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Actualité - 03.01.2023

Pierre-Yves Verva le super remplaçant qui marque

Pierre-Yves Verva vient de boucler sa meilleure saison dans ses deux rôles d'entraîneur et de pilote, en nombre de victoires dans ce dernier cas. L'homme du Nord installé dans l'Oise depuis dix ans a aussi remporté dimanche le Prix d'Amérique Races ZEturf Q#5-Prix de Bourgogne (Gr.1) associé à Délia du Pommereux. C'est un homme de 47 ans dans la plénitude de son talent qui commence donc une nouvelle saison sur les chapeaux de roue. S'il a connu les plus grands honneurs - au palmarès par exemple du Prix de Cornulier avec Arcadia en 1996 -, Pierre-Yves Verva a souvent aussi endossé l'habit du remplaçant ou de la doublure. Voilà comment le super remplaçant marque des buts décisifs.

Quarante-huit heures après sa victoire dans la Prix d’Amérique Races ZEturf Q#5-Prix de Bourgogne avec Délia du Pommereux (Niky), Pierre-Yves Verva ne lève pas le pied. Il a entretemps fait une double journée lundi, avec des partants à Mauquenchy et à Vincennes. Ce mardi, il entrera trois fois en piste dont une avec sa pensionnaire Déesse Noire (Néoh Jiel). Pierrot, son surnom dans les allées des hippodromes, semble placide comme toujours. Pourtant, il y a un bouillonnement intérieur que l’expérience ne réussit pas à tarir et c’est tant mieux. Pierre-Yves Verva reconnaît : "Quand on gagne des courses comme le Bourgogne, on reste un peu "surexcité" après la victoire. Ce qui est sûr, c’est que j’en ai bien profité. J’ai pris beaucoup de plaisir, cela a été un grand kiff."

La nouvelle belle histoire avec Délia du Pommereux
À chaud dimanche, après son succès avec Délia du Pommereux, Pierre-Yves Verva avait réagi par ces mots : "C'est une très belle surprise d'autant qu'il y a encore trois semaines je ne savais même pas que je lui serais associé et me voilà maintenant avec elle pour une histoire qui va durer un peu. C'est top, la jument était parfaite, Sylvain (Roger) l'ayant retrouvée au mieux. Elle a été très forte pour s’imposer mais, sur ce point, ce n’est pas une surprise : on sait que c’est une crack. La jument a vraiment bien sprinté pour finir. Elle a su donner le coup de reins quand j'ai baissé les œillères, ce qui m'a plu. Finalement, la course a été parfaite." C'est maintenant une participation au Prix d'Amérique Legend Race (Gr.1) qui s'annonce, suivie d'une tentative dans le Prix de France Speed Race (Gr.1). Et là, sur le parcours de prédilection de la jument de 10 ans de Noël Lolic, les ambitions seront grandes.

Le pilote qui arrive après les autres
Rarement, Pierre-Yves Verva s'est imposé comme le pilote initial, jockey ou driver, des meilleurs chevaux qu'il ait monté. Il y a un an, il retrouvait le sulky de Billie de Montfort (Jasmin de Flore) dans le "Bourgogne". Leur troisième place confortait la participation de la championne de 11 ans au Prix d'Amérique Legend Race pour une dernière fois. Pierre-Yves Verva la drivera encore dans le Prix de France Speed Race en février. Il avait déjà été épisodiquement son partenaire (quatre fois incluant une tentative dans le Prix d'Amérique Legend Race 2019). Il y a plus longtemps, Pierre-Yves Verva avait aussi succédé à plusieurs jockeys, dont Yves Dreux et Michel Lenoir, sur la selle d'Arcadia (Jiosco), une représentante de Bernard Desmontils. Il la découvrira en fin d'année 1995. En janvier suivant, le tandem remportera le Prix de Cornulier après avoir pris la deuxième place du Prix de l'Île-de-France. Le professionnel partage cette analyse sur sa carrière et nous déclare : "J'aurai dans ma carrière croisé la route de super juments d'âge : Billie de Montfort, maintenant Délia (du Pommereux), avant Arcadia et souvent avec ce rôle de remplaçant. Après tout, pourquoi pas dès lors que je gagne de belles courses avec elles ? Je veux bien continuer à driver les vieux chevaux des bonnes générations (rires)."
Le constat vaut aussi pour d'autres champions avec lesquels Pierre-Yves Verva s'est imposé au plus haut niveau. Il a découvert Prince Gédé (Sancho Pança) à l'âge de 5 ans, une fois le cheval arrivé dans les boxes de Thierry Duvaldestin. Il remportera avec lui le Prix de Normandie (Gr.1) puis formera le vainqueur éphémère du Prix de Cornulier en 2009 avant sa disqualification aux termes d'une longue enquête des commissaires. Le troisième titre de Groupe 1 de Pierre-Yves Verva a été obtenu avec Saphir de Morge (Guénor) dans le Prix des Centaures en 2012. Le jockey succédait alors à Éric Raffin et Matthieu Abrivard, précédents partenaires au monté de celui qui était alors entraîné par Franck Terry.
Sur ces associations "atypiques", notre interlocuteur nous explique : "Je n’ai jamais été vraiment associé à des partants de Critériums dans ma carrière. C’est ma vie, on ne va pas refaire l’histoire. C’est aussi pour cela que je savoure encore plus une victoire comme celle de dimanche avec Délia. À mon âge, c’est top."

Pierre-Yves Verva en bref
■ 47 ans
■ Père de 2 filles, Louise et Clémence
■ Fils de Philippe Verva, frère de Laurent, Matthieu et Céline
■ Neveu de Guy Verva chez qui il est arrivé jeune en apprentissage
■ 1.686 victoires en France comme pilote (1.111 à l'attelé ; 575 au monté)
■ 300 succès en France comme entraîneur (installé en 2012)

LA GRANDE ANNÉE 2022 DE PIERRE-YVES VERVA
■ 41 victoires comme entraîneur (précédent record : 39 en 2015) // 970.050 € de gains (précédent record : 805.450 € en 2015)
■ 109 succès comme pilote (précédent record : 108 en 2012)


Me voilà maintenant avec Délia du Pommereux pour une histoire qui va durer un peu.
Pierre-Yves Verva

©Aprh
PIERRE-YVES VERVA : "SI JE GAGNE LE CORNULIER AVEC FAUBOURG, J'ARRÊTERAI DE MONTER !"

Auteur de sa meilleure saison en 2022 [lire les repères en page précédente], Pierre-Yves Verva réalise une longue et belle carrière. Sportif dans l'âme, l'homme n'a jamais connu de problèmes de santé et continue à se produire au monté (9 victoires l'an dernier comme jockey). Au sujet de la réussite de son effectif personnel, il nous avait déclaré en octobre dernier : "Je remercie mon équipe qui produit un très bon travail. Mon effectif est sympa avec des chevaux compétitifs, en forme et qui n'ont pas de problème de santé. Je travaille avec des meilleurs chevaux grâce à des propriétaires qui me font confiance et qui investissent." Deux mois et demi plus tard, nous ouvrons nos échanges à l'homme Pierre-Yves Verva.

24h au Trot.- Vous vous produisez encore dans les deux spécialités. Vous êtes-vous fixé une date butoir pour le monté, une discipline évidemment très exigeante physiquement ?
Pierre-Yves Verva.- Je n’ai jamais eu de problème de santé et je suis encore en pleine force de l’âge (rires). Je n’ai jamais connu d’interruption de carrière par rapport à une chute ou des blessures par exemple. Il reste que je suis désormais moins présent au monté. C’est devenu plus dur contre les jeunes et je suis un peu contraint par le poids. J’ai de plus en plus de mal à perdre les petits kilos que je peux prendre quand je pars en vacances… Cela fait partie du sport. Je ne me pose pas encore la question d’arrêter de monter mais je sais que cela arrivera.

Vous serez au départ du Prix de Cornulier cette année avec votre pensionnaire Faubourg. Que pouvez-vous nous dire ?
J’espère que Faubourg aura une place au départ du Prix de Cornulier. Ce sera avec moi et personne d’autre. Je me dis que, si on gagne, j’arrêterai de monter. Ça, c’est sûr. J’arrêterai sur une victoire dans le Cornulier. Mais comme je ne pense pas gagner la course, je continuerai encore un peu. L’histoire est belle car il ne faut pas oublier qu’il y a un an Faubourg courait dans la catégorie des amateurs. Il a bien pris le travail que je lui proposé, n’a fait que progresser et s’améliore encore je trouve.

Quel sportif êtes-vous ? Pratiquant intensif ou sportif seulement dans les courses ?
J’aimerais faire plus de sport mais je vis mon métier à fond et je n’ai pas le temps. Mais c’est aussi ce que l’on veut : courir le plus possible et j’en profite pleinement. Avec mon expérience et à mon âge avec une belle forme, j’essaie de profiter au mieux de la vie, avec ma famille et mes amis dès que je le peux. Pour moi, le sport, c’est par exemple la semaine de ski après le meeting d’hiver. Elle est primordiale car je prends un bon bol d’air et je partage ces journées avec les copains et la famille. C’est toujours une semaine qui me tient à cœur et dont j’ai besoin.

Vous venez de réaliser votre meilleure saison comme entraîneur. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Cela va faire dix ans que je suis installé. Mon oncle (N.D.L.R. : Guy Verva) m’a donné un sacré coup de mains à mes débuts en me laissant de bons chevaux. Au fur et à mesure du temps, on a su construire une écurie sympa et, désormais, on a un bel effectif. 2022 a été ma meilleure saison. J’ai eu la chance de tomber sur Faubourg et Gipsy de Chamant. Quand on gagne presque dix courses dans une année avec un cheval, ce n’est pas commun et magnifique.

Est-ce que l’expérience joue en votre faveur dans cette partie ?
Je pense. Avec l’âge, on apprend de ses expériences et erreurs. J’ai fait des bêtises et j’en ferai encore mais on peut réagir plus vite avec l’expérience. Je mesure évidemment la belle réussite de mon écurie. Aujourd’hui, on peut dire qu’il me manque juste un cheval de Groupe 1 pour aller au bout des choses. Comme je n’ai pas de grosse écurie (avec un maximum de 35 chevaux et actuellement une vingtaine d’éléments à l’entraînement) et il faut avoir le bonheur de tomber sur un tel cheval. Il faut un peu de chance. En fait, je pense faire partie des chanceux aujourd’hui.

On vous sent terriblement confiant, dans le bon sens du terme évidemment, sans notion d’arrogance.
Réussir une belle année comme 2022 donne encore plus de confiance. J’avais déjà confiance en mes chevaux et mes montes mais c’est un petit plus d’avoir de la réussite. Quand on s’impose dans de bonnes courses avec de l’enjeu et beaucoup d’opposition, comme c’était le cas dimanche avec Délia du Pommereux, c’est un plus pour la confiance.

Des histoires qui durent
La fidélité transparaît sous de multiples formes dans l'entourage de Pierre-Yves Verva. Déesse Noire, avec laquelle "Pierrot" s'est imposé dans le GNT à Laval en juin dernier, vient d'arriver dans ses boxes après la cessation de Loïc Chaudet et renvoie à la casaque de Bernard Desmontils et au temps d'Arcadia. Plus généralement, Pierre-Yves Verva est au service d'un nombre important de professionnels souvent depuis plusieurs décennies.

Avec Déesse Noire

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