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Actualité - 23.01.2023

Comme un retour de flamme

FLAMME DU GOUTIER, GRANDE PARMI LES GRANDS

En s’imposant pour la seconde année consécutive, Flamme du Goutier devient le 14ème trotteur à réussir le doublé dans plus de quatre-vingt-dix ans d'histoire du Prix de Cornulier, la troisième femelle seulement à le réaliser après Masina au début des année 1960 et Roxanne Griff au milieu des années 2010. C’est dire la portée de l’exploit de la jument de Jean Cottin qui améliore encore son chrono de l’an dernier en 1’11’’5. Une portée d’autant plus grande que Flamme du Goutier réussit cet exploit en lui donnant caractère unique : elle est le premier trotteur à réussir le doublé sans avoir recouru entretemps au monté, ce qui souligne encore un peu plus le travail exceptionnel de préparation de Thierry Duvaldestin, son entraîneur. Enfin, Flamme du Goutier permet à Mathieu Mottier, qui la découvrait, de remporter son premier Cornulier, lui le double Étrier d’Or.

Comme l'an dernier, la victoire de Flamme du Goutier (Ready Cash) est de celle qui se prépare tout au long d'une saison. D'ailleurs, les similitudes entre les deux titres de la championne de l'Écurie Saint-Martin sont nombreuses, à commencer par un scénario de course où la tenante du titre a attendu avant de placer une pointe de vitesse sur 200 mètres qui lui a permis de faire la différence et a douché une nouvelle fois les espoirs de ses adversaires, quand bien ils n'ont pas grand-chose à se reprocher. À commencer par Granvillaise Bleue (Jag de Bellouet), de nouveau sa dauphine et de nouveau battue après s'être vue sur la plus haute marche du podium. Comme du temps de Roxanne Griff et Tiégo d'Etang, Flamme du Goutier et Granvillaise Bleue forment donc le jumelé gagnant deux ans de suite. Un bis repetita qui pousse Thierry Duvaldestin, dont le palmarès s'enrichit d'un 39ème Groupe 1, à faire des parallèles entre les deux éditions : "Par rapport à l’an dernier, j’estime qu’elle fait à peu près la même performance, à peu près la même course aussi, à part le fait qu’elle a beaucoup plus démarré cette année. Sur un sprint, elle va plus vite que les autres. C'est sa classe d'attelage. Réussir le doublé dans le Prix de Cornulier, peu de juments l’ont fait. "Flamme" a peu couru depuis le début de sa carrière, elle n’est pas usée".

Flamme du Goutier en chiffres
■ 52 courses
■ 10 victoires
■ 10 accessits
■ 5 Groupes 1 : Prix de Cornulier x 2 - Prix de Normandie - Prix de l'Île-de-France - Prix des Centaures
■ 1 594 840 €


Cette pointe de vitesse qui lui lui vient de sa classe d'attelage lui permet de faire des différences terribles. Camille Levesque, partenaire de Granvillaise Bleue, peut en parler mieux que quiconque, elle qui termine une fois encore à la deuxième place. "Ma jument a été exceptionnelle, réagit-elle. Malheureusement, elle tombe sur Flamme du Goutier. C'est une jument de Prix d’Amérique qui ne court qu’une fois monté dans l’année dans cette course. Elle est meilleure tout simplement. On n’a pas eu la course que j’aurais voulu avoir. En descendant, Galipette Pierji nous contre car son jockey est moitié embarqué. Je ne sais pas si je perds la course là-dessus car Flamme du Goutier gagne bien. Mais faire la descente à trois n’est pas bon, en plus il y a un peu de vent. J’ai quand même la chance d’avoir pu reprendre un dos dans la montée où elle était plus fatiguée. Après, elle donne tout ce qu’elle a."

Des similitudes et des différences payantes
Si les deux titres de Flamme du Goutier ont des similitudes, ils diffèrent cependant en deux points. Le premier est l'option prise par Thierry Duvaldestin dans la préparation : à savoir ne pas recourir la jument au monté depuis le mois de janvier dernier. Un parti pris qu'elle est la première à relever victorieusement dans toute l'histoire de la course. "La préparation de la jument s'est bien passée, revient-il à ce sujet. On l'a emmenée travailler deux fois à la plage. Théo s'en est bien occupé toute l'année." Une volonté qui s'est manifestée jusqu'au fait que Mathieu Mottier, son nouveau jockey et donc l'autre nouveauté, fasse son heat au monté lors de sa dernière course attelée et non ce dimanche de Cornulier.

LES RÉACTIONS EN VIDÉOS


Sur un sprint, elle va plus vite que les autres.
Thierry Duvaldestin

© Aprh

Non seulement, Flamme du Goutier s'impose deux ans de suite sans avoir recouru mais elle le fait avec un nouveau jockey qui ne l'avait donc encore jamais montée à l'exception de heat. Double Étrier d'Or, Mathieu Mottier n'est pas le premier venu mais découvrir réellement une telle jument le jour J pourrait s'apparenter à un cadeau empoisonné et n'a rien d'une partie de plaisir en raison de la pression qui entoure l'événement. "Mathieu (Mottier) était détendu, je ne lui ai pas mis de pression. Il y avait beaucoup d’enjeu aussi pour lui, reconnaît Thierry Duvaldestin, car il ne la connaissait pas. Il ne s’est pas loupé." Le jockey mayennais a monté une grande course pour remporter un premier "Cornulier " quand bien même il avait entre les jambes le meilleur cheval de la course. "J’ai monté une crack, lâche-t-il encore ému. J’ai pris beaucoup de plaisir. Pour gagner cette grande course, il faut une grande jument. J’ai la chance de la rencontrer aujourd’hui (lire dimanche). Si j’avais rêvé la course, j’aurais voulu que ça se passe comme ça. C’est une championne facile à monter. Je n’ai pas fait grand-chose, j’ai juste monté la meilleure jument de la course." Une appréciation beaucoup trop réductrice car Mathieu Mottier a pris toutes les bonnes options tactiques, à commencer par celle de prendre le sillage de Hanna des Molles (Village Mystic) en haut de la montée avant que sa jument ne fasse les meilleurs derniers mille mètres (1'10''7) comme les meilleurs cinq cents (1'10''4). "Quand j’arrive à prendre le dos d’Alexandre (Abrivard) avant l’intersection des pistes, c’est là où je pense que je la gagne, confirme-t-il. Si on doit faire le tour, c’est plus difficile. Maintenant peut-être qu’elle l’aurait fait mais ça aurait été plus dure. À mi-virage, je pensais que notre affaire allait bien. Je n’avais encore rien tiré à l’entrée de la ligne droite. Je l’ai fait pour ne pas se laisser surprendre mais elle ne pouvait pas être deuxième."
De la pression, Mathieu Mottier en avait nécessairement mais, comme un grand jockey qu'il l'est, il en a fait une force pour se saisir du titre dont il rêve depuis qu'il est enfant. "J’ai eu la chance de gagner plein de courses, d’avoir été deux fois Étrier d’Or, mais ça n’a rien à voir avec le "Cornulier". Je concrétise un rêve", ne cache-t-il pas.


4e | PRIX DE CORNULIER
M - 2700 m - Groupe 1 - 700 000 €
FLAMME DU GOUTIER 1'11"5
Ready Cash x Utopie du Goutier (Kaisy Dream)
Jockey : M. Mottier - Entraîneur : Th. Duvaldestin
Propriétaire : Ec. Saint Martin - Eleveur : S.C.E.A. des Bissons
2e Granvillaise Bleue 1'11"6 Jag de Bellouet x Lady de Brevol
3e Hanna des Molles 1'11"7 Village Mystic x Ultimate Jet
4e : Vaprio - 5e : Zarenne Fas - 6e : Hirondelle du Rib - 7e : Edition Gema

D'où vient-elle ?

Propriété de son éleveur, Jean Cottin (Ecurie SaintMartin), Flamme du Goutier est une fille de Ready Cash 1'10'' et de la semi-classique Utopie du Goutier 1'13'' (156.700 €), placée des Groupes II Prix Paul Leguerney et Ariste Hémard. Cette fille de Kaisy Dream 1'12'' est la trois quarts soeur du classique Quido du Goutier 1'12'' (Extreme Dream), deuxième du Critérium des Jeunes et du Prix de l'Etoile ou encore troisième du Prix Albert Viel. Elle est la mère de trois autres gagnants, Eros du Goutier 1'17'' (Prodigious), Galiléo du Goutier 1'15'' (Bold Eagle), et Jazz du Goutier (Ready Cash) 1'15''. Le 3 ans Kairos du Goutier (Carat Williams) a été qualifié au mois de septembre à Caen en 1'20''9 par Thierry Duvaldestin.

Indy de Vive 1'11''9 Viking's Way 1'15''6
Ready Cash 1'10''3 Tekiflore 1'19''8
Kidea 1'18''2 Extreme Dream 1'14''7
FLAMME DU GOUTIER Doceanide du Lilas 1'16''8
Kaisy Dream 1'12''3 Extreme Dream 1'14''7
Utopie du Goutier 1'13''2 Daisy Chain 1'15''0
Idole de Tugeras 1'13''7 Coktail Jet 1'11''2
Uka des Champs 1'15''1
© Aprh
L'élevage du Goutier : une référence à 12 Groupes 1
Comme l'an dernier, Jean Cottin (88 ans) était accompagné ce dimanche à Vincennes de son homme de confiance Gérard Pattin pour assister à la deuxième victoire de sa jument Flamme du Goutier dans le Prix de Cornulier. Voilà un quart de siècle, Jean Cottin achetait ses premières juments à Deauville dans l'espoir de les voir briller leur production, l'objectif de "monter un élevage et une écurie de grande envergure" se révélant assez vite comme il le confiera plus tard. Il y eut d'abord Onyx du Goutier et le Prix de l'Étoile, puis l'épopée Scipion du Goutier, vendu yearling à Deauville avant qu'il ne devienne un champion sous la selle (6 Groupes 1) et un étalon, père entre autres de Horsy Dream. Avec Flamme du Goutier, Jean Cottin, qui a aussi développé en parallèle avec réussite un élevage au galop, touche plus que jamais au Graal, à la fois comme éleveur et comme propriétaire. "C'est splendide ! Bravo à Thierry Duvaldestin, pour sa préparation au millimètre, à Mathieu Mottier, qui a su prendre la suite, et bien sûr à M. Cottin", lâche ému Gérard Patin.
Une édition inédite avec trois femmes jockeys à l'arrivée
Décidément, 2023 restera pour toujours comme un millésime à part pour la discipline de l'Étrier. Jamais encore, quatre femmes jockeys - Nathalie Henry, Camille Levesque, Matilde Herleiksplass et Gaëlle Godard - n'avaient été au départ du Prix de Cornulier. Même si la victoire n'est pas revenue pour la seconde fois à l'une d'entre elles, elles ont réalisé une grande performance puisque trois d'entre elles terminent dans les cinq premiers : Camille Levesque avec Granvillaise Bleue (Jag de Bellouet) à la 2ème place, Nathalie Henry avec Vaprio (Adrian Chip) à la 4ème place et Matilde Herleiksplass avec Zarenne Fas (Varenne). "C’est une place qui fait plaisir et qui est un peu inattendue car on ne partait pas avec une chance. Mais c’est un gentil cheval qui fait toutes les distances", note Nathalie Henry. "C’est super, rebondit sa cadette Matilde Herleiksplass. Je suis mal partie car je n’avais pas trop de place. Du coup, je me suis retrouvée un peu plus loin que prévu. C’est pour cela que j’ai une petite part de déception." Cette réussite est complétée par la 7ème place de Gaëlle Godard avec Edition Gema (Prince Gédé).
La domination des femelles se poursuit
Largement majoritaires sur la ligne de départ (12 sur 18), les femelles ont été aussi dominatrices sur la piste. Certes, ce n'est pas le grand chelem de l'an dernier quand elles s'emparaient des cinq premières places, mais, comme en 2021, elles trustent le podium de ce Prix de Cornulier avec Flamme du Goutier, Granvillaise Bleue et Hanna des Molles. Le passé de la course est encore très imprégné de l'empreinte des mâles (69 titres contre 23) mais l'histoire récente confirme un basculement. Lors des dix dernières éditions, la victoire s'est conjuguée au féminin à sept reprises ! Et l'avenir semble devoir continuer à sourire aux femelles. Il est notamment incarnée par la troisième de place de Hanna des Molles. "On est des compétiteurs dans l’âme, donc on veut toujours gagner, mais je ne peux pas avoir de regret sur la course. J’ai un rêve de parcours. Je bois du petit lait à mi-virage avant que les deux premières repartent mieux que la mienne", confie Alexandre Abrivard.
1'11''5 : le troisième meilleur chrono
Alors que l'attend maintenant le prix d'Amérique Legend Race dimanche prochain dont elle avait pris la 3ème place l'an dernier, Flamme du Goutier a réalisé en 1'11''5 le troisième meilleur temps de la course après le record de 1'11''2 de Bilibili et les 1'11''3 de Traders.

La course de rêve.
Mathieu Mottier

© Aprh

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