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Actualité - 04.02.2023

Une édition 2023 réussie et pleine de vie

Environ 1500 personnes ont répondu présentes à l'appel du 8ème Salon du Trot en Normandie ce vendredi à Saint-Lô. Signe toujours révélateur, le restaurant affichait complet et les allées encadrant la carrière centrale étaient bien garnies. Mais au-delà des chiffres, c'est l'énergie qui s'est dégagée du Pôle Hippique de Saint-Lô qui restera le marqueur principal de cette édition.

Et la plus belle énergie fut bien sûr celle de la trentaine d'étalons venus se présenter en chair et en os aux visiteurs éleveurs et socio-professionnels du trot. Des sires de toutes catégories pour toutes les bourses et tous les choix de croisement. De mémoire de fidèle du rendez-vous normand, jamais un tel parterre d'étalons n'avait été proposé (voir notre édition de mercredi). On en veut pour preuve la présence de la star des statistiques 2022, Boccador de Simm (en photo) qui n'a nul besoin de promotion et venu ici pour saluer les éleveurs. Mais il y avait aussi de jeunes étalons arrivés sur le marché en 2023 installés en Normandie ou en Mayenne (la dénomination du salon n'étant évidemment qu'une appellation) et de véritables stars comme Timoko ou le plaisant Feeling Cash. Tous ont défilé devant un public attentif avant de laisser place à l'invité d'honneur Diable de Vauvert (Prince d'Espace), habitué des lieux et même bien avant de devenir double vainqueur de Gr.1.
Les fiertés de Normandie ont également été récompensées : du duo Gai Matin-Barbara Guenet pour le Grand National des Amateurs 2022 aux deux lauréates du Concours de Meilleur Apprenti de France catégorie hippisme Lou-Anne Lecocq et Alice Perrocheau, à Caliméro du Thiole pour son Trophée Vert mais aussi au crack Idao de Tillard dont le propriétaire Cyril Sevestre et l'éleveuse Françoise Chaunion avaient fait le déplacement. Cette 8ème édition a donc été un succès même si les tables rondes imaginées pour le début d'après-midi auraient sans aucun mérité une assistance plus nombreuse et captive. De quoi réfléchir à une nouvelle formule pour la saison prochaine.

DIABLE DE VAUVERT, INVITÉ D'HONNEUR
Pour la troisième année, le normand Diable de Vauvert (Prince d'Espace) était présent au Salon du Trot en Normandie à Saint-Lô. Cette continuité a trouvé un écho supplémentaire par le fait que le champion de Franck Lemuet était l’invité d’honneur de cette 8ème édition, lui le vainqueur en 2022 du Prix de Paris Marathon Race (Gr. 1) à Vincennes et du Harper Hanovers (Gr. 1) à Solvalla pour l'entraînement de Bertrand Le Beller. Plusieurs mois après, cette victoire suédoise reste un souvenir toujours mémorable pour l'éleveur normand : "Aller défendre les couleurs de l’élevage français en Suède était l’un de mes rêves qui s'est donc réalisé".
Franck Lemuet se souvient aussi très bien d'avoir aussi accompagné son champion à Saint-Lô alors que Diable de Vauvert débutait sa carrière d'étalon en parallèle à la poursuite de sa carrière de compétiteur. "Je me souviens être venu ici alors qu’il n’avait pas le palmarès qui est le sien aujourd’hui et j’avais dit alors qu’il n’avait pas encore montré tout ce qu’il était capable de faire, a-t-il rappelé juste avant la présentation en main de Diable de Vauvert. L’avenir ne m’a pas donné tort. Comme étalon, je peux dire la même chose. Il a une dureté phénoménale, avec des qualités physiques exceptionnelles." Franck Lemuet a profité de ce moment pour évoquer le prochain retour sur les pistes de son cheval, absent du meeting d'hiver de Vincennes : "J’espère qu’on le reverra aux courses au printemps. Disons que le mois de mai est un objectif réalisable".

JOËL HALLAIS, LE GRAND TÉMOIN
Quand Joël Hallais est appelé à parler de son expérience d'éleveur, lui qui a monté un élevage dont Hirondelle du Rib (Rolling d'Héripré) au départ ce dimanche du Prix de l'Île-de-France (Gr. 1) est la dernière lauréate classique et qui fut le président de la Commission de l'Élevage durant de longues années, c'est forcément un moment attendu. Fidèle à lui-même, l'homme du Haras du Ribardon ne s'est nullement posé en donneur de leçons et a insisté qu'il faut toujours rester modeste dans ce domaine. "En élevage, la première règle est qu’il n’y a pas de règle. Au fil des années, on se rend compte que, même si on connaît quelque chose, la part du hasard est toujours présente. Il y a plus de leçons à prendre qu’à donner. Beaucoup plus", a-t-il ainsi émis en préambule avant de revenir sur son parcours d'éleveur et les choix qui ont été les siens. "J’ai décidé de faire de l’élevage en 1990 car j’avais un cheval de tête avec Sancho Pança, est-il revenu. J’ai alors commencé à augmenter mon nombre de poulinière pour atteindre un effectif d’environ trente poulinières, en essayant de ne pas dépasser ce chiffre sinon l’effectif est trop important. Cela permet aussi de sélectionner. Par ailleurs, ma structure ne me permettait pas d’en avoir davantage. Avoir entre vingt et vingt-cinq poulains tous les ans est suffisant pour alimenter mon écurie." Et Joël Hallais de raconter que son élevage s'est essentiellement développée à partir de deux juments de base, à savoir Unité de Vandel (Képi Vert), la mère entre autres de Memphis du Rib (Elvis de Rossignol), triple vainqueur de Groupe 1, et Une Passion (Chambon P), la grande-mère de la toute récente gagnante de Groupe 2 Ina du Rib (Uhlan du Val).
Sa grande expérience n'empêche pas Joël Hallais de s'interroger perpétuellement sur les choix de croisement. "Pour le choix des étalons, je me prends la tête dès le mois de novembre… pour avoir des résultats en dents de scie comme tout le monde. Si le croisement ne réussit pas, je suis coupable. Si le croisement réussit, j’ai l’impression d’y être un petit peu pour quelque chose, a-t-il avancé. J’ai trois critères de sélection de base pour mes croisements : l’aptitude à trotter pour essayer de faire des mariages d’allures - par exemple pour une jument qui trotte un peu gros la mettre plutôt à un demi-hambleur et vice et versa -, le caractère et le modèle."
Alors qu'il souligne le très haut niveau de l'élevage du Trotteur Français - "on le voit au niveau international", dit-il - consécutif à des critères d'admission à l'élevage plus stricts et une sélection plus rigoureuse, cet élevage s'interroge sur une nouvelle ouverture de son stud-book. "Tous les grands courants de sang américains sont présents dans le Trotteur Français, plus ou moins éloignés mais tous présents, rappelle Joël Hallais avant d'émettre une proposition. Faire revenir les mêmes pose un problème. Quand on parle de consanguinité, il faut savoir que dans les années 1950 on avait beaucoup d’apports de pur-sang et c’est peut-être une possibilité aujourd’hui de faire entrer du pur-sang. Jamin était à 25 % pur-sang. C’est une piste à longue échéance mais l’élevage est très long."

En élevage, il y a plus de leçons à prendre qu’à donner. Beaucoup plus.
Joël Hallais

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