce meeting d’hiver ne peut apporter que du positif. « C’est vraiment bien qu’ils ouvrent plus de courses pour les apprentis, surtout à Vincennes. Ça permet de se faire connaître, et pour certains, ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent courir là-bas. D’autant plus que l’hiver est une période chargée en courses, c’est bien qu’il y en ait un peu pour nous », explique Antoine de Vaugiraud.

La confiance d’entraîneurs extérieurs
Pour celui qui a effectué son apprentissage pendant trois ans chez Yvonnick Dousset et Arnaud Hubert, avant de rejoindre divers établissements – Jean-Paul Gauvin, Franck Leblanc, entre autres – pour des périodes plus ou moins longues, l’hiver pourrait lui permettre d’engranger quelques victoires. « Ça se passe bien en ce moment avec Sébastien Guarato. Il me fait confiance et il faut que ça continue. Pour cet hiver, ce sera plus en province avec ses chevaux. » Et s’il veut driver en région parisienne, l’apprenti a la confiance de Patrick Terry, entraîneur qui n’hésite pas à l’appeler pour les drives dans la capitale, comme l’en atteste leur dernière association : c’était dans le Prix Médusa, à Vincennes, où le professionnel du Sud-Ouest lui avait confié l’un des fers de lance de l’écurie, Casting de Chenu. « Je pense que Patrick Terry me donnera quelques chevaux pour l’hiver. Il a déjà prévu de s’y rendre avec Dudu du Noyer en décembre. Ce ne seront pas des penaltys, mais avec un bon parcours, ça peut devenir des chances régulières » souligne Antoine. Une association qui a débutée grâce à un agent, Alexandre Decoopman. « Il gère un peu les partants pour Patrick Terry et il a fait appel à moi, c’est comme ça que tout a commencé » précise-t-il. Des drives à Vincennes qui peuvent, selon lui, permettre de se faire connaître un peu plus : « Contrairement aux courses en province, les gens peuvent nous regarder à la télé, et les apprentis qui courent à Vincennes sont souvent bien vus. C’est super pour nous. C’est vraiment bien qu’ils prennent le temps de faire des courses pour nous. »

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