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Actualité - 22.11.2020

Diable de Vauvert : C'est fait !

En connaissant ses talents de finisseur, j’aurais préféré que cela aille très vite au début.
Gabriele Gelormini

Difficile de faire arrivée plus serrée. Plus exaltante aussi. Le Prix d'Amérique Races Qualif #1 a charrié son lot d'émotion et de renversement de situation. À ce jeu, il y a les gagnants et les perdants. Le premier gagnant est le vainqueur de l'épreuve. Diable de Vauvert a réussi son pari en s'imposant et décroche du même coup une place réservée dans le Prix d'Amérique. « C'est fait » a pu souffler son entourage.

Il n’y avait de mystère pour personne. Diable de Vauvert (Prince d’Espace) avait fait comme quelques autres un objectif prioritaire de ce Prix de Bretagne (Gr.2) [lire nos éditions du 4 et 18 novembre]. Pour lui, il fallait conclure dans les trois premiers pour décrocher une des places délivrées d’office dans le Prix d’Amérique à ceux qui montent sur le podium. Cela a été la première réaction de Gabriele Gelormini à notre intention : « C’est top. L’objectif est atteint. »
La principale désillusion est venue de Valzer di Poggio (Love You). Dans la même configuration que Diable de Vauvert (l’obligation de décrocher une wild card pour dépasser son élimination par les gains), le pensionnaire et partenaire de Jean-Michel Bazire était encore aux commandes à cent mètres du but quand il a totalement lâché prise sous les pressions conjuguées d’une nuée emmenée par Diable de Vauvert, Feliciano (Ready Cash) et Bahia Quesnot (Scipion du Goutier). Il a même pris le galop et a appelé ce commentaire de JMB : « Il a fait beaucoup d’effort dans le parcours et n'avait plus la cadence pour finir. On a fait peut-être trop fort mais il va se racheter plus tard. »
Une mise en jambes de sénateurs
Ce Prix de Bretagne présente une particularité : celle de se conclure sous forme d’un peloton encore compact. L’écart entre le premier est le septième (Féerie Wood) n’excède pas deux longueurs et demie. On ajoute encore une généreuse longueur et on arrive au onzième (Billie de Monffort). Sur le tableau chronométrique, cela donne une demi-seconde entre le vainqueur et Chica de Joudes (Jag de Bellouet), neuvième. En fait, l’épreuve s’est jouée sur une longue séquence en accélération permanente à partir de la marque des 1 500 derniers mètres quand Jean-Michel Bazire a commencé à mettre la pression avec Valzer di Poggio à l’animateur Drôle de Jet (Coktail Jet) qu’il a couvert en passant le dernier kilomètre. Avant cela, Drôle de Jet était passé en 1’15’’ à 2 000 mètres du but. Le dernier kilomètre a été très soutenu et a aspiré tout le monde. Difficile dans ce contexte pour un pur finisseur comme Diable de Vauvert de jouer sa partition. Il a eu du mal à enclencher à l’entrée de la ligne d’arrivée réussissant à prendre le meilleur vraiment à quelques mètres du but. Un point que nous a expliqué Gabriele Gelormini : « Ça ne s’est pas couru comme prévu. En connaissant ses talents de finisseur, j’aurais préféré que cela aille très vite au début. Nous étions placés à mi-paquet et je ne voulais pas faire trop d’effort non plus. Après ça a accéléré fort en montant. J’étais bien placé dans le wagon de trois. J’ai pu prendre le dos de Bahia Quesnot et, derrière moi, il n’y avait pas de vrai danger. Cela a été une course tactique et mon cheval a été extraordinaire. Sur le coup, je ne savais pas si j’avais gagné ! Je ne connais pas la suite de son programme mais je sais ce qu'il va courir fin janvier [le Prix d’Amérique]. » En signant son dernier kilomètre en 1’11’’2, Diable de Vauvert s’est montré très fort d’autant plus qu’il a toujours voyagé en épaisseur.

Les autres « gagnants »
Dauphin de Diable de Vauvert, Feliciano a réalisé ses 500 derniers en 1’10’’8. Seul Fakir du Lorault (Vaillant Cash) a fait mieux. Pour Philippe Allaire : « Je suis heureux même si on est battus de peu. Le cheval court de première. Il a eu le jour trop tard sinon on gagne. Je suis vraiment content car, pour la première fois, il été allégé dans sa ferrure. Il a été parfait. Il sera déferré des quatre pieds dans le Prix d’Amérique. » Courageuse en diable, Bahia Quesnot a emmené dans son sillage le futur lauréat, ouvrant en même temps le wagon de troisième épaisseur. Pour Junior Guelpa, elle a eu beaucoup de facteurs contre elle dans cette épreuve : « Ma jument fait un truc ! Elle est partie au galop et a été tout le parcours en trois sans oublier mille mètres le nez au vent. Et pourtant, elle est battue de peu. C’est rageant surtout qu’elle a du poids sous les pieds aujourd'hui. Elle est encore là ! » Diable de Vauvert, Feliciano, Bahia Quesnot, voilà les trois qui ont déjà leur ticket dans la Prix d'Amérique Legend Race ZEturf.
Des efforts non récompensés
En concluant quatrième, Fakir du Lorault ne reçoit pas sa wild card pour l’Amérique. C’est pourtant lui qui signe les 500 derniers mètres les plus rapides au Tracking de LeTROT en 1’10’’2. Son partenaire François Lecanu nous a commenté : « C’est dommage de rater la qualification de si peu. Il est presque trop bien parti aujourd’hui et, ensuite, on a joué de malchance. Mais il termine super bien. Il faudra prendre un ticket dans une autre épreuve pour participer au Prix d’Amérique. »

Beaucoup de déclarations et d’impressions positives
À plus de deux mois de la grande échéance, on en est à monter dans les tours et à gagner en condition pour la plupart des candidats. C’est peu dire que nombre d’entourages sont repartis avec des impressions positives. Cinquième et très bon finisseur, Carat Williams (Prodigious) suscite ainsi ce commentaire de son entraîneur Sébastien Guarato : « Le cheval répond présent et confirme sa forme du matin. » Pour son driver du jour, Yoann lebourgeois : « C’est une super découverte ! Il finit très bien. Il n’est pas cuit. Il ne faut rien faire avec lui en partant et, après, il peut être compétitif. » Contrainte de longtemps évoluer nez au vent, Féerie Wood a légèrement baissé de pied à la fin faisant dire à son driver Alexandre Abrivard : « Elle échoue de peu. Tout est une question de parcours. Le nôtre n’a pas été bon mais la jument court de première. Elle va maintenant dans le Prix Doynel de Saint-Quentin (Gr.2) »

La grande malheureuse
Dans le sillage de Feliciano dans le dernier tournant, Délia du Pommereux (Niky) manœuvrait pour se dégager du couloir de Diable de Vauvert dans la ligne d’arrivée quand elle a pris le galop. Pour Sylvain Roger, la victoire était tout simplement possible : « Elle était au petit trot quand elle a tapé la roue de Diable du Vauvert. Je pense que nous aurions gagné. »

Derrière, c'est aussi en avant toute
Et puis il y a encore d'autre matière pour nourrir les bonnes intentions des prochains rendez-vous. Parmi les candidats classés plus loin, citons encore Pierre Vercruysse à propos de Drôle de Jet (8e) : « Quand il est devant, on l’a bien dans la main. Dans un dos, il est plus froid. Je n’ai jamais trouvé l'ouverture dans la phase finale mais j’avais du gaz. » Ou encore Nicolas Bazire au sujet de Davidson du Pont (10e) : « Il approche de son meilleur niveau et devrait être compétitif dans peu de temps. » À chacun de faire ses courses en quelque sorte dans le panier du Prix de Bretagne pour y trouver ses propres enseignements.

D'où vient-il ?

Sa mère, Pop Star 1'13'' m. (First de Retz), a gagné le semi-classique monté Prix Henri Ballière, à Caen, puis s'est classée troisième du classique Prix du Président de la République. Ses gains s'élèvent à 275.680 €. Elle se recommande, pour l'heure, de deux vainqueurs, l'autre étant Furie de Vauvert 1'14'' (Rockfeller Center), gagnante de deux courses et de 44.630 €. L'avenir est incarné, pour elle, par Hendrix de Vauvert, un mâle de 3 ans, qualifié, inédit, par Texas Charm, Idée de Vauvert, une pouliche de 2 ans, par Booster Winner, Jacky de Vauvert, un yearling mâle, par Ouragan de Celland, et Krak de Vauvert, un fils de Memphis du Rib dont elle était suitée ce printemps. A l'horizon 2021, Franck Lemuet, son propriétaire, prévoit une union avec Bird Parker.

4e | PRIX AMERIQUE RACES ZETURF QUALIF 1
Att - 2700 m - Groupe 2 - 95 000 €
DIABLE DE VAUVERT 1'12"8
Prince d'Espace x Pop Star (First de Retz)
Driver : G. Gelormini - Entraîneur : B. Le Beller
Propriétaire : F. Lemuet - Eleveur : F. Lemuet
2e Feliciano 1'12"8
3e Bahia Quesnot 1'12"8
4e : Fakir du Lorault - 5e : Carat Williams - 6e : Tony Gio - 7e : Feerie Wood
Himo Josselyn 1'13''3 Cezio Josselyn (US) 1'12''2
Prince d'Espace 1'11''7 Cima Josselyn
Eden's Star Florestan (US)
DIABLE DE VAUVERT 1'11''4 Quibla 1'17''3
First de Retz 1'11''8 Podosis 1'16''1
Pop Star 1'13''3 Ballerine de Retz
Ida Bonheur Mon Tourbillon 1'14''1
Rosa Bonheur 1'18''2
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