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Actualité - 18.12.2020

Le brelan d’as : Ready Cash, Kerjacques, Carioca II

la réussite de Kerjacques [photo] dans le Critérium est pareillement édifiante, avec cinq vainqueurs en production directe – depuis 1966 – et une demi-douzaine d’autres par le truchement de ses descendants.

La valeur de sélection d’un classique se mesure à l’aune des reproducteurs qui en sont issus, mais aussi, réciproquement, à celle des étalons qui en fournissent les vainqueurs. À ce double égard, le Critérium des 3 Ans tient sa place ; mieux : il joue son rôle. Gros plan, dans cette perspective, sur ce dernier demi-siècle.

On ne sera pas surpris d’apprendre que, depuis cinquante ans, Ready Cash est l’étalon ayant procuré le plus grand nombre de gagnants du Critérium des 3 Ans. Il en a donné quatre, en l’espèce Bold Eagle (2014), Charly du Noyer (2015), Face Time Bourbon (2018) et Gunilla d’Atout (2019). Kerjacques, le géniteur phare des années 1970, le talonne cependant – mais Ready Cash a encore quelques belles saisons devant lui pour prendre ses distances –, se réclamant des victoires de Bill D (1970), Gamélia (1975) et Jorky (1978), tout en sachant que, si l’on étendait la statistique aux soixante dernières années, il compterait deux lauréats supplémentaires en Toscan (1966) et Une de Mai (1967). Ils sont quatre, ensuite, à avoir engendré deux vainqueurs, s’agissant de Sabi Pas, auteur de Fakir du Vivier (1974) et Larabello (1980), d’Ura, père d’Ivory Queen (1977) et Noble Atout (1982), de Florestan, d’où Passionnant (1984) et Quito de Talonay (1985), et de Ténor de Baune, à qui l’on doit Fleuron Perrine (1996) et Gavroche Perrine (1997).
Ces six étalons référencés sont soit des étalons de tête, tels Ready Cash et Kerjacques [N.D.L.R. : voir notre encadré en page 3], soit des étalons de premier plan, mieux que des seconds couteaux, ce qui est tout sauf le fait du hasard.

Depuis cinquante ans, Ready Cash est l’étalon ayant procuré le plus grand nombre de gagnants du Critérium des 3 Ans.

De même, il est significatif de dresser la liste, toujours au cours de ce dernier demi-siècle, des étalons ayant gagné le Critérium des 3 Ans, avant de produire un ou plusieurs vainqueurs de la course. Elle n’est pas longue et en est d’autant plus révélatrice, mentionnant, dans l’ordre chronologique, Fandango, lauréat en 1952 et père de Dame de Carreau, la gagnante de 1972, Fakir du Vivier (1974), auteur de Rainbow Runner (1986), Buvetier d’Aunou (1992), d’où Install (1999), Carpe Diem (1993), géniteur de Pearl Queen (2006), et, the last but not the least, l’incontournable Ready Cash (2008), se recommandant des quatre vainqueurs ci-dessus mentionnés (Bold Eagle, Charly du Noyer, Face Time Bourbon et Gunilla d’Atout).

Si les plus belles histoires d’amour sont les plus longues, celle de Carioca II avec le Critérium des 3 Ans en est une.

Outre Ready Cash, Carioca II file, lui aussi, le parfait amour avec le Critérium des 3 Ans, non qu’il l’ait lui-même gagné – il a remporté son pendant monté, le Prix de Vincennes, en 1949 –, mais parce que ses descendants, en lignée mâle, s’y distinguent dans la durée. Ainsi, depuis 1970, notre date charnière, Carioca II est-il pointé comme père de Sabi Pas et Ura, dont on a souligné, ci-dessus, la double distinction dans le Critérium, une épopée poursuivie par Fakir du Vivier, fils du premier et père, on l’a vu, de Rainbow Runner, mais encore grand-père de Coktail Jet, auquel on est redevable de Jain de Béval (Critérium des 3 Ans 2000) et dont les fils et petit-fils, Kiwi et Quaker Jet, ont donné, respectivement, Quaro (Critérium des 3 Ans 2007) et Aladin d’Ecajeul (Critérium des 3 Ans 2013).

Les cinq fantastiques !
Historiquement, ils sont cinq étalons, vainqueurs du Critérium des 3 Ans, à avoir été, au moins une fois, tête de liste des pères de gagnants, certains d’entre eux s’affirmant même comme des chefs de race. Le premier est Hernani III, au palmarès de l’édition 1932 du Critérium, puis numéro un des pères de vainqueurs en 1949. Hernani III est, en outre, par l’entremise de son fils, Quinio, tête de liste en 1961, le grand-père du chef de race Kerjacques, onze fois leader des étalons, de 1970 à 1980, auquel succédera son principal continuateur, Chambon P, de 1981 à 1990. Après quoi, il y a Fandango, bien sûr, lauréat du Critérium en 1952, puis trois fois numéro un des étalons, de 1967 à 1969, mais sans réelle continuité en lignée mâle. Fakir du Vivier vient ensuite : à l’honneur dans le Critérium en 1974, il est tête de liste des pères de gagnants vingt ans plus tard, en 1994, à titre posthume. Au cours des deux décennies suivantes, son petit-fils, Coktail Jet, parachèvera l’œuvre, faisant « tilt » à six reprises, de 2002 à 2004, en 2007, puis en 2010 et en 2011. Buvetier d’Aunou met, lui, beaucoup moins longtemps que « Fakir » à réussir la passe de deux, gagnant la course en 1992 et obtenant le titre de meilleur reproducteur en 2000. Ready Cash, enfin, détient la palme – qui s’en étonnera ! –, remportant le Critérium en 2008 et s’installant sur la plus haute marche du podium de nos étalons en 2016, pour ne plus la quitter depuis lors.


Sabi Pas, pour revenir à lui, est, de surcroît, l’aïeul de Tadzio de la Motte, qui s’est illustré dans la course avec Lazio du Bourg, en 2002. Ajoutons qu’en 1969, juste avant le début de notre statistique, Mario, fils de Carioca II, procurait le lauréat du Critérium en Aigle Noir. Si les plus belles histoires d’amour sont les plus longues, celle de Carioca II avec le Critérium des 3 Ans en est une.

Kerjacques : une réussite pareillement édifiante
En parallèle, la réussite de Kerjacques dans la course qui nous occupe est pareillement édifiante, avec cinq vainqueurs en production directe – depuis 1966 – et une demi-douzaine d’autres par le truchement de ses descendants, à savoir Kapulco (Ruy Blas IV), en 1979, Moktar (Chambon P), en 1981, Atout du Closet (Mon Ouiton), en 1991, Fleuron Perrine (Ténor de Baune), en 1996, Gavroche Perrine (Ténor de Baune), en 1997, et Memphis du Rib (Elvis de Rossignol), en 2003.

Star’s Pride-Speedy Crown : dix à huit !
Dans les rangs des américains, enfin, la lignée mâle de Star’s Pride, « boostée » par l’effet Viking’s Way-Ready Cash, prend le dessus, en une belle passe d’armes, sur sa rivale de toujours, celle de Speedy Crown, par dix victoires (Passionnant, Quito de Talonay, Destin de Busset, Nikita du Rib, Ready Cash, Timoko, Bold Eagle, Charly du Noyer, Face Time Bourbon et Gunilla d’Atout) à huit (Buvetier d’Aunou, Carpe Diem, Himo Josselyn, Install, Pearl Queen, Mon Premier Céhère, Unique Quick et Vanika du Ruel).

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