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Actualité - 30.11.2020

Une semaine digitale du cheval pour réunir la filière

L'objectif clairement affiché est d'aller conquérir un public nouveau, donc j'espère que le projet sera soutenu par tous
Pierre-Yves Pose

Samedi débutera la première semaine digitale du cheval. Projet innovant voulu, organisé, pensé et propulsé par le Conseil National des Chevaux, il est une des conséquences de la crise sanitaire interdisant toute réunion de personnes en un lieu clos. C'est donc devant son écran d'ordinateur, de tablette ou de téléphone que les visiteurs accéderont aux différents stands en 3D et assisteront aux nombreux événements jalonnant ces huit jours de prise de parole... numérique. Au programme du sport, des courses, du spectacle, de l'élevage, des débats, diffusés sur des chaînes dédiées et dans l'enceinte même du salon. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.sdcheval.fr et, avant cela, découvrez l'interview que nous a donnée Pierre-Yves Pose, Président de la Fédération National des Conseils des Chevaux et pilote de ce projet aussi innovant qu'inédit.

24h au trot : Comment est née l'idée de cette semaine digitale du cheval ?
Pierre-Yves Pose : Cela remonte au mois de juin dernier lors d'une réunion des Présidents des Conseils des Chevaux dont le sujet était les plans de relance de la filière. Je me suis demandé : vers quoi peut-on aller, sachant qu'on ne peut pas s'appuyer sur quoi que ce soit de concret. On ne savait pas si les différents salons allaient pouvoir avoir lieu et si on pourrait ou non se réunir prochainement. Est alors venue l'idée d'un salon virtuel. Premièrement, cela nous permet bien d'organiser un événement en 2020 et celui-ci s'adapte à toutes les situations, notamment des conférences qui peuvent très bien se faire par visio ou filmées en présentiel.

Comment a été accueillie l'idée ? A-t-il fallu faire preuve d'une grande capacité de conviction ?
Oui et non. Globalement, tout le monde a réagi de la même façon : quelle idée surprenante ! Et très vite, les personnes consultées ont voulu suivre. En revanche, dès qu'il a fallu réellement construire le projet, ce fut plus difficile, les gens voulant bien s'y associer mais après une première édition réussie... Au départ, c'est plus qu'un concept que nous avons "vendu" : on parlait de semaine digitale sans avoir rien du tout à montrer à un éventuel annonceur ! Donc, il est vrai que c'était plutôt compliqué et il nous fallait l'amener loin dans l'imaginaire.

Ça a changé depuis...
C'est totalement différent ! Depuis que la plateforme est totalement développée et que chacun peut voir comment cela va fonctionner, c'est beaucoup plus accessible. Car, finalement quel est l'enjeu ? Savoir comment on peut raccorder tout cela au monde réel, comment mettre le digital au service de nos activités qui sont elles bien physiques et bien réelles.

Êtes-vous des geeks au Conseil des Chevaux pour avoir mis tout cela en place ?
Non pas vraiment. Mais on a la chance d'avoir des équipes jeunes et motivées qui connaissent parfaitement notamment les réseaux sociaux. Par ailleurs, on a travaillé récemment avec les différents Conseils des Chevaux sur la création de sites internet connectés les uns aux autres. Pendant le confinement, le premier, on a ainsi mis à disposition de tous les socio-professionnels de la filière des systèmes d'informations sur le recensement des aides régionales et nationales via une plate-forme dédiée. La création de celle-ci nous a permis de rencontrer des pros de l'informatique, sachant créer des sites et de l'image 3D.

Comment s'articule le salon ?
Il s'agit en fait de rassembler en un même lieu, un site internet, des événements qui vont avoir lieu un partout en France, lesquels seront diffusés par des chaînes dédiées. Il y aura notamment quatre jours de courses en direct qui vont alimenter les événements au fil de la semaine avec des reportages, mais aussi des tables rondes et des débats : on en calé 32 à ce jour ! Le digital ne fait qu'augmenter la diffusion de ce qu'on pourrait faire dans un salon réel, en physique. Enfin, il y a la partie commerciale avec une place de marché numérique qui réunit un catalogue géant commun de 10 000 produits proposés par les 170 annonceurs du salon. Chacun pourra ainsi rechercher, trouver et comparer avant d'acheter. Exactement comme il aurait pu le faire dans un salon du cheval physique à Paris, Lyon ou Bordeaux.
L'objectif est aussi d'impulser une dynamique positive. Subir ou créer ? On a fait notre choix. La crise que nous connaissons doit aussi être une opportunité. Le fait que notre filière soit la première à se saisir de ce genre d'outil digital pour organiser des forums, des salons, des expositions en 3D donne un coup de projecteur sur nous vis-à-vis d'un public plus vaste.

Justement quelles sont vos ambitions ?
On compte aujourd'hui 170 exposants et on s'était fixés entre 150 et 200 comme objectif. Donc de ce côté, c'est bon. On espère toucher 1 million de personnes. C'est extrêmement ambitieux mais on a travaillé avec plusieurs influenceurs qui doivent glaner beaucoup de gens entre eux.

Pourquoi les acteurs des courses doivent-ils participer à cette semaine digitale ?
Car c'est une rare occasion donner au milieu des courses d'aller chercher des prospects à l'extérieur. Je m'attends à avoir des gens qui n'ont jamais vu une seule journée de courses qui vont venir assister à l'une des quatre diffusées avec des commentaires différents de ceux que l'on peut connaître sur Equidia, chaîne destinée aux passionnés et connaisseurs. Notre rôle est de réunir les différentes branches de la filière et cette semaine est une très bonne occasion de créer des passerelles plutôt que chercher à se diviser. Il faut jouer de toutes nos différences pour parler au grand public.

Soit mais n'est-ce pas trop pour un événement qu'on souhaite a priori tous sans lendemain ?
Ce qu'il va le plus manquer, c'est la convivialité et l'apéro (rires). Plus sérieusement, ce n'est pas fait pour remplacer les visites des expositions mais pour les augmenter. À l'avenir, je crois tout à fait possible d'organiser un vrai salon du cheval avec un salon virtuel en parallèle. L'entrée sera d'ailleurs gratuite lors de cette semaine digitale du cheval. Une bonne occasion de capter une autre audience juste de passage et possiblement intéressée par un événement proposé à un instant T. Mais que les choses soient claires : je suis pour qu'on trouve le vaccin plutôt que s'assurer la réussite d'une seconde semaine digitale !

D'ailleurs, selon vous, comment la filière cheval a-t-elle réagi à la crise de la COVID-19 ?
Pas de façon très uniforme je trouve. Il y a eu une grande partie qui s'est retournée vers la recherche des aides gouvernementales et ceux qui ont cherché à faire preuve d'adaptabilité et de résistance. D'autant que cette crise n'est peut-être pas la dernière. C'est donc nécessaire de se poser les bonnes questions et de trouver des rebonds pour l'avenir, dont personne n'est aujourd'hui capable de dessiner les contours.

UN BUDGET GLOBAL DE 400 000€
1/4 pour le Fonds Éperon
1/4 pour le Conseil des Chevaux
1/2 pour les annonceurs/sponsors



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